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Compte-rendu de l’entrevue du 29 août 2013 de l’APSES avec M. Montoussé

Ce compte-rendu a été soumis à Marc Montoussé, qui l’a trouvé fidèle à nos échanges.

L’APSES, représentée par Marjorie Galy, Sabine Lê et Erwan Le Nader, a été reçue par Marc Montoussé, doyen de l’Inspection Générale de SES, le jeudi 29 août 2013.

L’entretien a débuté, tout d’abord, par des informations apportées par M. Montoussé sur :

- L’arrêté du nouveau CAPES pour lequel il confirme qu’une seule question sera posée au candidat dans l’épreuve orale nommée « mise en situation professionnelle » et que la préparation de la seconde épreuve orale nommée « entretien à partir d’un dossier » durera bien 2h.
- La mise en ligne des fiches Eduscol actualisées des programmes allégés de première et terminale
- Suite à la demande de l’APSES, la tenue, le mercredi 2 octobre après-midi à Paris, d’une réunion des formateurs organisée par les présidents du jury des concours (M. Ferreol, M. Carluer, M. Deubel et M. Montoussé) afin de répondre à leurs interrogations, notamment vis-à-vis des épreuves du nouveau CAPES. Cette réunion n’étant pas organisée par la Dgesco, il nous a été précisé que probablement aucun ordre de mission ne pourra être envoyé. L’APSES s’est félicité de la tenue de cette réunion, mais a formulé son inquiétude sur les difficultés matérielles que pourraient rencontrer les collègues formateurs pour se rendre à cette réunion.

L’APSES a ensuite abordé les points à l’ordre du jour :

Les demandes sur la classe de seconde

L’APSES a rappelé les demandes formulées par elle-même et de nombreux universitaires dans la lettre ouverte adressée à Vincent Peillon en juin dernier, concernant les SES en seconde (tronc commun, horaire revalorisé et dédoublement). L’APSES a aussi à nouveau évoqué la situation intenable pour les collègues dans les classes de seconde du fait de l’absence de dédoublement, l’absence de notation imposée (notamment dans les académies de Rennes, Clermont, La Réunion, Poitiers) ou avec un coefficient 0 dans certains établissements, la difficulté de traiter tout le programme et de faire du travail de qualité, et cela même après 3 ans d’application de ce nouveau programme.

L’APSES a évoqué l’idée que soit transitoirement permis de traiter un nombre réduit de chapitre du programme (inférieur aux 8 actuellement), en justifiant cette demande sur la base des retours d’enseignants qui ne disent pouvoir traiter au mieux que 5 à 6 chapitres.

Concernant la notation, M. Montoussé souligne que le rôle des conseils pédagogiques est essentiel. L’APSES a cependant réagi en rappelant que le conseil pédagogique ne décide pas mais ne donne que des avis et que l’EE de SES n’était pas de même nature que les EE MPS ou L&S pour lesquels on pouvait concevoir que l’absence de notation chiffrée était fructueuse.

Sujet 0 du CAPES

L’APSES a montré sa satisfaction pour le sujet de sociologie en évoquant des documents plutôt bien choisis et diversifiés.

En revanche, sur le sujet d’économie elle a souligné que celui-ci était sur un thème de première et non de terminale (comme indiqué à tort dans le sujet) et que le choix des documents posait problème car aucun document n’évoquait un marché concret.

Sur ce point, M. Montoussé a répondu que certains sujets se prêtent plus que d’autres aux documents factuels et que le candidat peut, s’il le souhaite, donner des exemples.

L’APSES a ensuite évoqué le sujet oral. Celui-ci propose des documents de manuels et des questions proposées par les manuels. L’APSES a posé la question de savoir ce que les candidats devaient en faire (les reprendre ? y répondre ? les critiquer ?)

Selon M. Montoussé, il s’agit simplement d’apporter de supports proches de ceux que les candidats utiliseront lorsqu’ils enseigneront. L’APSES a cependant évoqué la nécessité de préciser les attentes du jury lors de la réunion du 2 octobre. M. Montoussé a rappelé qu’il faut aussi faire confiance au bon sens des examinateurs.

Les épreuves du bac

L’APSES a transmis à l’Inspection Générale son bilan des épreuves de bac et a notamment évoqué les importantes disparités de notation au baccalauréat selon les académies (jusqu’à 4 points d’écart pour une même copie pour l’EC3 selon l’académie).

L’APSES a demandé que soit mise en place une commission d’harmonisation nationale qui s’appuierait sur une grille d’évaluation commune (qui pourrait s’inspirer de ce qui est réalisé à Grenoble), et non plus sur un corrigé tout rédigé des concepteurs de sujet.

M. Montoussé a tout d’abord rappelé l’excellent travail des commissions d’élaboration des sujets et des commissions d’harmonisation. Il a souligné que les différences de consignes de notation entre les académies n’étaient pas dues aux nouvelles épreuves et que les moyennes académiques ne montrent pas d’écart significatif. Il est plutôt défavorable à une harmonisation nationale car il considère que le travail collectif des enseignants dans les académies est fondamental. Il a précisé que la présentation des corrigés des concepteurs de sujets pouvait toutefois évoluer si cela paraissait souhaitable.

Il s’est également montré rassuré sur la question du choix de la dissertation. Celle-ci n’a pas été évincée puisqu’entre 30% et 40% des élèves ont choisi cette épreuve. Il souligne cependant qu’il faut attendre plusieurs sessions pour savoir s’il s’agit d’un effet sujet ou d’un effet épreuve.

L’APSES s’est inquiétée des questions posées en EC1 et plus particulièrement celle sur Weber et la fluidité sociale : questions trop étroite, technique et secondaire dans le programme. Elle demande qu’à l’avenir les questions portent davantage sur des mécanismes ou sur la mise en relation des notions. De même, l’APSES demande qu’un cadrage minimal soit formulé dans la question quant à la longueur des réponses attendues.

M. Montoussé a réaffirmé que la question posée était en conformité avec les IC du programme et les notions attendues. Il explique que des questions de mécanismes et de mise en relation des notions ne sont pas toujours possibles à formuler car il faut pouvoir interroger les élèves sur la totalité du programme. L’APSES s’est cependant inquiétée de l’effet de retour négatif sur les pratiques de questions de type définition qui risquent d’accroitre la surenchère « dictionnariste » dans la façon de traiter le programme avec les élèves.

L’APSES a ensuite évoqué le problème de la similitude entre certaines questions EC1 et EC3 (question sur les conflits), la nécessité que les notes de lectures ne soient pas données dans l’épreuve d’EC2 et l’exactitude des titres de documents. M. Montoussé précise que dans la plupart des cas les notes de lecture se trouvaient déjà dans les documents originaux et que, concernant le sujet de métropole, les réactions des correcteurs sur la difficulté ou facilité du document de l’épreuve EC2 ont été très différentes. Il souligne que les commissions d’élaboration des sujets s’interrogent à chaque fois sur l’intérêt de la présence des notes de lecture et modifient les titres des documents lorsqu’elles l’estiment judicieux.

Sur EC3, l’APSES a rappelé son attachement aux questions posant un débat et regrette que les formulations actuelles n’incitent plus les élèves à la confrontation ou nuance d’arguments. L’APSES a insisté aussi sur la tendance à la paraphrase que les documents ont induite alors même que c’était le principal défaut unanimement dénoncé qui a conduit à modifier les épreuves. M. Montoussé rappelle que les problèmes se posaient déjà avec la question de synthèse. Sur la question du débat, il estime que rien n’empêche l’élève de formuler une critique ou une nuance. Enfin sur la paraphrase, il constate qu’elle est moins fréquente avec les nouvelles épreuves.

L’APSES a rappelé que si les élèves exprimaient des nuances en EC3 sur un sujet qui demandait une démonstration, ils encouraient alors le risque d’être pénalisés pour un développement hors-sujet, comme cela s’est vérifié dans plusieurs académies sur le sujet des conflits.

Changement IPR

M. Montoussé fera bientôt parvenir à l’APSES la liste des IA-IPR académie par académie.

Flux en première ES

L’APSES s’est interrogée sur l’évolution des flux d’entrants en 1ère ES, la série pouvant avoir perdu de son attractivité du fait de la suppression de la spécialité langues. M Montoussé a déclaré ne pas disposer actuellement de statistiques, ni de remontées concordantes.

L’APSES s’est enfin inquiété du déséquilibre grandissant dans les effectifs des spécialités en terminale : forte progression de la spécialité maths, et nombreuses fermetures de la spécialité économie approfondie. M Montoussé a confirmé que des informations concernant la baisse des effectifs de la spécialité économie approfondie lui étaient parvenues. L’impact de l’évaluation sur le choix des enseignements de spécialité en terminale ES a ensuite été évoqué.

Apses.org | Association des Professeurs de Sciences Économiques et Sociales