« Pour d’autres programmes de SES »

Samedi 1er décembre – Lycée CLAUDE MONET – PARIS 13ème

Introduction au colloque

Une centaine de participants

public1Bilan des actions entreprises

Par Clarisse Guiraud, vice-présidente de l’APSES       

Clarisse Guiraud remercie tous les participants.

Elle rappelle le poids de l’APSES avec plus de 2000 adhérents.

L’APSES s’oppose à la réforme du lycée, et ce depuis le rapport Mathiot.

Cette réforme nous semble néfaste sur de nombreux points :

  • Orientation précoce dès la seconde,
  • Contrôle continu qui va peser sur nos pratiques,
  • Destruction des séries (alors que le série ES représente un tiers des élèves des séries générales),
  • Moins de cohérence entre les disciplines (par exemple un seul programme de mathématiques pour tous les élèves) avec la mise en concurrence des disciplines…
  • Perte de nombreuses heures de cours : en classe de 1ère, disparition des enseignement de spécialité en terminale (économie approfondie et sciences sociales et politiques), fin d’année raccourcie…

clarisseLe rassemblement du mois d’avril, organisé par l’APSES, sous les fenêtres du Ministère aura permis de conserver la science politique dans le périmètre des SES et de ne pas ajouter la gestion suite à la suppression de PFEG.

Toutefois, la réforme du lycée demeure problématique, et les projets des futurs programmes de SES (en seconde et première) sont inquiétants. Concernant les programmes, l’APSES a initié une pétition demandant la réécriture de ces programmes. Elle a recueilli près de 6000 signatures en quelques jours, dont plus de 500 universitaires.

 

Résultats de la consultation de l’APSES sur les programmes

Par Gérard Grosse et Benoît Guyon

[présentation mise en ligne : //www.apses.org/enquete-sur-les-projets-de-programme/ ]

En conclusion de l’analyse de cette consultation :

• L’approche de ceux qui ont répondu à l’enquête est principalement didactique et pédagogique : ces projets sont-ils en accord avec les objectifs de formation et d’apprentissage que nous souhaitons pour nos élèves ?

• Sans grande surprise, les appréciations portées par les professeurs qui ont répondu à l’enquête rejoignent les positions défendues par l’APSES : lourdeur des projets de programme ; faiblesse ou absence des « trois P » : pluridisciplinarité, pluralisme, problématisation.

• Les suggestions portent logiquement sur des demandes d’allégement, mais plus largement de réécriture dans le respect des « trois P ». Elle concernent aussi la procédure d’élaboration des programmes afin que soit pris en considération les « savoirs d’expérience » des enseignants.

Intervention de Stéphane Beaud, professeur de sociologie à l’université de Poitiers

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TABLE RONDE N°1 – Regards d’économistes, sociologues et politistes

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Animée par Camille Aymard, une première table ronde a réuni économistes, sociologues et politistes du supérieur. Étaient présent.e.s lors de ces débats :

  • Félix Garnier (ARES : Fédération des Associations Représentatives des Étudiants en sciences Sociales)
  • Florence Jany-Catrice (AFEP : Association française d’économie politique)
  • Yann Renisio (AFS : Association française de sociologie)
  • Romain Pudal (ASES : Association des sociologues enseignant-e-s du supérieur)
  • Jonathan Marie (ADEK : Association pour le développement des études keynésiennes)
  • Daniel Gaxie (professeur de science politique à la Sorbonne)
  • Étienne Penissat (politiste, chargé de recherches au CNRS et directeur du Ceraps)

Les intervenants ont principalement relevé le manque de pluralisme des programmes, citant tour à tour :

– l’omniprésence de l’approche microéconomique

– l’absence des structures sociales en sociologie, et notamment des CSP

– une conception de la science politique qui relève des années 1960, avec une approche institutionnaliste, qui fait fi des apports de la sociologie politique

Ils ont également affirmé leur soutien aux revendications de l’APSES, et le dialogue fécond avec leurs associations. Cette « mise au pas » des SES s’apparente à la situation existante à l’université, dans laquelle les approches hétérodoxes en économie sont marginalisées.

Selon Robert Jammes (ancien président de l’APSES de 1975 à 1980, présent dans la salle), le contexte a changé puisque les professeurs n’ont plus la même liberté face aux programmes et face à l’inspection. La différence entre les prescription du programme et la réalité du travail fait en classe s’amenuise.

TABLE RONDE N°2 – Analyse des programmes par les organisations syndicales et étudiantes

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Animé par Marjorie Galy, ce second débat a permis de présenter les avis de la plupart des organisations syndicales de l’Éducation nationale, ainsi que des syndicats lycéens et étudiants. Étaient présent.e.s :

  • Laura Pfiste (Union nationale des lycéens)
  • Quentin Bourgeon (Union nationale des étudiants de France)
  • Alexis Torchet (SGEN)
  • Jean-René Girard (SNALC)
  • Frédérique Rolet (SNES-FSU)
  • J.F. Plas (SUD éducation)

Les représentants des syndicats ont rappelé leur opposition à la réforme dans sa globalité.

Le calendrier, très resserré, la déstabilisation du Conseil supérieur des programmes, les procédures de travail, tous ces éléments ne pouvaient pas garantir la sérénité qui doit présider à la confection des programmes scolaires.

Dans ce contexte, les SES sont particulièrement attaquées, et les programmes ne sont qu’un élément de cette longue lutte pour faire exister et vivre cette discipline au sein de l’enseignement secondaire.

La stratégie du « attendez le programme de terminale » semble faire florès pour l’ensemble des disciplines. Or, à chaque niveau d’enseignement, les élèves pourraient abandonner SES, soit à la fin de la seconde et à la fin de la première.

Ainsi, la progressivité des apprentissages, si elle pouvait s’entendre dans le cadre de la filière ES, ne peut pas être un fil rouge dans ce nouveau lycée. S’ils doivent être cohérents sur l’ensemble des trois années de lycée, les programmes devraient également se suffire à eux-mêmes, particulièrement en seconde.

CONCLUSION – Perspectives pour une refonte des programmes

Par Igor Martinache, co-secrétaire général de l’APSES

Après avoir remercié les participant.e.s, I. Martinache a souligné les incohérences des projets de programmes, le fait qu’il n’y ait quasiment aucune réponse aux demandes de l’APSES. Difficile de se contenter de réponses telles que « vous verrez ce sera mieux en terminale… ». Il a déploré que le directeur de la DGESCO, JM Huart, n’ait même pas assisté à la dernière réunion avec l’APSES.

En conclusion, l’APSES appelle ses adhérent.e.s à poursuivre leur mobilisation contre ces projets de programmes ainsi que la réforme du lycée. Si les projets de programmes de seconde et première n’étaient pas significativement revus par le Ministère, l’APSES, dans l’intérêt des élèves, publierait un document de contournement des programmes. Les collègues pourraient ainsi exploiter tous les interstices du programme afin d’exercer leur liberté pédagogique et préserver ce qui fait le succès des SES dans les classes depuis plus de 50 ans. Et parce que les procédures actuelles d’élaboration des programmes ont démontré leur insuffisance et la négation de l’expertise des enseignants de terrain, l’APSES publiera avant la fin du premier trimestre 2019 son propre projet de programme de terminale, pour montrer au Ministère que d’autres programmes de SES sont possibles.

Lors du stage national de l’APSES les 17 et 18 janvier 2019, un après-midi sera consacré aux échanges entre les adhérents. Pour le programme complet :

//www.apses.org/programme-du-stage-national-17-et-18-janvier-2019-travail-et-emploi/

Le Comité Directeur, représentant l'ensemble des régionales, se réunira dès le lendemain, le samedi 19 janvier.

L’APSES remercie l’ensemble des participant.e.s pour leurs idées, leurs soutiens, qui montrent que les SES ne sont pas seules dans leur combat.

NB : le détail des interventions de chacun.e.s sera transmis à la suite de cet article.

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