Audience au CSP sur le bilan de la mise en œuvre des nouveaux programmes de SES

(30 juin 2020)

Compte-rendu de l’APSES

Présent·e·s :

Pour le Conseil Supérieur des Programmes :

Souad Ayada, présidente du CSP

Sami Mustapha, membre du CSP (mathématicien)

Magali Rosa, chargée de mission CSP

Pour les organisations syndicales :

Sébastien Vieille (SNALC)

Clarisse Guiraud (SNES)

David Boisseau (SUD)

Pour l’APSES :  

Solène Pichardie

Pour le CDP-SES :

Margaux Osenda

 

NB : ce compte-rendu rapporte l’essentiel des échanges mais ne prétend pas à l’exhaustivité.

 

Ouverture par la Présidente du CSP

 

Objectif de cette audience : savoir ce qui se passe dans les classes.

Il n’y a pas de saisine du Ministre sur les programmes, ces audiences sont de l’initiative unique du CSP. Cela n’interfère pas avec les travaux du Comité de suivi.

Le CSP rédigera une note adressée au Ministre : points de vigilance qui pourront ensuite être transmis à l’IG et direction générale. Un compte-rendu sera réalisé pour les membres du Conseil ainsi que les contributions écrites des associations et syndicats qui seront également transmises aux membres du CSP.

 

Positions des organisations et points de discussions

  1. Classes de Seconde et Première

Demandes du CDP-SES

Les programmes de Seconde et de Première sont entrés en vigueur en même temps, cela entraîne un alourdissement programme de Première. L’entrée par les disciplines dans le programme convient tout à fait.

Propositions pour le programme de Seconde :

  • Rajouts de notions importantes pour la classe de seconde qui seront ensuite utiles en première : Revenus et PCS
  • Allègements pour ne pas alourdir les programmes :
  • Suppression des notions suivantes : chiffre d’affaires et bénéfice
  • Suppression des items : sur les limites écologiques de la croissance ; sur les effets de la mise en place d’une taxe ou subvention ; sur la valeur nominale/valeur réelle TV cumulé (dans les savoir-faire).

 

En réponse, la présidente du CSP rappelle que les élèves de Seconde ne choisissent pas tous la spécialité SES et que le programme de la classe de Seconde ne doit pas uniquement servir à poursuivre les SES en Première. Il faut donc penser les deux niveaux de façon plus indépendante.

 

Propositions pour le programme de Première :

Le CDP-SES soutient la structure des programmes en classe de Première (approche par les disciplines).

Le CDP-SES demande à faire apparaître des concepts qui n’apparaissent pas pour rendre les programmes plus explicites (pour mieux cadrer les notions attendues) :

  • Sur les difficultés de mesure de la délinquance, préciser : « chiffre noir », « enquêtes de victimisation »
  • Introduire le concept de « coordination » dans le chapitre sur les défaillances de marché.
  • Introduire le concept de « politique monétaire »
  • Introduire la notion de « variables lourdes » en sciences politique
  • Introduire la notion de « préteur en dernier ressort ».
  • Préciser la notion de « configurations familiales » : « au sens de Lahire »
  • Les politiques conjoncturelles sont les grandes absentes du programme de Première ; il est difficile d’ajouter sans alourdir mais cela pose un gros problème car il s’agit d’un attendu en Terminale.
  • Clarifier l’objectif d’apprentissage (OA) : « Savoir déduire la courbe d’offre de la maximisation du profit… » car il est peu explicite.

 

La présidente du CSP demande si ces précisions sont bien nécessaires sachant que des ressources complémentaires sont produites pour aider les enseignants.

 

Demandes d’allègements :

  • L’exemple de la taxe forfaitaire
  • La représentation graphique de l’équilibre du monopole

 

Demandes de l’APSES 

 

L’APSES présente la synthèse de l’enquête sur la mise en œuvre des nouveaux programmes de Seconde et de Première qui vient d’être publiée. A l’issue d’une enquête par questionnaire concernant la période de septembre 2019 à mars 2020 (plus de 700 réponses), il apparaît que les collègues n’ont traité que la moitié des programmes sur les deux-tiers de l’année sur les deux niveaux. On peut donc en déduire que les collègues auraient eu des difficultés à les terminer à la fin de l’année.

De plus, l’enquête fait apparaître une mise en œuvre des programmes très difficile pour plusieurs raisons :

  • Un faible volume horaire en classe de Seconde (1.5h) et une dégradation des conditions d’enseignement avec la réforme : seulement 4h en Première, moins de dédoublements, perte de l’AP, etc.
  • Des objectifs d’apprentissage trop techniques et/ou avec une formalisation mathématique qui met les élèves en difficultés (rappel : une partie non négligeable des élèves ne suit pas la spécialité mathématiques).
  • Certains objectifs d’apprentissage sont trop déconnectés des grands enjeux économiques, sociaux et politiques et nécessitent un niveau d’abstraction qui empêche les élèves de donner du sens aux apprentissages. Les rythmes d’apprentissage doivent être respectés et les programmes du lycée ne peuvent être les mêmes qu’à l’université.
  • La lourdeur des programmes conduit au saupoudrage et à une baisse des exigences dans la présentation des notions. Un bon programme est un programme avec des objectifs réalistes et adaptés à chaque niveau d’enseignement qui permettent d’exiger des élèves un bon niveau de compréhension.

 

L’APSES rappelle ses mandats : demande de réécriture complète des programmes et demande d’une approche par objets. L’approche par objets a été choisie pour d’autres programmes comme ceux d’HGGSP par exemple, c’est une approche qui permet de donner plus de sens aux contenus enseignés, elle doit aussi être choisie en SES.

 

Demandes d’allègements en Seconde :

Dans l’attente d’une réécriture, les programmes actuels doivent être aménagés dans l’immédiat car l’enquête menée par l’APSES montre que les enseignants et les élèves font face à de nombreuses difficultés. L’APSES a transmis un document au CSP avec toutes les demandes d’allègements.

Pour le détail des propositions → https ://www.apses.org/bilan-de-la-mise-en-oeuvre-des-programmes-de-ses-les-propositions-de-lapses-en-seconde-et-en-premiere/

L’APSES insiste en particulier sur la demande de suppression du chapitre introductif de Seconde qui pose d’importants problèmes de transposition didactique aux collègues. Les éléments qui le composent doivent être enseignés au fur et à mesure de l’année. Il n’est pas pertinent de commencer l’année par un tel chapitre avec des élèves qui découvrent les SES.

Certains allègements rejoignent ceux du CDP-SES (sur l’objectifs d’apprentissage sur les effets de la mise en place d’une taxe par exemple) mais ne s’y réduisent pas.

 

Demandes d’allègements en Première :

L’APSES a transmis au CSP un document avec des propositions d’allègements. Ces propositions suivent la logique suivante :

  • Suppression des parties trop techniques et/ou avec une formalisation mathématique qui empêchent de donner du sens aux apprentissages pour les élèves.
  • Suppression des objectifs d’apprentissage qui posent des difficultés car ils sont peu précis (exemple des « configurations familiales »)
  • Suppression de certaines parties du programmes peu difficiles mais non essentielles afin de laisser du temps pour traiter les programmes et pour travailler les méthodes, notamment celles de l’argumentation et de la dissertation. L’APSES rappelle son attachement à cette épreuve et les difficultés que rencontrent les collègues pour y préparer les élèves dans un contexte de dégradation des conditions d’enseignement et de changement du calendrier du baccalauréat (épreuves en mars).

Les propositions d’allègements en première  sont librement consultables  →  https ://www.apses.org/bilan-de-la-mise-en-oeuvre-des-programmes-de-ses-les-propositions-de-lapses-en-seconde-et-en-premiere/

Certaines propositions rejoignent celles du CDP-SES (suppression de la représentation graphique de l’équilibre du monopole par exemple) mais davantage d’allègements sont demandés par l’APSES.

 

Demandes du SNES

Le SNES a mené une enquête auprès des collègues qui confirme les difficultés rencontrées.

Le SNES demande un allègement des programmes en Seconde et Première : des propositions seront transmises.

Le SNES regrette la disparition du chapitre sur la consommation en classe de Seconde et soutient la demande de suppression du chapitre introductif.

Le SNES rappelle également les difficultés posées par la trop grande formalisation mathématique en Première et insiste sur la nécessité de disposer de temps pour enseigner les programmes et les méthodes du baccalauréat (dissertation notamment).

 

Demandes du SNALC

Une enquête a été réalisée à la sortie du confinement : les collègues n’ont pas réussi à finir les programmes.

Le SNALC a présenté des demandes d’allègements et regrette également la disparition du chapitre sur la consommation en Seconde.

Le SNALC demande la suppression du 1er chapitre en Seconde et la réintroduction de ses objectifs au fur et à mesure des chapitres traités tout au long de l’année.

 

Demandes de SUD-éducation

SUD insiste sur le fait que le chapitre introductif de la classe de Seconde n’est pas en adéquation avec les attentes qu’on peut avoir d’un élève de début de Seconde au niveau de sa capacité d’abstraction et insiste sur le fait qu’il soit traité dans les différents chapitres du programme et non comme un chapitre à part entière.

SUD s’inquiète de la préparation à l’argumentation/dissertation car l’exercice d’argumentation demandé en fin de Première est loin des exigences de la dissertation en classe de Terminale. Il faudra donc préparer les élèves de Terminale à la dissertation et au grand oral sans heures dédiées.

Le CSP dans une prise de parole précédente a dit qu’il fallait voir les programmes de chaque année comme indépendants car les élèves sont en droit d’arrêter la matière, SUD questionne alors la focalisation sur le marché fait en classe de Première en économie.

 

  1. En classe de Terminale

Demandes du CDP-SES : il n’y a pas de remarques de fond sur le programme de Terminale, la structure en séparation disciplinaire convient tout à fait.

Le CDP-SES regrette la mise en place de programmes tournants et aurait préféré une épreuve en fin de Terminale.

Le CDP-SES demande un allègement exceptionnel des programmes en Terminale l’année prochaine avec 7 chapitres évaluables lors de l’épreuve finale en mars et 10 chapitres à faire en tout sur l’année.

 

L’APSES rappelle que le programme de Terminale est lui aussi trop lourd. Une enquête devra également être menée lors de sa mise œuvre. La situation exceptionnelle cette année ainsi que les contraintes de calendrier pour le baccalauréat (épreuves en mars) plaident pour des allègements. L’APSES propose qu’1/3 du programme ne soit pas attendu pour l’examen final.

 

Le SNES, le SNALC et SUD demandent tous des allègements avec un balisage clair et précis transmis très rapidement aux collègues en estimant qu’un cadre national est indispensable pour ne pas créer d’inégalités de traitement.

 

La Présidente du CSP souligne le fait qu’il est plus pertinent d’agir sur les sujets d’examen plutôt que de réaliser des aménagements de programmes. Supprimer des questions est un choix trop difficile.

CR audience CSP 30 juin 2020

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