Les résultats du vote du Conseil supérieur de l’éducation (du 18/12/2018) sur les projets de programmes de Sciences économiques et sociales au lycée sont sans appel : avec 50 voix contre le projet de programme de seconde (aucune pour), et 48 voix contre celui de première (aucune pour), le rejet de la communauté éducative est unanime.

Déjà critiqués par près de 600 chercheurs en sciences sociales (parmi lesquels Thomas Piketty, Florence Jany-Catrice, Stéphane Beaud, Eve Chiappello, Yves Deloye ou encore Pierre-Cyrille Hautcoeur, auteur en 2014 d’un rapport ministériel sur l’avenir de l’enseignement de l’économie à l’Université), ces projets de programmes n’ont donc aujourd’hui ni légitimité scientifique, ni légitimité démocratique.

Sauf à considérer qu’il a proposé des projets de programmes « trop subtils » ou « trop intelligents », le Ministère doit urgemment prendre acte de ce nouveau désaveu envoyé par les représentants des personnels et des usagers. Il serait irresponsable de publier ces programmes sans les avoir profondément revus pour enfin intégrer les critiques qui n’auront eu de cesse de s’exprimer pendant la phase de consultation des enseignant.e.s.

Les élèves doivent pouvoir bénéficier d’un enseignement de SES problématisé, pluridisciplinaire et pluraliste, qui ne sacrifie pas la macro-économie à la micro-économie, avec des programmes attractifs qui ne délaissent pas les grands enjeux économiques, sociaux et politiques contemporains tels que le chômage, le pouvoir d’achat,  ou les inégalités.

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