L’APSES rejoint la grève du bac et appelle à un rassemblement commun avec l’intersyndicale à Paris le 17 juin rue du Bac à 14h.

Perturber les examens est loin d’aller de soi pour des personnels engagés dans la réussite des élèves qui leur sont confié.e.s. mais le Ministre Blanquer ignore les nombreuses mobilisations qui ont lieu depuis plus d’un an dans les écoles, collèges et lycées, dans un déni absolu du dialogue social, et s’emploie à imposer, à marche forcée, une « réforme » du lycée et du baccalauréat très majoritairement rejetée. Dans ce contexte, l’APSES appelle à la grève du 17 juin et invite l’ensemble des professeur.e.s de sciences économiques et sociales (SES) à un rassemblement commun avec l’intersyndicale Rue du Bac (7e arrondissement) à 14h ce même jour.

Une réforme néfaste

La « réforme » du lycée imposée par Jean-Michel Blanquer dégrade les conditions d’apprentissage des élèves et fragilise l’enseignement des SES :

  • Les horaires disciplinaires sont réduits et les effectifs alourdis, ce qui entraîne une dégradation des conditions d’apprentissage des élèves. En SES, l’horaire de la classe de Seconde reste ridicule (seulement 1h30 par semaine !) ; en Première, il diminue d’une heure et ne représente plus que 4 heures, sans aucune garantie de bénéficier d’heures à effectifs réduits. Dans presque toutes les académies, on assiste en conséquence à une baisse du nombre de postes en SES.
  • La suppression des séries réduit la cohérence intellectuelle entre les différentes disciplines. L’APSES rappelle son attachement à la série ES, qui permet d’offrir une articulation cohérente entre les différentes disciplines. Avec la réforme, il ne sera plus possible de compter sur la complémentarité des SES avec les autres disciplines, notamment avec les mathématiques qui disparaîtront purement et simplement de la formation de certains élèves dès la Première.
  • L’instauration d’un « lycée à la carte » est une source d’accroissement des inégalités sociales et territoriales. Les élèves issus des familles les mieux informées et ceux dont les établissements offrent le plus large éventail de choix sont incontestablement favorisés. La liberté de choix annoncée se heurte à la réalité puisque les lycées ne peuvent pas matériellement proposer toutes les spécialités et toutes les combinaisons possibles, ni même garantir à chaque élève la satisfaction de ses trois vœux ; les possibilités de poursuivre les spécialités de son choix sont donc très inégalement réparties…
  • La mise en place de spécialités aux contours disciplinaires flous crée une concurrence entre enseignants dans les établissements. L’histoire-géographie- géopolitique-science politique, notamment, est censée pouvoir être enseignée par des enseignants de SES et d’histoire-géographie mais en l’absence de cadrage national sur les horaires et les programmes, son enseignement sera attribué en fonction d’arbitrage locaux, probablement davantage pour ajuster les services des enseignants que pour des raisons pédagogiques.
  • La mise en place d’une part de contrôle local au baccalauréat (à hauteur de 40% du résultat total) signifie la fin du caractère national du diplôme. L’instauration de partiels semestriels organisés et corrigés localement, avec des sujets différents selon les lycées, aura pour conséquence de dévaluer les diplômes obtenus dans les établissements les moins côtés. Cela va en outre placer élèves et enseignants dans un régime d’évaluation permanente, nuisible tant à l’épanouissement intellectuel des élèves qu’à la qualité de la relation pédagogique avec leurs enseignant.e.s.
  • Les nouveaux programmes de SES marquent un nouveau recul du pluralisme. Ces nouveaux programmes, bien trop techniques pour les élèves, imposent de transmettre une seule grille de lecture des enjeux économiques et sociaux.
  • Les épreuves de SES prévues dans le cadre de la réforme conduisent à une dénaturation de la discipline. L’APSES dénonce en particulier l’introduction dans l’épreuve de fin de première d’exercices de calculs et de résolutions graphiques n’ayant d’autre fin qu’eux-mêmes. L’APSES regrette aussi que les épreuves proposées n’incitent souvent qu’à des démonstrations unilatérales quand ils devraient explicitement inviter à la délibération et à la formation du jugement contradictoire.

 Un déni de dialogue social

Devant l’avalanche de critiques de la part de la communauté éducative, le Ministère de l’Éducation nationale s’est contenté de faire la sourde oreille :

  • en passant outre le rejet très majoritaire par le Conseil supérieur de l’Éducation des arrêtés sur la réforme du lycée et du baccalauréat ;
  • en ignorant le vote négatif de très nombreux programmes par ce même conseil supérieur de l’éducation. S’agissant des SES, fait inédit, les programmes de la classe de seconde et de première ont été rejetés à l’unanimité, ce qui n’a pas empêché leur publication à l’identique à l’issue d’une consultation factice.
  • en  « oubliant » d’associer les associations professionnelles à l’élaboration des futures épreuves de baccalauréat.

Attachée au pluralisme des savoirs, à la formation du futur citoyen, à la démocratisation scolaire et à la visée émancipatrice de l’école, l’APSES s’inscrit donc dans l’opposition de la majorité de la communauté éducative aux projets délétères du ministre Blanquer, qui porte, aujourd’hui, la lourde responsabilité d’une mobilisation pendant le baccalauréat.

L’APSES appelle les enseignants de SES à participer à la grève lors du premier jour des épreuves du baccalauréat, le 17 juin, et à se rassembler avec l’intersyndicale rue du Bac à 14h.

 

 

 

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