A Monsieur Frédéric Carluer, président du jury du CAPES externe de Sciences économiques et sociales (SES), Inspecteur Général de SES

Copie à Marc Montoussé, doyen de l’Inspection générale de SES, Jean-Yves Daniel, doyen de l’Inspection générale de l’éducation nationale, Agathe Cagé, conseillère de la Ministre de l’éducation nationale, en charge du second degré, des programmes et de l’évaluation des élèves.

Le 10 avril 2016,

Monsieur le Président du jury,

L’Association des professeurs de sciences économiques et sociales a pris connaissance avec stupéfaction del’intitulé du sujet de dissertation en économie proposé lors de l’épreuve d’admissibilité du CAPES externe de SES du mardi 5 avril dernier : « Variété des ressources et combinaison productive optimale au sein de l’entreprise ».

Ce sujet a en effet suscité de très vives réactions parmi les enseignant-e-s. Pour le dire sans détour : la plupart des enseignants de SES, et notamment les formateurs auprès des ESPE, n’a pas même saisi le sens ni les enjeux du sujet, et de ce fait pu envisager la manière dont il pouvait être problématisé.

D’après les nombreux témoignages recueillis, les candidat-e-s, y compris celles et ceux qui avaient fait preuve de leur culture économique et de leurs capacités analytiques au cours de la préparation à ces concours au sein des Masters MEEF, ont très majoritairement ressenti un grand désarroi, se traduisant notamment par le sentiment que le travail colossal d’acquisition de connaissances et de méthodes avait été littéralement ignoré par un tel sujet, portant sur un domaine très spécifique de la recherche économique et aux marges des programmes de SES actuels.

Proposer un sujet unanimement perçu dans la communauté enseignante comme hermétique, d’une technicité jugée excessive, nous semble par ailleurs contraire à l’esprit même de notre discipline, dont l’objectif est au contraire d’ouvrir les élèves aux grandes problématiques économiques et sociales contemporaines.

Nous pensons ainsi que le choix d’un tel sujet s’avère véritablement contreproductif dans le cadre d’une épreuve de concours visant à recruter de futurs enseignant-e-s de SES dans l’enseignement secondaire, les candidats ayant été limités dans leurs possibilités de faire la preuve de leur culture économique et sociale comme de leurs capacités à présenter les enjeux d’une question vive, et nous pronostiquons qu’il sera de ce fait particulièrement ardu pour les correcteurs de les hiérarchiser sur ce plan, tout comme de rendre justice à leur capacité réelle de produire une démarche raisonnée.

Nous voudrions conclure en exprimant notre souhait que ces difficultés ne se reproduisent pas lors des sessions ultérieures d’admissibilité, ni lors des sujets de leçon des épreuves d’admission à venir. A cet égard, et comme il l’avait été annoncé à plusieurs reprises, un garde-fou nécessaire nous semble être de proposer des sujets qui soient les plus en phase possible avec les contenus de programmes de SES au lycée.

Nous espérons que vous saurez tenir compte de ces propositions, et vous prions de croire, Monsieur le président du Jury, en l’expression de notre dévouement au service public d’Education nationale.

Erwan Le Nader, président de l’APSES, Igor Martinache, vice-président.

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