Faire vivre autrement l’enseignement des SES

par Michael Barbut, Margot Cavret, Alicia Rinaldy et Stéphanie Santos

Entre 2023 et 2026, les élèves des lycées Maurice Utrillo à Stains (93), Gustave Flaubert de Rouen (76), et de la Venise Verte à Niort (79) ont correspondu et ont réalisé ensemble une enquête quantitative sur leurs lycées respectifs. L’objectif était de produire des connaissances sur les pratiques sociales et culturelles de jeunes issu·es de territoires et de classes sociales différentes.

– Étape 1 : Trouver un·e collègue qui enseigne sur un autre territoire que le vôtre, géographiquement et/ou sociologiquement. La liste mail de l’APSES peut aussi servir à cela.

– Étape 2 : Travailler sur les représentations médiatiques des jeunesses des deux territoires. Cela permet d’aborder les préjugés en mettant les élèves suffisamment à distance pour éviter toute situation de malaise.

– Étape 3 : Première correspondance et échanges interpersonnels liés aux thèmes travaillés. Des groupes de trois à quatre élèves sont constitués. Elles et ils écrivent ensemble une première lettre à leurs correspondant·es pour se présenter.

– Étape 4 : Co-déterminer (élèves et professeur·es) les thèmes d’enquête et les attribuer à chaque groupe. De multiples thèmes de recherche sont possibles : la musique, le sport, les vacances, les sorties culturelles, la lecture, le sommeil, les écrans, les transports, l’orientation scolaire.

– Étape 5 : Construire un questionnaire. Les élèves travaillent en groupe et correspondent à nouveau. Elles et ils s’envoient leurs questions. In fine, ce sont les enseignant·es qui déterminent les questions à partir des propositions des élèves des deux lycées.

– Étape 6 : La passation du questionnaire. Pour chaque thème de l’enquête, les élèves produisent une affiche qui invite l’ensemble des lycéen·nes à répondre aux questionnaires. Les affiches sont ensuite placardées dans le lycée et les élèves se rendent dans les classes pour présenter leur questionnaire.

– Étape 7 : Analyser et valoriser les résultats obtenus.
À la lecture des résultats les élèves s’interrogent : y a-t-il plus de filles ou de garçons ? Y a-t-il plus d’élèves de la voie générale ou de la voie professionnelle ? Avec quels effets possibles sur les résultats ? Quelles sont les valeurs significatives ? Les points communs et les différences/inégalités entre les élèves des deux lycées ? Chaque groupe produit ensuite une affiche ou une infographie afin de valoriser les principaux résultats obtenus. Les élèves doivent ici réaliser des lectures de données.

– Étape 8 : Expliquer les différences et inégalités dans les pratiques sociales et culturelles. Les élèves doivent produire des paragraphes argumentés pour éclairer les données et comprendre les inégalités constatées en remobilisant la notion de socialisation différenciée (selon le sexe et la classe sociale) étudiée précédemment dans l’année.

– Étape 9 : Faire des propositions pour lutter contre les inégalités. Nous avons sélectionné une ressource pour chaque thème et demandé aux élèves de faire une proposition pour lutter contre les inégalités constatées liées au genre ou à la classe sociale.

– Étape 10 : Présenter les résultats. Les élèves se rencontrent en se rendant dans leurs lycées respectifs. Iels présentent ensemble leurs résultats à la communauté éducative (direction, vie scolaire, professeur·es, personnels médico-sociaux, élèves et éventuellement parents d’élèves). La présentation des résultats de l’enquête peut aussi avoir lieu sans mettre en place des rencontres physiques.

Pourquoi enquêter avec les élèves ?

INTÉRÊTS :

– Redonner du sens à l’enseignement des savoir-faire statistiques ;
– Favoriser la coopération entre élèves ;
– Développer l’engagement civique et le pouvoir d’agir des élèves ;
– Se réapproprier notre métier et les SES que nous aimons.

DIFFICULTÉS :

– Penser la pertinence des questions afin de pouvoir les traiter statistiquement ;
– Maîtrise minimum du traitement statistique des réponses ;
– S’assurer de la sincérité des réponses.

 

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La correspondance sociologique

Faire vivre autrement l’enseignement des SES

 

« J’ai senti là, tout de suite, les possibilités considérables d’un tel échange : les enfants n’écrivaient plus pour eux-mêmes mais pour leurs correspondants ; les devoirs scolaires changeaient alors de sens et bientôt de nature […] Nous vivions avec les paysans pêcheurs de Trégunc ; nous connaissions leurs travaux, leurs jeux, leurs préoccupations. Il s’agissait là […] d’une forme nouvelle de vie à l’école, âme et instrument de l’effort scholastique, auquel j’aspirais. » (Celestin Freinet, « Les correspondances interscolaires », dans Brochures d’Education Nouvelle populaire, Novembre 1947)

 

 « Les conséquences de cette manie examinatoire les a-t-on toujours assez clairement vues : la crainte de toute initiative, chez les maîtres comme chez les élèves ; la négation de toute libre curiosité ; le culte du succès substitué au goût de la connaissance ; une sorte de tremblement perpétuel et de hargne, là où devrait au contraire régner la libre joie d’apprendre » (Marc Bloch, L’étrange défaite, 1940)

Entre 2023 et 2026, les élèves du lycée Maurice Utrillo à Stains (93) et ceux du lycée Gustave Flaubert de Rouen (76), puis ceux de la Venise Verte à Niort (79) ont correspondu et ont réalisé ensemble une enquête quantitative sur leurs lycées respectifs. L’objectif était de produire des connaissances sur les pratiques sociales et culturelles de jeunes issus de territoires et de classes sociales différentes.

Présentation du projet à nos élèves de première :

« Nous allons réaliser une enquête sociologique sur les pratiques sociales et culturelles des élèves du lycée. D’autres lycéens qui viennent d’un autre territoire vont eux aussi réaliser la même enquête au sein de leur propre lycée. L’objectif, c’est de produire des connaissances sur les pratiques sociales et culturelles de jeunes issus de territoires et de classes sociales différentes.

Quelles sont les pratiques sociales et culturelles des jeunes ? Existe-t-il des points communs au-delà des territoires et des classes sociales auxquelles ils appartiennent ? Des différences ? Lesquelles ? Comment les expliquer ?

Pour mener à bien ce travail, vous allez correspondre avec des élèves d’un autre lycée en classe de première comme vous, pour construire l’enquête ensemble et apprendre à vous connaitre sociologiquement. »

 Comment avons-nous fait travailler les élèves ?

  • Étape 1 : Trouver un.e collègue qui enseigne sur un autre territoire que le vôtre, géographiquement mais aussi sociologiquement. La liste APSES peut aussi servir à cela.

 

  • Étape 2 : Travailler sur les représentations médiatiques des jeunesses des deux territoires. Cela permet d’aborder les préjugés en mettant les élèves suffisamment à distance pour éviter toute situation malaisante. Un des objectifs de ce travail sur les représentations est de montrer qu’il existe des discours politiques et médiatiques sur les jeunesses qui tendent à les opposer (de « bonnes » jeunesses versus des jeunesses « dangereuses »). L’enquête est présentée aux élèves comme un moyen de rompre avec ce sens commun.

Séance 1 – représentations des territoires

Séance 1 bis – représentations des territoires

 

  • Étape 3 : Première correspondance et échanges interpersonnels liés aux thèmes travaillés. Des groupes de trois à quatre élèves sont constitués. Ils écrivent ensemble une première lettre à leurs correspondants pour se présenter (où ils habitent, ce qu’ils aiment faire en dehors du lycée, leur rapport au lycée ; il est possible aussi d’évoquer leur famille mais pas d’obligation).
À propos de la correspondance

À l’heure des divisions sociales et identitaires, un tel projet prend tout son sens. Les élèves de Niort avaient beaucoup de préjugés, exprimés à demi-mot, sur la jeunesse de Seine-Saint-Denis. Et ne serait-ce que d’échanger avec ces élèves sur leurs quotidiens, leurs rapports au lycée, leurs déjeuners, leur sommeil ou leurs goûts musicaux, au sein d’une correspondance, leur a vraiment permis de ne plus considérer l’autre comme une imagerie d’Épinal lointaine mais comme un autre soi-même. Une personne certes un peu différente, mais qui au fond pourrait être eux. C’est dans cet aspect sensible du travail que réside l’intérêt réel car il fait éprouver aux élèves des concepts parfois trop abstraits pour eux. Constater par exemple que les élèves de Seine-Saint-Denis accordent une place centrale au lycée dans leur vie quand eux-mêmes n’y voient qu’un élément secondaire a été une révélation plus puissante de la nature des différences sociales que l’étude de n’importe quel document. C’est pourquoi, dans un tel travail, il est important que les échanges ne portent pas uniquement sur le travail scolaire d’enquête mais qu’ils soient également l’occasion d’échanges interpersonnels liés aux thèmes travaillés. Des consignes du type « Racontez une anecdote personnelle en lien avec les transports  » ou « Partagez une photo (sans visage) de votre quotidien » permettent ce type d’échanges et d’engager personnellement les élèves dans le travail.

 

  • Étape 4 : Co-déterminer (élèves et professeurs) les thèmes d’enquête et les attribuer à chaque groupe. De multiples thèmes de recherche sont possibles : la musique, le sport, les vacances, les sorties culturelles, la lecture, le sommeil, les écrans, les transports, l’orientation scolaire.

 

  • Étape 5 : Construire un questionnaire et passer des questions que se posent les sociologues aux questions pour les enquêtés. Les élèves travaillent en groupe et correspondent à nouveau. Elles et ils s’envoient leurs questions et font l’expérience de la réflexivité sociologique en se rendant compte qu’elles et ils n’ont pas tous et toutes les mêmes questions, les mêmes références culturelles. In fine, ce sont les enseignants qui déterminent les questions à partir des propositions des élèves des deux lycées (Renvoi vers séance)

Séance 2 – réalisation du questionnaire

Attention :

– Rappelez aux élèves que l’objectif est de travailler sur les pratiques plus que les opinions ;

– Un trop grand nombre de questions par groupe conduira à un questionnaire long qui risque d’être plus difficile à administrer et entrainer un plus faible taux de réponses à l’échelle du lycée ;

– Ne pas oublier d’interroger les caractéristiques sociales des répondants : le sexe, la voie (générale, technologique, professionnelle) et éventuellement la profession des parents (plus difficile à récolter et à analyser)

Quel(s) outil(s) numérique(s) pour réaliser un questionnaire ?

Plusieurs logiciels RGPD (protection des données) peuvent être utilisés et sont assez facile à prendre en main.

Nous avons utilisé respectivement Framaform (gratuit) et Limesurvey (payant même si certaines académies offrent un accès aux enseignants à partir de leur ENT).

Les deux logiciels permettent de générer automatiquement des statistiques et des graphiques qui valorisent les résultats pour chaque question.

Toutefois, en ce qui concerne Framaform, si vous voulez réaliser des tris croisés (savoir comment les personnes interrogées ont répondu à une question en fonction d’une de leur caractéristique. Par exemple est-ce que la pratique du sport est différenciée selon le sexe), il faut extraire les données et utiliser Excel. De nombreux tutoriels sont disponibles sur internet et peuvent vous accompagner.

Comment effectuer des tris croisés ? Tuto Excel tris croisés

 

  • Étape 6 : La passation du questionnaire. Pour chaque thème de l’enquête, les élèves produisent une affiche qui invitent les élèves du lycée à répondre aux questionnaires. Les affiches sont ensuite placardées dans le lycée. Par ailleurs, les élèves se rendent aussi dans les classes pour présenter leur questionnaire et inviter leurs camarades à y répondre à l’aide d’un QR Code. Cela permet aux élèves de s’approprier la démarche (ils doivent présenter à leurs camarades le travail qu’ils réalisent). Cela permet aussi d’obtenir un plus grand nombre de réponses qu’un simple lien transmis sur pronote. Pour chaque enquête réalisée, un peu plus d’un tiers des élèves de nos lycées ont répondu au questionnaire. (Renvoi vers séance)

 

 

 

 

 

affiche enquête téléphone ICI

 

 

 

Séance 3 diffusion du questionnaire

 

  • Étape 7 : Analyser et valoriser les résultats obtenus. À la lecture des résultats les élèves s’interrogent : Y-a-t-il plus de filles ou de garçons ? Y-a-t-il plus d’élèves de la voie générale que professionnelle ? Avec quels effets possibles sur les résultats ? Quelles sont les valeurs significatives ? Les points communs et les différences/inégalités entre les élèves des deux lycées ? Chaque groupe produit ensuite une affiche ou une infographie afin de valoriser les principaux résultats obtenus. Les élèves doivent ici réaliser des lectures de données et ils peuvent aussi s’initier à la manipulation d’Excel pour produire leurs propres graphiques (Renvoi vers séances)

Séance graphiques avec Excel

Séance 4 analyse des résultats

 

  • Étape 8 : Expliquer les différences et inégalités dans les pratiques sociales et culturelles. Une fois les pratiques sociales et culturelles objectivées, les élèves doivent les expliquer. Elles et ils doivent produire des paragraphes argumentés pour éclairer les données et comprendre les inégalités constatées en remobilisant la notion de socialisation différenciée (selon le sexe et la classe sociale) étudiée précédemment dans l’année. (Renvoi vers séance)

Séance 5 explication des inégalités et propositions

 

  • Étape 9 : Faire des propositions pour lutter contre les inégalités. Nous avons sélectionné une ressource pour chaque thème (le sport, la lecture, les sorties culturelles, etc.) et demandé aux élèves de faire une proposition pour lutter contre les inégalités liées au genre ou à la classe sociale. (Renvoi vers séance)

Séance 6 conclusion et présentation orale

 

  • Étape 10 : Présenter les résultats/se rencontrer physiquement

Les élèves rencontrent physiquement leurs correspondants en se rendant dans leurs lycées respectifs. Ils présentent ensemble leurs résultats à la communauté éducative (direction, vie scolaire, professeurs, personnels médico-sociaux, élèves et éventuellement parents d’élèves). Cela implique d’organiser deux voyages, ce qui peut se heurter à certaines difficultés.

De la correspondance à la rencontre : un intérêt fort malgré les difficultés institutionnelles

L’aboutissement d’un tel travail de coopération apparait spontanément être la rencontre des élèves. Mais sa réalisation peut se heurter à un certain nombre de difficultés qui peuvent freiner l’enseignant(e). Il est donc important d’affirmer ici tout l’intérêt de mener ce travail commun même en l’absence d’une rencontre finale. Les élèves auront pu entrer en contact à travers la correspondance, ce qui constitue en soi une rencontre de mondes sociaux différents, peu probable en dehors de ce projet. La réalisation de l’enquête aura également constitué une rencontre en elle-même de par la comparaison de vies lycéennes très éloignées dans leurs pratiques sociales.
Néanmoins, si on en a l’occasion, une rencontre en chair et en os qui permet d’éprouver l’autre directement dans son espace social et géographique, dans ses modes de communication, dans son rapport au corps,  peut permettre une découverte plus fine encore des correspondants, mais aussi la création de liens affectifs dont on connaît la puissance pour déconstruire les préjugés négatifs.

Cependant, rendre cette rencontre possible nécessite un budget et l’on peut déplorer que les multiples dispositifs qui permettent d’organiser des voyages scolaires, type Erasmus ou financements régionaux, voire nationaux, ne donnent aucune place à ce type de projet. Parce qu’il ne coche pas la case culturelle, artistique ou écologique, mais simplement la case citoyenne. Or, la construction de la citoyenneté se trouve au cœur des missions éducatives de l’École.

Si une rencontre physique ne peut avoir lieu, rien n’empêche d’organiser une présentation au lycée en présence d’acteurs éducatifs, voire même d’élues des collectivités territoriales pour échanger sur les politiques publiques dédiées à la jeunesse. La présentation est importante car elle donne une valeur, autre que scolaire, au travail des élèves. Elle est aussi l’occasion de travailler avec les élèves les compétences orales.

Elle peut prendre plusieurs formes (non exclusives les unes des autres) :

– Impression de recueils qui compile les travaux distribués aux élèves et au public lors de la présentation  (Lien : recueil enquête Stains travaux des élèves)

– Exposition des affiches dans le lycée avec les principaux résultats

Lien vers Affiche pratiques culturelles

– Présentation orale des affiches, des analyses et des propositions pour lutter contre les inégalités en présence de la communauté éducative et même d’élus territoriaux, qui se prêtent plutôt facilement au jeu de la rencontre.

 

Combien de temps ça prend un tel travail ?

Nous avons consacré entre 12 et 18 heures de temps de cours à ce travail, réparties sur l’ensemble de l’année. Les élèves ont parfois dû terminer une partie du travail initiée en classe à la maison (finaliser leur affiche ou finir une lettre à leurs correspondant·es). C’est un volume horaire conséquent mais les élèves ont travaillé tout au long du projet de nombreuses compétences au cœur de l’enseignement des SES comme les savoir-faire statistiques ou l’argumentation.

 

Pourquoi enquêter avec les élèves ?

  • Redonner du sens à l’enseignement des savoir-faire statistiques. La réalisation d’une enquête quantitative permet aux élèves de s’approprier autrement les outils statistiques en faisant d’elles et eux d’apprentis-sociologues, c’est-à-dire des producteurs et productrices de connaissances. Les documents statistiques ne sont plus donnés, mais produits par les élèves eux-mêmes. Elles et ils en maîtrisent les rouages et il est alors surprenant de constater à quel point les difficultés de lecture se dissipent.
  • Coopération entre élèves. A l’heure de la réforme Blanquer du lycée, qui a profondément individualisé les conditions d’apprentissage de nos élèves, où nos groupes de spécialités sont souvent peuplé.e.s d’élèves sans lien les uns avec les autres, enquêter ensemble permet de créer du collectif. A l’intérieur de chaque groupe, les élèves coopèrent et iels font classe au moment de produire ensemble une vision globale des réalités sociologiques de leur territoire.
  • La connaissance sociologique comme engagement civique. Faire correspondre des jeunes qui viennent de territoires et de milieux sociaux différents, c’est aussi un moyen de faire société, à rebours des logiques d’oppositions exacerbées par certains discours politiques qui opposent les jeunesses françaises, selon leur code postal, leurs caractéristiques ethno-raciales ou leurs origines migratoires. En enquêtant sur leur propre lycée, ils prennent davantage conscience de qui iels sont. Le savoir sociologique permet de mieux se comprendre et de déconstruire les représentations, non fondées scientifiquement, que l’on se fait des autres. Nos enquêtes ont certes révélé aux élèves des différences et des inégalités mais aussi des points communs entre des jeunesses éloignées socialement et spatialement.
  • Pouvoir d’agir et sens du travail pour les élèves. L’école n’est pas seulement un lieu d’apprentissage abstrait mais un lieu de production de connaissances qui permettent de mieux connaître son environnement, de mieux connaître les autres et d’agir sur le réel. La production d’affiches ou d’un recueil, la présentation orale du projet devant des acteurs éducatifs et politiques révèlent aux élèves l’utilité du travail entrepris. C’est aussi un puissant levier pour donner aux élèves l’envie d’apprendre et de s’investir dans leur travail.
  • Se réapproprier notre métier et les SES que nous aimons. La première année de notre correspondance, l’intégralité des chapitres au programme en classe de terminale était évaluable au bac. Nous étions cette année-là des « stressés empêchés ». Nous avons « fait » les douze chapitres ; mais les élèves ? Ces séances de travail avec nos groupes de première ont puissamment participé à nous réapproprier le calendrier scolaire et ce que nous enseignons aux élèves. Nous les vivions comme des « parenthèses », alors qu’elles devraient être au cœur de notre métier.

 

Pour aller plus loin et faire vivre les méthodes d’enquêtes sociologiques dans nos classes, quelles déclinaisons possibles :

La correspondance peut aussi exister autour d’enquêtes qualitatives, de balades sociologiques. Les élèves de deux territoires différents pourraient ainsi correspondre à partir d’observations réalisées dans des lieux similaires (un quartier populaire ou bourgeois, d’habitation ou commerçant, un théâtre, une bibliothèque, une école, etc.) ou des lieux emblématiques de leurs villes qu’ils et elles choisiraient d’observer et de présenter à leurs correspondants.es.

 

Travaux d’élèves :

Carnet d enquête et de correspondance

affiche pratiques culturelles

Facebookmail