A Monsieur le Ministre de l’Éducation nationale,
A Monsieur le Directeur général de l’enseignement scolaire,
Copie au Conseil supérieur des programmes

Le 04 juin 2020

Objet : allègement des nouveaux programmes de Sciences économiques et sociales

Monsieur le Ministre, Monsieur le Directeur général,

Dans le cadre du suivi de la réforme du lycée, l’APSES demande que les programmes de sciences économiques et sociales (SES) puissent être aménagés à la rentrée scolaire 2020.

Les programmes de Seconde et Première, en vigueur depuis la rentrée 2019, apparaissent comme trop denses pour être traités dans le temps d’enseignement imparti, selon une enquête menée auprès des enseignant.e.s de SES. En effet, à la date de fermeture des établissements, à la mi-mars (environ aux deux tiers de l’année), la plupart des classes n’avaient pu aborder que la moitié du programme.

En Seconde, l’écart est trop important entre ce qui est prescrit par les programmes et ce qu’il est possible de faire face à des élèves qui découvrent de nouveaux champs disciplinaires, en classe entière pour une heure et demie par semaine.

En Première, dans un contexte de réduction du volume horaire en SES, les contenus se révèlent si volumineux et excessivement techniques qu’ils ne laissent pas le temps à une appropriation suffisante des connaissances et de leurs enjeux par les élèves, ainsi qu’au nécessaire temps de préparation méthodologique.

Concernant le programme de Terminale, qui doit à son tour s’appliquer l’année prochaine, les mêmes causes risquent de produire les mêmes effets : le temps effectif d’enseignement paraît nettement insuffisant en vue de l’acquisition des savoirs et savoir-faire, ou de la préparation des épreuves finales du baccalauréat, notamment de la dissertation et de l’oral.

Si les programmes devaient rester en l’état, les enseignant.e.s feraient face à un douloureux dilemme, entre un suivi des consignes ou la mise en œuvre de pratiques pédagogiques diversifiées favorisant la réussite de tous les élèves. De plus, la fermeture des établissements a eu des effets négatifs sur les apprentissages des élèves et a de fait accentué le retard dans l’avancement du programme, comme nous l’avons souligné avec d’autres associations disciplinaires dans un communiqué commun. Ainsi, une formation réelle des élèves ne pourra être entreprise qu’à condition que soient adoptés des allègements substantiels en SES.

Afin d’atteindre ces objectifs, les enseignant.e.s et l’APSES sont prêts à apporter leur expertise, pour que tous les élèves puissent véritablement réussir et se préparer aux études supérieures.

C’est pourquoi nous sollicitons une audience sur cette question essentielle, afin de pouvoir échanger avec vous sur les évolutions indispensables des nouveaux programmes de SES, et de vous faire part de propositions concrètes d’allègements.

Nous vous prions de croire, Monsieur le Ministre, Monsieur le Directeur général, en notre profond attachement au service public d’éducation.

Benoît Guyon et Solène Pichardie, co-présidents de l’APSES

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