CR du stage du 21/12/2012

C.R du stage APSES du 21/12/12. 30 présents.

Voici les principaux points qui se sont dégagés du tour de table qui s’est déroulé le matin. Dans la mesure où tous les enseignants n’ont pas de terminale chacun a exposé les difficultés qu’il rencontre dans sa pratique pédagogique que ce soit en seconde ou en première et en terminale.

Nouveau programme.

Les élèves : • La technique au détriment du sens : la construction de ce programme étant ce qu’elle est, partir des notions et non pas de la réalité, l’enseignement de ce programme fait apparaître que les élèves ne savent pas toujours pourquoi on enseigne ce qu’on enseigne. Si on fait l’hypothèse que le sens améliore l’efficacité de l’enseignement et le désir d’apprendre, alors on voit tout de suite les effets pédagogiques néfastes de ce type de programme. • Seuls les élèves qui ont des facilités peuvent appréhender plus facilement le sens de ce qu’on enseigne : commencer par les notions sans avoir le temps de montrer et de faire réfléchir les élèves sur le réel accroît les inégalités. Seuls ceux qui ont la capacité de faire le lien entre le réel et les notions donnent du sens. Tant pis pour les autres. • La lourdeur du programme induit aussi une grande insécurité des élève : ils sont toujours devant du nouveau. Toujours en situation de découvrir des notions nouvelles. Accumulez, accumulez….disaient-ils ! Sans jamais avoir le temps de poser ce qu’ils savent et se l’approprier tant les contenus sont pléthoriques.

Les profs : • Nombre de profs ressentent une grande insécurité face aux élèves : où s’arrêter ? Telle est la question qui est revenue souvent lors de la discussion. Puisque le programme est ainsi construit, puisque les épreuves nous laissent dans le flou absolu, cette question est lancinante. • L’insécurité se révèle d’autant plus forte par cette étrange expérience : même les profs qui ont enseigné certaines notions de certains chapitres arrivent à oublier ce qu’ils ont enseigné : combien de capitaux forment le bien-être ? combien de capitaux forment le DD ? S’il en ainsi pour les profs, qui eux ont eu le temps de réfléchir à la confection du programme, en l’exposant (alors qu’on sait que c’est exposant que l’on apprend….) qu’en est-il des élèves ? Qu’en sera-t-il au mois de juin ? • Cette insécurité fait que pour certains profs ils ressentent comme une dévalorisation de leur métier, de leur pratique et certains ont même affirmé d’eux-mêmes. • Cette insécurité se double à cause de la lourdeur du programme : dans la mesure où celle-ci invite à une pédagogie « frontale » ou « du polycopié » les relations avec les élèves se sont dégradées. • Cette insécurité se « triple » à cause de la structure du programme : pour reprendre l’idée vue plus haut, puisque les experts ont évacué le réel, les discussions en classe se sont appauvries : plus de référence aux « questions vives » et sociétales. • Cette insécurité s’apparente à un nouveau mode de gestion : par le stress. Des profs et des élèves. Néo-capitalisme ?

Les nouvelles évaluations :

• Le flou de évaluations, de ce qui est demandé et exigible, renforce cette insécurité à la fois pour les profs et pour les élèves. Le teste des nouvelles épreuves se réalise « in vivo » et les recommandations méthodologiques aux élèves fluctuent au gré des informations, B.O., recommandations de l’inspecteur ces derniers jours. Alors que la moitié de l’année est passée, rien ne semble encore stabilisé ou contredit ce qui avait été affirmé auparavant. • Il faut absolument que tout ceci s’éclaircisse avant le Bac. C’est une nécessité absolue. L’assemblée présente a décidé d’interpeller l’inspecteur lors des réunions prévues dans chaque département. • Ces évaluation risquent de renforcer les inégalités entre élèves : plus le flou existe, plus ceux qui ne possèdent pas les pré-requis, les compétences voulues qu’on n’a plus le temps d’enseigner, seront en difficulté. • A ce titre il faut que les commissions d’entente jouent un rôle décisif.

En seconde : • Ce qui a été soulevé est qu’il y a de part notre statut dévalorisé en seconde une grande difficulté pour les élèves de s’adapter en première. • Les exigences, les savoir-faire, n’étant pas au rendez-vous, il y a un fossé qui paraît pour certains difficile à surmonter. • D’autant plus difficile, que la structure du programme de première s’apparentant au programme de terminale, semble bien trop abstrait et théorique pour nombre d’entre-eux. Et que là aussi le temps manque pour discuter, pour faire références aux questions sociétales du moment. • En quelque sorte notre statut en seconde nous pousse à être dans l’incertitude absolue.

Nouveau groupe d’experts

• Il est absolument hors de question que ce groupe soit composé de la façon dont l’ancien a été le théâtre. Notre parole est aussi intelligente et experte que tous les autres experts auto-déclarés experts. • Il faut partir du réel : o Des élèves ; o De la classe ; o Des questions vives.

Trois conditions pour rendre notre métier et nos programmes intéressants et pour construire des relations pédagogiques dignes de ce nom.

Apses.org | Association des Professeurs de Sciences Économiques et Sociales