Communiqué de presse
Bac SES 2026 : Les élèves et leurs professeur· es méritent mieux !
Lille, le 19 juin 2026
Lors de la session 2026 du baccalauréat, professeur·es et élèves ont été particulièrement surpris·es par les écarts de difficulté entre les sujets proposés aux candidat·es qui suivent la spécialité Sciences Économiques et Sociales (SES), ce qui suscite frustration et colère. Depuis la réforme Blanquer, les élèves d’une même spécialité ne composent pas tous et toutes le même jour pour des raisons organisationnelles et sont donc réparti·es entre deux jours d’épreuve (« Jour 1 » et « Jour 2 ») selon leur combinaison de spécialités.
Pour l’APSES, les difficultés rencontrées cette année ne relèvent pas d’un simple aléa de conception des sujets. Elles révèlent au contraire deux problèmes structurels : une organisation qui place les candidat·es dans une situation inégale et un programme encyclopédique qui accorde peu d’importance à la problématisation et à la réflexion critique.
Entre les deux jours d’épreuves, le grand écart et un traitement inégalitaire !
Si aucun des deux sujets de la session 2026 n’est parfait, les candidat·es qui ont dû composer ce mardi sont clairement désavantagé·es par rapport à celles et ceux du mercredi. Les sujets du premier jour d’épreuve portaient sur des points du programme particulièrement restreints et techniques qui, compte tenu du temps limité en classe ne sont pas forcément traités à la hauteur de ce que le sujet semblait exiger. Les sujets du second jour reposaient sur des questionnements plus centraux, sur lesquels les enseignant·es ont pu davantage insister au fil de l’année, et des documents plus accessibles, dont la lecture était facilitée par des notes complémentaires plus nombreuses que la veille.
La procédure d’harmonisation permettra peut-être, statistiquement, de minimiser les écarts de notes entre les deux jours, mais elle n’effacera pas la déception et la difficulté dans lesquelles ont été plongé·es les élèves. Cette organisation des épreuves constitue une inégalité de traitement de plus, ce que l’Éducation Nationale ne devrait pas tolérer.
Des sujets révélateurs d’un programme et d’épreuves à bout de souffle
Les sujets proposés aux élèves cette année sont aussi révélateurs des problèmes posés par le programme et les épreuves de SES. Pris isolément, les intitulés de dissertation de la session 2026 pourraient permettre aux élèves de développer des raisonnements problématisés en mobilisant une palette large de connaissances. Mais ni le programme de SES construit autour d’une accumulation de notions et de mécanismes, ni les consignes données aux enseignant·es depuis plusieurs années, les invitant à s’en tenir étroitement au contenu des fiches du Campus de l’innovation de P. Aghion, ne permettent réellement aux élèves de construire une argumentation et une réflexion nuancée. Sur le sujet d’épreuve composée du mardi, comment les élèves pourraient-ils s’en sortir autrement qu’en récitant par cœur leur cours pour montrer que « la productivité des firmes sous-tend la compétitivité d’un pays » ?
L’APSES rappelle que l’enseignement des SES doit avant tout servir à la construction de l’esprit critique et non au formatage et que la formation scientifique ne peut pas se réduire à l’apprentissage et la récitation de réponses standardisées. Les épreuves du baccalauréat devraient donc permettre d’évaluer la capacité des élèves à mobiliser des connaissances scientifiques pluralistes pour apporter un éclairage aux grands problèmes économiques, sociaux et politiques contemporains.
Forte de ces constats, étayés depuis plusieurs années, l’APSES demande :
la révision du format des épreuves du baccalauréat ;
la refonte des programmes ;
la fin des doubles sujets, afin que les épreuves d’une même spécialité se déroulent sur une même journée pour une meilleure équité entre les candidat·es.
