Alors que le ministre de l’éducation se veut rassurant sur le résultat du bac vendredi, les enseignants qui participent à la grève des notes restent déterminés à poursuivre leur action malgré les menaces de sanctions.

Malgré la pression du ministère, et malgré la colère de certains parents d’élèves, des correcteurs du baccalauréat n’ont toujours pas communiqué les notes d’environ 3% des copies. « Ça n’empêchera pas les élèves de savoir dès demain vendredi si ils ont le bac« , promet le ministre de l’éducation. Les profs grévistes, eux, défendent ce moyen d’action controversé. « On n’a pas vraiment d’autre choix« , explique la déléguée du SNES-FSU en Indre-et-Loire, Anne Grandet. 

Alors combien reste-t-il de copies du baccalauréat dont les notes n’ont pas encore été communiquées, ce jeudi matin?  Difficile à dire. Le collectif « Bloquons Blanquer » parle de 126.000 copies retenues.  Le ministre, lui, évoque le nombre de 50.000. Jean-Michel Blanquer qui assure que tous les candidats auront bien leur résultat demain, puisque si il leur manque la note d’une épreuve à l’examen, c’est la note de contrôle continu qui sera prise en compte, dans un premier temps. Ensuite, une fois la note du bac connue, c’est la meilleure note qui sera retenue.

Dans l’académie d’Orléans-Tours, 40% des professeurs de la filière Sciences Economiques et Sociales suivent le mouvement

Dans l’académie d’Orléans-Tours, 30 professeurs suivaient le mouvement mardi, et 20 mercredi. Des enseignants issus de la filière Sciences Economiques et Sociales, ce qui représente environ 40% des profs de la filière. En Touraine, selon le SNES, ils sont au nombre de 8 enseignants mobilisés. Les autres filières les plus touchées sont la philo et l’histoire-géo. Concrètement, les profs ont bien corrigé leurs copies, ils ont simplement refusé de rentrer les notes sur informatique à la date butoir, c’est-à-dire mardi à midi. Et cela malgré le menaces de sanctions disciplinaires lancées par Jean-Michel Blanquer, le ministre de l’Education Nationale. On a reçu des appels du Rectorat, des mails des chefs d’établissements pour nous rappeler à l’ordre mais on a décidé de poursuivre notamment pour alerter la population sur l’avenir de l’enseignement, explique cette  professeur gréviste d’un lycée de Tours.

« Ce sont des moyens qui peuvent choquer les élèves ou les parents, mais on a pas le choix »

Anne Grandet, déléguée départementale du SNES-FSU, défend ce moyen de pression sur le ministère pour faire retirer la réforme du Bac. Un moyen tout ce qu’il y a de légal, selon elle, puisque la rétention des notes n’est que l’expression de la grève des enseignants qui dure depuis plusieurs mois. Le travail de correction a été fait, mais on ne communique pas les notes. Ce sont des moyens qui peuvent apparaître radicaux, qui peuvent choquer les élèves ou les parents, mais on a pas d’autres moyens. 

Statistiquement, dans la filière économique et sociale, ce sont 1.500 copies qui ont été retenues faute de notes transmises aux autorités académiques. Les profs attendent de savoir si le ministère va entamer des négociations pour arrêter ou non leur grève.

Yohan Nicolas pour France Bleu Touraine (lien vers l’article)

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