Voici Nassim, l’étudiant déprimé par Pierre Bourdieu dont Blanquer parle tous les quatre matins

Une salle de classe au lycée Lakanal, Sceaux, en 2011. Image d’illustration. (Flickr / CC BY-SA 2.0)
Une salle de classe au lycée Lakanal, Sceaux, en 2011. Image d’illustration. (Flickr / CC BY-SA 2.0)

Le ministre de l’Education nationale a mal lu le livre qu’il cite souvent en exemple de l’effet désespérant des analyses du sociologue Pierre Bourdieu. Et méconnaît le travail des professeurs de Sciences économiques et sociales

Jean-Michel Blanquer n’a rien contre la sociologie. Il la trouve seulement atteinte d’un « pessimisme de principe », trop centrée qu’elle est sur « le seul prisme des inégalités » lorsqu’elle s’intéresse à l’école. « Délectation morose », « cercle vicieux », discipline en pleine « dérive », des mots doux viennent aux lèvres du ministre de l’Education nationale lorsqu’il évoque la discipline dans son dernier livre, un dialogue avec Edgar Morin.

« Je ne nie pas les inégalités, je ne verse pas dans une pensée positive naïve », se défend le ministre. Mais tenez, Jean-Michel Blanquer a un exemple des effets accablants de la sociologie. Il l’a trouvé dans les pages d’un livre du sociologue Stéphane Beaud, « 80 % au bac… et après » (La Découverte). Il y serait question d’un « jeune issu de l’immigration » qui, « à force d’entendre parler de Bourdieu dans ses cours de SES [sciences économiques et sociales, NDLR], a fini par intégrer l’idée qu’il n’avait aucune chance de réussir, parce qu’il venait d’un milieu défavorisé », raconte-t-il.

Ce n’est pas la première fois que cet élève découragé est cité en exemple par le ministre. Il en était déjà question dans un entretien accordé à « l’Obs » en 2017. Ou plus récemment sur France-Culture. Accablé par la « fatalité » qui émanerait des « théories » de Pierre Bourdieu sur la reproduction sociale, l’élève se serait senti « assigné à ces difficultés ».

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Nassim viseì par Blanquer Fev2020

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