Chute du nombre de candidats aux concours de l’enseignement

Le nombre d’inscrits aux épreuves de l’agrégation et du capes, sésames pour devenir professeur dans le second degré, a baissé de près de 10 % entre 2019 et 2020.

Le Monde, Par Violaine Morin 15/01/2020, mis à jour à 14h16

Extraits

 

L’agrégation plus stable que le capes.

Part des contractuels en forte hausse

Au-delà du nombre de candidats, il faut s’attarder sur l’évolution du ratio par rapport au nombre de postes ouverts. S’il y a cinq inscrits pour une seule place, le jury peut être contraint de se montrer moins exigeant sur le niveau des futurs professeurs que s’ils étaient dix… Sur l’ensemble des concours du capes externe, ce ratio repart à la baisse en 2020 après deux années de légère amélioration, liée à l’atrophie du nombre de postes ouverts. « Mais lorsque le nombre de postes augmente, détaille Pierre Périer, vous vous retrouvez avec trop peu de candidats. »

Le constat est encore plus alarmant lorsque l’on se réfère au nombre d’étudiants présents le jour des épreuves, bien inférieur au nombre d’inscrits. Ainsi, en 2019, plus d’un candidat sur deux a finalement été reçu en allemand. En lettres classiques, 58,3 % des présents ont été admis. En lettres modernes, ce chiffre s’élevait à 46,5 %.

Dégradé dans certaines matières, le ratio peut cependant être très différent dans d’autres, comme les langues rares. Ainsi, au capes d’arabe de 2019, il y avait 151 étudiants présents aux épreuves pour seulement six postes, soit 25,1 étudiants pour un poste. En Chinois, 112 étudiants se sont affrontés pour dix postes.

Malgré ce tableau plutôt sombre, plusieurs phénomènes permettent de nuancer le constat de l’effondrement des vocations. La part des contractuels, sans diplôme d’enseignement, est ainsi en forte hausse, de près de 12 % entre 2016-2017 et 2017-2018 – ils sont désormais 38 772 dans les collèges et les lycées publics, et 2 650 environ à l’école primaire.

« Double phénomène »

De même, les secondes carrières, ces admis aux concours issus du secteur privé ou demandeurs d’emploi, sont en augmentation : ils représentaient 28 % des admis aux concours externes dans le premier degré en 2018, et 16 % dans le second degré.

« On assiste à un double phénomène, note Patrick Rayou, avec des gens qui ne restent pas forcément dans le métier, les contractuels, et d’autres qui y entrent alors qu’ils n’étaient pas censés y venir. » L’éducation nationale se retrouve face à de « nouveaux viviers », explique Pierre Périer, mais ne tient pas encore compte de la spécificité de leurs parcours. « Tout se passe comme s’il n’y avait que les étudiants, alors que les passerelles avec le privé sont de plus en plus nombreuses », conclut le chercheur.

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