Les lycéens veulent changer de modèles, la réforme suffit-elle ?

Les lycéens français vont tester dès aujourd’hui une nouvelle réforme de l’éducation nationale qui modifie la façon d’enseigner, tout comme le bac. Au-delà de ce changement d’organisation, fragilisé par la résistance des professeurs, le programme fait-il la place au développement durable et au changement de modèles qu’appellent les moins de 20 ans, emmenés par Greta Thunberg ?

L’environnement est un des trois défis que le Ministre de l’Éducation Nationale, Jean-Michel Blanquer, s’est engagé à relever pendant l’année scolaire 2019/2020. Au programme, l’intégration des enjeux climatiques dans les matières scientifiques et en histoire-géographie, en Première comme en Terminale. La dimension de la responsabilité humaine dans la dégradation de l’environnement fera partie des classes d’enseignement moral et civique.

Ce programme a été construit après consultation des lycéens amenés à élaborer des propositions au printemps dernier. L’idée forte est de favoriser les éco gestes d’où la création d’éco-délégués, élus par leurs camarades de classe pour les sensibiliser et les impliquer dans des projets de préservation de la biodiversité à travers la création de potagers, de nichoirs ou la plantation d’arbres. Cela ne sera sans doute pas très simple à mettre en place dans les lycées les plus urbanisés avec cours de bitume.

Appliquer aux matières économiques

Mais si l’intention est bonne, les éco-délégués feront-ils le poids face à la demande de changements beaucoup plus radicaux qu’appelle le mouvement des jeunes pour le climat et sa porte-parole Greta Thunberg ? Ils espèrent une remise en cause radicale du modèle consumériste et d’une économie qui carbure pour l’essentiel aux énergies fossiles et appellent leurs ainés à la raison.

Si les écogestes sont toujours bons à prendre, il est dommage que la réforme ne concerne pas les matières économiques et sociales. Le développement durable n’est pas intégré dans l’option Sciences économiques et sociales proposée aux élèves de Première. Si l’Éducation nationale veut préparer ses futurs bacheliers aux changements de paradigme, auxquels les entreprises elles-mêmes se préparent, il va falloir qu’elle aille plus loin.

Anne-Catherine Husson-Traore,  @AC_HT, Directrice générale de Novethic

https://www.novethic.fr/actualite/environnement/climat/isr-rse/decryptage-les-lyceens-veulent-changer-de-modeles-la-reforme-suffit-elle-147650.html

facebooktwittermail