Dans l’intérêt des élèves : alléger les programmes de SES dès la rentrée prochaine !

Paris, le 2 juin 2020 :

                L’APSES a initié une enquête sur le traitement en classe, jusqu’au 16 mars 2020 (donc avant la fermeture des lycées), des nouveaux programmes de Sciences Économiques et Sociales (SES) de Seconde et Première. Cette enquête a été réalisée en ligne du 23 avril au 12 mai 2020. Au total, 753 collègues de SES (adhérent.e.s ou non à l’association) y ont répondu.

Des programmes infaisables, à mener au pas de course !

                Cette enquête[1] confirme de manière particulièrement éclatante la lourdeur des programmes de SES, critique formulée par l’APSES dès leur publication.

Les résultats sont sans appel : en Seconde, et en Première, seuls un peu plus de la moitié des chapitres et des objectifs d’apprentissages ont pu être abordés par les collègues dans leurs classes, alors qu’au 16 mars, soit après 22 semaines de cours dans les établissements, les 2/3 de l’année étaient écoulés.

Des allègements urgents et indispensables pour les élèves

D’une part, du fait de l’arrêt des cours lié au confinement, de nombreuses parties du programme n’ont pas pu être traitées, mais c’est aussi  tout le travail sur la méthodologie des épreuves de baccalauréat, des savoir-faire statistiques et des compétences transversales qui n’a pas pu être entièrement mené. Ces éléments constitueront autant de lacunes pour les élèves de Première et Terminale l’année prochaine. Il apparaît donc préjudiciable de maintenir en l’état les programmes pour l’année 2020-2021, étant donné qu’il faudra consacrer du temps à travailler sur les points non acquis cette année, ainsi que sur les savoir-faire d’argumentation, de rédaction et d’analyse statistique. Les associations de professeurs spécialistes se sont d’ailleurs prononcées sur ce point dans un communiqué commun appelant à des aménagements de programmes.

D’autre part, et surtout, ces résultats montrent clairement qu’indépendamment des conséquences du confinement, il aurait été impossible à l’immense majorité des enseignant.e.s de SES de traiter à temps les programmes tout en respectant les rythmes d’apprentissage des élèves, en variant les méthodes pédagogiques, en favorisant une réelle appropriation des savoirs… à moins de ne considérer les lycéen.n.es que comme des réceptacles passifs et « apprenants » qu’il suffit de remplir de connaissances ! Une pétition lancée par l’APSES en janvier 2020 pour dénoncer l’excessive lourdeur des programmes et demander des aménagements avait d’ailleurs déjà recueilli les signatures de plus de 1500 enseignant.e.s de SES et était soutenue par trois organisations syndicales (SNES-FSU, SNALC et SGEN-CFDT).

Pour un lycée qui permette la réussite de tous les élèves

Le lycée doit permettre à tous les élèves, en particulier les plus éloignés de la culture scolaire, de véritablement réussir, de se préparer aux études supérieures et de former leur esprit critique, grâce aux savoirs et méthodes en sciences sociales. Il est donc impératif de procéder à un allègement significatif et définitif des programmes de SES pour tenir compte de la réalité du rythme d’enseignement dans les classes, et des difficultés pédagogiques indéniables que pose leur mise en œuvre et qui sont mises en lumière dans l’enquête.

Sur la base des résultats de cette enquête, et de l’expertise pédagogique de ses adhérent.e.s, l’APSES a travaillé à des allègements et aménagements des programmes de SES, et demande à être reçue rapidement afin de  présenter ses propositions. Dans l’intérêt des élèves, il est temps que le Ministère entende les retours de terrain et qu’il fasse confiance aux enseignant.e.s !

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