Alors que la semaine de l’éducation financière s’achève, l’Apses remet en question les conditions d’organisation et les modalités de son déploiement, dans un communiqué paru le 20 mars 2026. Supports pédagogiques et évènements « financés par des banques et des entreprises privées directement impliquées dans le secteur financier », partenariats qui « posent la question de l’indépendance réelle et de la neutralité » de cette éducation, « opérations commerciales »… L’association demande l’abrogation de ce dispositif « superficiel en l’état et aux objectifs contestables ».
L’édition 2026 de la semaine de l’éducation financière se tient du 16 au 22 mars sur le thème « L’argent, osons en parler ! » Académie de Toulouse
« Faut-il laisser les loups (de Wall Street) gérer la bergerie ? », interpelle l’Apses dans un communiqué paru le 20 mars 2026, alors que la semaine de l’éducation financière (du 16 au 22 mars) s’achève.
Sur son site Eduscol, le MEN souligne que l’éducation économique, budgétaire et financière des élèves porte un « enjeu fort : la lutte contre le surendettement ». Développée par l’Éducation nationale, en partenariat avec la Banque de France, ses objectifs « s’inscrivent dans la mission de service public d’éducation et d’orientation des jeunes » (lire sur AEF info).
Des partenariats qui « posent la question de l’indépendance et de la neutralité »
Or, selon l’Apses, les conditions dans lesquelles cette éducation est organisée, ainsi que ses modalités de déploiement, sont à revoir. Du côté des supports pédagogiques et évènements d’abord, « financés par des banques et des entreprises privées directement impliquées dans le secteur financier ». Mais aussi concernant « les partenariats avec l’Institut pour l’éducation financière du public, Melchior (institut de l’entreprise), ou encore la Fédération bancaire française », qui « posent la question de l’indépendance réelle et de la neutralité de cette ‘éducation financière' ».
Si la Société Générale, la BNP Paribas ou encore France FinTech « sont libres d’organiser des ‘sensibilisations’, notamment à l’occasion de cette ‘semaine' », l’association ne « peut pas accepter leur promotion par l’Éducation nationale à travers ‘Educfi’ contrevenant à tout principe de neutralité ».
« Nulle trace de sujets sensibles »
Déplorant des dispositifs « relevant avant tout d’opérations commerciales (présence de logos, promotion de logiciels de gestion de comptes…) », elle regrette, en parallèle, de ne trouver « nulle trace de sujets sensibles, comme les frais bancaires élevés ou l’exclusion bancaire, les conflits d’intérêts entre banques de détail et banques d’affaires, la spéculation ou encore le rôle des banques dans les crises ».
« Les questions financières et budgétaires, séparées des analyses économiques, ne peuvent pas faire l’objet d’un simple dispositif ‘d’éducation à’, mais relèvent d’une véritable discipline d’enseignement, par des enseignants qui disposent des qualifications disciplinaires nécessaires et dans des conditions permettant un enseignement de qualité », conclut l’association.
Constatant que la mise en œuvre du Passeport EducFi, déployé depuis 2022, « ne répond à aucune de ces exigences », elle demande l’abrogation de ce « dispositif superficiel en l’état et aux objectifs contestables ».
Pour la Banque de France, cette éducation est au contraire « pertinente ». Alors que selon une évaluation de la culture financière menée par l’OCDE dans le cadre de Pisa 2022, près d’un élève sur cinq en moyenne n’atteint pas le niveau de compétences de base en culture financière, la Banque de France met en avant une enquête CSA (1) de janvier 2026 : les Français « y affichent une note de 12,82/20 en culture financière », un résultat qui « marque une progression par rapport aux 12,45/20 de décembre 2023, et confirme la pertinence d’une stratégie d’éducation financière nationale structurée ».
