En publiant ce mardi les futurs programmes de SES en seconde et première sans aucunement tenir compte de leur rejet unanime par la communauté éducative (50 voix contre et aucune pour lors de leur examen par le Conseil supérieur de l’éducation en décembre), le Ministère de Jean-Michel Blanquer a malheureusement démontré son incapacité à rédiger des programmes scolaires pédagogiquement acceptables.

Parce que les mêmes causes (problème de composition des groupes d’élaboration des programmes, calendrier de travail intenable, absence complète d’écoute des enseignant.e.s pendant la phase de consultation) risquent de produire les mêmes effets, l’APSES a décidé de publier son propre projet pour la terminale, avant même que ne débutent les travaux du Ministère.

Sans prétendre constituer un programme idéal, cette proposition s’appuie sur l’expertise pédagogique d’enseignant.e.s qui sont tous les jours au contact des élèves. Elle tente de mettre en œuvre les grands principes qui ont fait le succès des SES depuis leur création : approche thématique refusant le cloisonnement disciplinaire, problématisation permettant un véritable pluralisme dans l’appréhension des grands enjeux économiques, sociaux et politiques contemporains, insistance sur les méthodes des sciences sociales sans technicisation excessive pour former à la réflexivité et à l’esprit critique, description et interprétation du monde social et de ses institutions pour développer la culture générale.

La proposition de l’APSES s’inscrit dans un temps d’enseignement d’une année scolaire pleine, avec un volume horaire hebdomadaire de 6 heures par élève, incluant a minima une heure en demi-groupe sans laquelle tout le travail méthodologique et le travail de remédiation nécessaires à la réussite des élèves ne sauraient être entrepris. L’APSES continue donc de dénoncer la réforme du lycée dans laquelle l’année scolaire serait considérablement amputée par une passation des épreuves de spécialité au retour des vacances de Pâques, tandis que les diverses disciplines seraient mises en concurrence pour l’obtention d’hypothétiques « groupes à effectifs réduits » dans un contexte de très faible marge horaire laissée aux établissements.

L’APSES soumet aujourd’hui sa proposition de programme à la critique de l’ensemble de la communauté éducative afin que celle-ci puisse y apporter des améliorations. D’ores et déjà, elle l’adresse au Ministère de l’Education nationale, au Conseil supérieur des programmes ainsi qu’aux membres du groupe d’élaboration du programme de SES de terminale, pour leur donner à voir que d’autres programmes sont possibles.

Annexe : les grandes lignes du projet de programme de SES de l’APSES

(intégralité du programme consultable ici )

Problématique du programme : Les grandes transformations économiques et sociales

Thème 1 : Travail, emploi et chômage

Les transformations du travail fragilisent-elles son rôle intégrateur ?

Faut-il réduire le coût du travail pour lutter contre le chômage ?

Le progrès technique menace-t-il l’emploi ?

Thème 2 : Croissance, environnement et crises

Pourquoi certains pays se développent-ils plus rapidement que d’autres ?

La croissance est-elle compatible avec la préservation de l’environnement ?

La finance : source de croissance ou de crise économique ?

Thème 3 : Inégalités, justice sociale et démocratie

Inégalités et justice sociale sont-elles conciliables ?

Dans quelle mesure l’école favorise-t-elle la mobilité sociale ?

La démocratie représentative est-elle en crise ?

Thème 4 : Mondialisation et régulation internationale

Faut-il favoriser le libre-échange et l’internationalisation des entreprises ?

Quelles politiques migratoires en Europe ?

Dans quelle mesure la monnaie unique profite-t-elle aux Etats membres de la zone euro ?

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