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La réduction des programmes d’économie en classe de seconde fait polémique (Revue de presse)

Le Figaro, 07/06/2016


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Le Figaro, Par Paul de Coustin Publié le 07/06/2016 à 17:21

Le gouvernement va alléger le programme de sciences économiques et sociales sur demande de plusieurs syndicats d’enseignants qui le trouvent trop lourd. Une décision qui indigne certains chefs d’entreprise.

En classe de seconde, les sciences économiques et sociales sont définies comme un « enseignement d’exploration ». Il doit permettre aux jeunes lycéens de découvrir la matière, à raison d’une heure trente d’enseignement par semaine, pour savoir s’ils veulent s’orienter par la suite vers la filière économique et sociale (ES). Un laps de temps qui ne permet pas, selon plusieurs syndicats d’enseignants et l’Association des professeurs de SES (Apses), de boucler un programme très chargé. C’est pourquoi le ministère de l’Éducation nationale a promis, sur leur demande, de l’alléger dès la rentrée prochaine.

C’est par une lettre, adressée à la ministre Najat Vallaud-Belkacem le 27 janvier dernier, que six syndicats d’enseignants et l’Apses ont signifié au gouvernement leur incapacité de répondre aux exigences du programme. Sur les cinq grands thèmes composés chacun de deux questions que comprend aujourd’hui le programme*, les enseignants doivent en traiter obligatoirement la première question et au moins huit questions sur les dix proposées. Des consignes impossibles à tenir sans se précipiter selon Erwan Le Nader, président de l’Apses.

Le gouvernement va alléger le programme de sciences économiques et sociales sur demande de plusieurs syndicats d’enseignants qui le trouvent trop lourd. Une décision qui indigne certains chefs d’entreprise.

En classe de seconde, les sciences économiques et sociales sont définies comme un « enseignement d’exploration ». Il doit permettre aux jeunes lycéens de découvrir la matière, à raison d’une heure trente d’enseignement par semaine, pour savoir s’ils veulent s’orienter par la suite vers la filière économique et sociale (ES). Un laps de temps qui ne permet pas, selon plusieurs syndicats d’enseignants et l’Association des professeurs de SES (Apses), de boucler un programme très chargé. C’est pourquoi le ministère de l’Éducation nationale a promis, sur leur demande, de l’alléger dès la rentrée prochaine.

C’est par une lettre, adressée à la ministre Najat Vallaud-Belkacem le 27 janvier dernier, que six syndicats d’enseignants et l’Apses ont signifié au gouvernement leur incapacité de répondre aux exigences du programme. Sur les cinq grands thèmes composés chacun de deux questions que comprend aujourd’hui le programme*, les enseignants doivent en traiter obligatoirement la première question et au moins huit questions sur les dix proposées. Des consignes impossibles à tenir sans se précipiter selon Erwan Le Nader, président de l’Apses.

Programme de sciences économiques et sociales Seconde

« On travaille sur la qualité plutôt que sur un excès de quantité »

« Huit chapitres en 90 minutes par semaine face à des élèves qui découvrent complètement la matière, ça ne marchait pas » explique-t-il. Leur demande d’allégement a été prise très au sérieux par le ministère. « Il y avait une inadéquation entre le temps d’enseignement et les programmes » reconnaît-on rue de Grenelle. Après avoir consulté les syndicats et l’Apses, le ministère a accepté de réduire les questions obligatoires à quatre au lieu de cinq, et les questions optionnelles à 2 contre 3 auparavant.

Le programme n’est pas modifié mais allégé, pour « permettre aux enseignants de mieux traiter le programme, plus en profondeur. On travaille sur la qualité plutôt que sur un excès de quantité » précise-t-on dans l’entourage de la ministre. « L’enseignement de l’économie est profondément biaisé en France »

L’annonce de la réduction du programme obligatoire à néanmoins suscité l’émoi de certains chefs d’entreprise et grands patrons. Recueillis par le quotidien Les Échos , leur propos sont alarmistes et s’inquiètent particulièrement du passage de la question « Comment se forment les prix sur un marché ? » d’obligatoire à facultative.

Un patron du CAC 40 s’attaque même frontalement à l’enseignement de la matière économique au lycée. « L’enseignement de l’économie est profondément biaisé en France, confie ce patron aux Échos. La notion de marché est essentielle, elle est au cœur de l’économie, et l’enseignement devrait commencer par là » juge-t-il, avant d’asséner que « la pensée marxiste reste dominante dans les cursus de sciences sociales ». « La polémique n’a pas lieu d’être »

Au ministère, on ne s’inquiète pas de cette « micro-polémique ». « Le thème ‘entreprise et production’ a vocation à faire découvrir les notions d’entreprise, de production marchande, de valeur ajoutée, et de faire découvrir l’organisation des entreprises et leur rôle économique, et il est obligatoire » rassure-t-on.

Pour Erwan Le Nader, « la polémique n’a pas lieu d’être » et il réfute tout procès en communisme. « Il faut faire confiance aux enseignants sur la manière dont ils vont aborder les choses avec les élèves. Les enseignants sont majoritairement formés dans les facultés d’éco-gestion qui ne sont pas particulièrement marquées par les théories marxistes » insiste le président de l’Apses. Selon lui, les sciences économiques et sociales sont un « enseignement pluraliste », qui fait découvrir aux élèves « différents courants de pensée ».

Apses.org | Association des Professeurs de Sciences Économiques et Sociales