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Enquête APSES 2019 : une dégradation des conditions de travail pour les enseignants de SES

L’APSES a mené une enquête auprès des enseignants de SES, suite aux premiers effets de la réforme du lycée. Leurs conditions de travail « se sont considérablement alourdies » depuis l’année scolaire 2018-2019.

L’Association des Professeurs de sciences économiques et sociales (APSES) a mené une enquête auprès des professeurs de sciences économiques et sociales sur les premiers effets de la réforme du lycée à la rentrée 2019. Dans un communiqué publié lundi 2 décembre, l’association dévoile les résultats de cette enquête menée au mois de septembre et d’octobre auprès de 650 professeurs qui enseignent dans 535 lycées différents.

Le résultat est sans appel : l’enquête rapporte que les conditions de travail des enseignants de SES « se sont considérablement alourdies » par rapport à l’année scolaire précédente. En effet, le nombre de groupes pris en charge par les professeurs a augmenté de 19% en 2029-2020, passant de 6,7 groupes différents à 8. Idem pour le nombre moyen d’élèves par enseignant, en augmentation de 19,4%, et passant de 170 pendant l’année 2018-2019 à 203 élèves cette année.

Une « dégradation significative » pour les SES dans la réforme du lycée et du baccalauréat

Dans son enquête, l’APSES pointe du doigt une « dégradation significative » des SES dans le nouveau lycée Blanquer. Globalement, le cours de SES en classe entière « s’effectue plus souvent qu’auparavant ». En classe de première par exemple, en 2018-2019, 40,8% des professeurs exerçaient dans un lycée qui attribuait 4h de SES hebdomadaires en classe entière. Depuis la rentrée 2019, « la modalité 4h en classe entière est largement dominante avec 67,3% » des enseignants. L’APSES affirme par ailleurs que la proportion d’enseignants qui travaillent dans un lycée « attribuant une heure de dédoublement a été divisée par quatre (de 39,6% à 10 %)« .

Autre problème : en classe de première, les élèves « sont issus d’un nombre très élevé de classes différentes » avec 12,3% des professeurs qui ont un groupe de spécialité composé de 6 classes différentes. La baisse du nombre d’heures « en effectifs réduits ou dédoublés » influe fortement sur les conditions de travail des enseignants et conduit à une dégradation « des conditions d’enseignement » pour les élèves.

Pour la mise en place de méthodes pédagogiques par exemple, l’APSES explique que « le fait de devoir travailler avec des élèves issus d’un nombre de classes très important diminue la cohérence du groupe classe, ce qui peut se traduire par une moindre participation orale, une plus grande difficulté à mettre en place des travaux de groupe, une plus grande difficulté à connaître les profils des élèves, une plus forte hétérogénéité des élèves, l’impossibilité de rattraper une heure de cours perdue, etc ».

Cette enquête survient quelques jours après la publication d’un communiqué de l’APSES et de l’APMEP expliquant que la réforme du lycée remettait en cause « la nécessaire connexion entre les mathématiques et les SES« . Les enseignants de SES en effet « se voient obligés de remédier au manque de connaissances mathématiques de certains élèves », relevaient les associations, ce qui alourdit davantage la charge de travail des enseignants.

 

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