Communiqué de presse de l’APSES Alsace du 20 novembre 2018

 

Les projets de programme de SES ne permettront pas de comprendre l’actualité

 

Les adhérents de la régionale de l’APSES-Alsace se sont réunis en assemblée générale le lundi 12 novembre 2018 à Strasbourg pour discuter des projets de programme de SES et de la réforme du lycée.

 

En seconde comme en première, les programmes sont unanimement jugés trop longs et denses. En première, commencer le programme par 3 chapitres de microéconomie (modèle stylisé du marché) sur 5 chapitres d’économie sera difficile avec les élèves et traduit un manque évident de pluralisme. L’Etat et la macroéconomie sont les grands absents de ces projets de programme. Le circuit économique ou l’équilibre emplois-ressources sont d’autres représentations stylisées de l’économie qu’il faut présenter aux élèves si on veut les ouvrir aux débats économiques.

Par ailleurs, ces projets de programme manquent cruellement de problématisation des savoirs scientifiques dans des enjeux de société. A quoi cela sert-il de passer autant de temps sur le modèle stylisé du marché (de septembre à décembre si on suit l’ordre du programme) ? Forme-t-on des citoyens ou des homo oeconomicus ? La partie économique du programme de première ne permettrait pas à un élève d’avoir les clés pour s’intéresser et comprendre l’actualité économique et sociale dans la presse. Par exemple, en seconde comme en première, aucun chapitre n’aborde le pouvoir d’achat, les groupes sociaux ou la fiscalité pourtant indispensables pour comprendre l’actuelle mobilisation des gilets jaunes.

Enfin, les regards croisés qui sont censés permettre une approche plurielle d’enjeux de société n’intègrent pas assez de sociologie ou de science politique car ils semblent avoir été pensés du seul point de vue des économistes. En l’état ces programmes nous semblent peu adaptés aux lycéens.

 

Le projet de programme de la nouvelle spécialité intitulée « Histoire-Géographie, Géopolitique, Sciences politiques » contient peu de sociologie politique. Ce programme a été manifestement écrit par et pour les seuls professeurs d’Histoire-Géographie. Nous nous étonnons de l’absence de l’inspection de SES dans les groupes d’EMC et d’HGGPSP. Pourquoi en est-elle absente alors que les professeurs de SES sont susceptibles de participer à l’enseignement de ces deux disciplines ? Nous dénonçons l’absence de cadrage national de la répartition horaire entre professeurs d’HG et de SES comme c’est pourtant le cas pour la spécialité « Humanités-Littérature et philosophie ». L’égalité de traitement des élèves, nécessite un cadrage national unique pour l’enseignement de cette spécialité qui intègre dans son intitulé de la science politique, discipline jusqu’à présent enseignées par les professeurs de SES.

 

La mise en place de la réforme en première à la rentrée 2019 conduira à une diminution du nombre d’heures de SES pour les élèves. Après les élèves, ce seront d’abord les vacataires et TZR qui feront les frais de la réforme, mais des suppressions de postes sont à craindre en SES, notamment dans les petits établissements.

 

 

 

Contact : caroline.delaviere@free.fr présidente de l’APSES-Alsace

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