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Programmes officiels de spécialité SES de terminale (rentrée 2012) : "Economie approfondie" et "Sciences sociales et politiques"

Bulletin officiel spécial n°8 du 13 octobre 2011

NOR : MENE1119438A arrêté du 12-7-2011 - J.O. du 20-9-2011 MEN - DGESCO A3-1

Vu code de l’éducation ; arrêté du 27-1-2010 modifié ; avis du CSE du 9-6-2011

Enseignement spécifique de sciences économiques et sociales et enseignements de spécialité économie approfondie et sciences sociales et politiques de la série économique et sociale - classe terminale http://www.education.gouv.fr/pid255...

ENSEIGNEMENT DE SPÉCIALITÉ - SCIENCES SOCIALES ET POLITIQUES

Préambule Cet enseignement de spécialisation doit permettre aux élèves de se familiariser avec les apports des sciences sociales et politiques à la réflexion informée et critique sur l’évolution de la vie politique contemporaine en France et en Europe. S’inscrivant dans le prolongement de l’enseignement de la classe de première et en complément avec le programme spécifique de la classe terminale, ce programme de spécialisation est basé principalement sur les acquis de la science politique. Ouverte à l’influence d’autres modes de raisonnement des sciences sociales (l’histoire et la sociologie notamment), la science politique constitue une discipline propice à un enseignement de spécialisation susceptible d’aborder scientifiquement les questionnements contemporains. Cet enseignement suppose l’apprentissage des savoir-faire nécessaires à un travail sur les documents et données empiriques disponibles. Les épreuves du baccalauréat portent sur l’intégralité du programme tel qu’il figure ci-dessous ; les indications complémentaires bornent ce qui est exigible.

1. Le système politique démocratique

- 1.1 Quelles sont les composantes institutionnelles des régimes politiques démocratiques ?

Notions : Régime parlementaire, régime semi-présidentiel, régime présidentiel.

Indications complémentaires : Largement ouvert à des illustrations historiques et comparées, ce thème sensibilisera les élèves à la diversité des solutions constitutionnelles mises en œuvre dans les démocraties occidentales pour séparer le pouvoir exécutif du pouvoir législatif.

Acquis de première : État de droit.

- 1.2 Comment s’organise la compétition politique en démocratie ?

Notions : Pluralisme politique, modes de scrutin, parité, démocratie délibérative.

Indications complémentaires : Centré sur le gouvernement représentatif, ce point permettra d’étudier les enjeux socio-politiques de la compétition électorale contemporaine. Une attention particulière sera accordée à la place des organisations partisanes et aux effets des modes de scrutin (majoritaire, proportionnel notamment) sur la sélection des gouvernants. On identifiera les biais liés au genre et la difficulté particulière rencontrée pour assurer une représentation équitable des deux sexes en politique. On s’interrogera sur les évolutions de la vie démocratique contemporaine en Europe et notamment les places respectives de la démocratie représentative et d’autres figures de la démocratie (participative, délibérative).

Acquis de première : démocratie représentative, démocratie participative.

- 1.3 Quelle est la contribution des organisations politiques au fonctionnement de la démocratie ?

Notions : Mobilisation électorale, société civile organisée.

Indications complémentaires : On étudiera la contribution des partis politiques à la mobilisation des électeurs et à la politisation de ces derniers. On évoquera, à partir d’exemples historiques ou comparés, la contribution d’autres organisations (syndicats, associations, groupes d’intérêt, etc.) au fonctionnement des démocraties actuelles (coopération, contestation et influence).

Acquis de première : groupe d’intérêt.

2. La participation politique

- 2.1 Quelle est l’influence de la culture politique sur les attitudes politiques ?

Notions : Culture politique/civique, socialisation politique, comportements politiques.

Indications complémentaires : On montrera que les attitudes politiques reflètent souvent des cultures politiques particulières mais aussi des modes de socialisation (primaire comme secondaire) spécifiques. La question de l’identification partisane et celle du clivage gauche/droite fourniront des illustrations simples de ces processus de formation des dispositions politiques.

Acquis de première : socialisation primaire, socialisation secondaire.

- 2.2 Quels sont les répertoires de l’action politique aujourd’hui ?

Notions : Répertoires d’action politique.

Indications complémentaires : Tout en insistant sur l’importance de l’acte électoral et de son rituel, on proposera une conception ouverte de la notion de répertoire d’action politique ne se résumant pas à la pratique régulière du vote. On présentera notamment les dimensions individuelles comme collectives de l’action de protestation politique. L’évolution des répertoires d’action politique sera appréciée tant dans le temps long des transformations de l’ordre politique démocratique que dans le temps court de la conjoncture politique.

- 2.3. Comment expliquer le comportement électoral ?

Notions : Participation et abstention électorale, variables lourdes du comportement électoral, vote sur enjeu.

Indications complémentaires : On analysera l’évolution des taux d’inscription sur les listes électorales, des taux de participation et/ou d’abstention et leurs déterminants sociaux et politiques. Les principaux résultats de la sociologie de l’orientation électorale seront présentés (poids de la variable religieuse, vote de classe, etc.). L’évocation de l’émergence d’un vote sur enjeu, influencé par les conjonctures politiques (campagnes électorales notamment), permettra de prendre la mesure de la volatilité électorale. La question de l’articulation entre médias, communication et vie politique sera également abordée afin de comprendre son éventuel impact sur les attitudes politiques (pratiques et opinions).

3. L’ordre politique européen

- 3.1 Quel est l’impact de la construction européenne sur l’action publique ?

Notions : Principe de subsidiarité, gouvernance multi-niveaux.

Indications complémentaires : On présentera les caractéristiques institutionnelles (Parlement européen, Commission européenne, Conseil européen) et politiques de l’Union européenne. À partir de quelques exemples, on présentera les effets de la construction européenne sur la conduite de l’action publique.

Acquis de première : action publique.

- 3.2 Vers un ordre politique supranational ?

Notions : Système politique européen, citoyenneté européenne.

Indications complémentaires : On s’interrogera sur les transformations démocratiques qui accompagnent la construction communautaire. La question du devenir post-national de l’ordre politique européen servira de support à cette réflexion.

Acquis de première : citoyenneté, souveraineté, État unitaire, État fédéral.

Savoir-faire applicables aux données quantitatives et aux représentations graphiques

L’enseignement de sciences sociales et politiques doit conduire à la maîtrise de savoir-faire quantitatifs, qui ne sont pas exigés pour eux-mêmes mais pour exploiter des documents statistiques. Calcul, lecture, interprétation
- Proportions, pourcentages de répartition
- Moyenne arithmétique simple et pondérée, médiane, écart-type
- Mesures de variation : coefficient multiplicateur, taux de variation, indices simples et pondérés
- Taux de participation électorale
- Taux de mobilisation électorale Lecture et interprétation
- Tableaux à double entrée
- Représentations graphiques : histogrammes, diagrammes de répartition, représentation des séries chronologiques
- Indice d’Alford
- Indice de volatilité électorale

ENSEIGNEMENT DE SPÉCIALITÉ - ÉCONOMIE APPROFONDIE

Cet enseignement de spécialisation doit permettre aux élèves d’approfondir leur connaissance de l’analyse économique par l’étude de quelques grands enjeux contemporains qui correspondent à des mutations structurelles de l’économie mondiale (évolutions démographiques, transformations de l’État-providence, globalisation, stratégies d’entreprises). L’étude de ce programme est l’occasion de perfectionner la maîtrise des outils analytiques et des modes de raisonnement propres à la science économique. Cet enseignement suppose l’apprentissage des savoir-faire nécessaires à un travail sur les documents et les données empiriques disponibles. Les épreuves du baccalauréat portent sur l’intégralité du programme tel qu’il figure ci-dessous ; les indications complémentaires bornent ce qui est exigible.

1. Économie et démographie

- 1.1. Comment la dynamique démographique influe-t-elle sur la croissance économique ?

Notions : Mouvement naturel, mouvement migratoire, population active, épargne, accumulation du capital, cycle de vie.

Indications complémentaires : On présentera les grandes évolutions démographiques séculaires et on montrera, notamment à l’aide de comparaisons européennes, les différences dans les dynamiques démographiques nationales. En partant de la diversité des taux d’épargne des pays, on introduira la notion de cycle de vie, qui permet une représentation simple des choix individuels de consommation et d’épargne. On montrera qu’elle implique un lien entre l’évolution des structures démographiques (transition, vieillissement, etc.), l’accumulation patrimoniale et la croissance économique. On s’interrogera sur la relation, en économie ouverte, entre épargne, investissement et solde courant de la balance des paiements.

Acquis de première : équilibre emplois/ressources, allocation des ressources.

- 1.2. Quel est l’impact des variables économiques et démographiques sur le financement de la protection sociale ?

Notions : Répartition/capitalisation, taux de remplacement, ratio de dépendance, incitations pécuniaires, aléa moral, sélection adverse.

Indications complémentaires : On s’appuiera sur les exemples des retraites et de la santé en privilégiant le cas de la France. On exposera les principes de base des deux grands types de régimes de retraite (répartition et capitalisation). On s’interrogera sur les choix possibles en matière de ressources de ces régimes, de taux de remplacement, de durée de cotisation. On montrera comment la gestion des systèmes de santé est confrontée à la question de l’articulation entre une régulation marchande et une régulation administrée : dans les deux cas se posent des problèmes d’incitation et d’asymétrie d’information (tarification à l’acte ou budget global, liberté d’installation et équité dans l’offre de soin, ticket modérateur, etc.).

Acquis de première : prélèvements obligatoires, production marchande et non marchande, asymétries d’information, relation d’agence, fonctions économiques de l’État, revenus de transfert, solidarité, État-providence.

2. Stratégies d’entreprises et politique de concurrence dans une économie globalisée

- 2.1. Dans quelles circonstances les entreprises peuvent-elles exercer un pouvoir de marché ?

Notions : Monopole discriminant, barrière à l’entrée, faiseur de prix.

Indications complémentaires : En faisant référence au programme de première, on rappellera la diversité des structures de marché et la notion de pouvoir de marché, qui permet aux entreprises d’élaborer des stratégies concurrentielles. On analysera la nature et la variété des barrières à l’entrée qui expliquent l’existence d’un pouvoir de marché et sa persistance. À l’aide d’exemples simples (tarification dans les transports, dans les télécommunications, etc.), on étudiera les stratégies de prix du monopole discriminant.

Acquis de première : oligopole, monopole, pouvoir de marché, preneur de prix, coût moyen/marginal, recette moyenne/marginale.

- 2.2 Quel est le rôle de la politique de la concurrence ?

Notions : Abus de position dominante, cartel de producteurs, marché pertinent.

Indications complémentaires : En s’appuyant sur des exemples, on montrera que la politique de la concurrence s’exerce non seulement à l’égard des entreprises mais aussi en matière d’intervention publique. On soulignera que cette politique est source de débats quant à la place de l’État dans la production de services collectifs et dans la mise en œuvre de la politique industrielle. On présentera quelques cas dans lesquels les autorités de la concurrence, en France et à l’échelon européen, sont intervenues pour protéger les intérêts des consommateurs.

Acquis de première : fonctions économiques de l’État, marchés concurrentiels, marchés imparfaitement concurrentiels, pouvoir de marché.

3. Instabilité financière et régulation

- 3.1. Qu’est ce que la globalisation financière ?

Notions : Actifs financiers, devises, intermédiation financière.

Indications complémentaires : On présentera les principaux marchés financiers (marchés des changes et marchés des capitaux) et le rôle économique de chacun d’entre eux. On identifiera les différents acteurs y réalisant des transactions (entreprises, investisseurs institutionnels, etc.). On insistera sur l’interdépendance des différents marchés et sur l’importance de l’information pour leur fonctionnement. On analysera le triple processus de désintermédiation, déréglementation et décloisonnement qui caractérise l’évolution des marchés des capitaux depuis les années 1990 et conduit à la constitution d’un marché mondial des capitaux.

Acquis de première : financement direct/indirect, taux d’intérêt, risque de crédit.

- 3.2. Comment expliquer les crises financières et réguler le système financier ?

Notions : Aléa moral, risque systémique, comportement mimétique, régulation.

Indications complémentaires : On présentera les mécanismes susceptibles d’engendrer un choc systémique, en insistant particulièrement sur les déséquilibres macro-économiques, les anticipations mimétiques et l’aléa moral. L’exemple d’un marché de matières premières permettra d’illustrer les problèmes posés par la volatilité des cours. On présentera quelques instruments de régulation des marchés financiers : réglementation prudentielle, contrôle des agents et activités soumis au risque de conflits d’intérêts (agences de notation, titrisation, etc.), contrôle de la finance dérégulée (paradis fiscaux, fonds spéculatifs, etc.), mesures visant une plus grande transparence des marchés.

Acquis de première : asymétrie d’information, risque de crédit, bilan.

Savoir faire applicables aux données quantitatives et aux représentations graphiques

L’enseignement d’économie approfondie doit conduire à la maîtrise de savoir-faire quantitatifs, qui ne sont pas exigés pour eux-mêmes mais pour exploiter des documents statistiques ou pour présenter sous forme graphique une modélisation simple des comportements économiques ou sociaux. Calcul, lecture, interprétation
- Proportions, pourcentages de répartition
- Moyenne arithmétique simple et pondérée, médiane, écart-type
- Évolutions en valeur et en volume
- Propensions moyenne et marginale à consommer et à épargner
- Élasticité comme rapport d’accroissements relatifs
- Mesures de variation : coefficient multiplicateur, taux de variation, indices simples et pondérés Lecture et interprétation
- Corrélation et causalité
- Tableaux à double entrée
- Taux de croissance moyen
- Représentations graphiques : histogrammes, diagrammes de répartition, représentation des séries chronologiques, y compris les graphiques semi-logarithmiques
- Représentation graphique de fonctions simples (offre, demande, coût) et interprétation de leurs pentes et de leurs déplacements

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