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Au lycée, les mesures de Blanquer font échec aux maths

par Savinien de Rivet et Alice Clair, publié le 23 novembre 2021 à 17h22

Depuis 2018 et la réforme menée par le ministre de l’Education nationale, les élèves de première et terminale ont perdu près de 20% d’heures d’enseignement en maths.

La réforme du lycée menée par Jean-Michel Blanquer a provoqué une chute très nette des enseignements en mathématiques. Le nombre d’heures pratiquées a baissé de près de 20%, l’une plus fortes diminutions toutes disciplines confondues, avec la technologie. Une baisse due à la sortie de la matière du tronc commun d’enseignement. Ne pouvant être choisie que comme spécialité, avec un niveau d’exigence élevé (programme et nombre d’heures par semaine comparable à ceux de l’ancienne filière S), elle a rebuté de nombreux élèves. Entre la première et la terminale, les maths sont abandonnées par un nombre record d’élèves.

Résultat : arrivés en dernière année de lycée, au moins 41% des élèves ne font plus du tout de mathématiques, selon les derniers chiffres du ministère. En outre, toujours d’après les données récoltées par l’éducation nationale, plus l’origine sociale d’un élève est favorisée, plus il est susceptible de faire des maths. Et les filles sont plus nombreuses à avoir abandonné la discipline que les garçons.

Les réformes mises en place ont également eu pour effet de morceler l’enseignement, notamment par l’introduction de nouvelles matières comme «Numérique et Sciences Informatiques», une classe généralement donnée par un enseignant de maths, de physique ou de technologie. En moyenne, un professeur de mathématiques fait cours à près de huit classes différentes, contre cinq avant la réforme. Un professeur de SES passe quant à lui de six à douze classes différentes.

Ça s’est complexifié également pour les élèves et les administrations. Avant la réforme, les élèves d’une même classe suivaient des cours dispensés par 18 enseignants en moyenne. Après la réforme, ce chiffre est passé à 30. Tout ceci ne risque pas de faire progresser le classement des élèves français en mathématiques, qui a déjà largement chuté comparé aux autres pays.

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