La lettre de l’APSES n°11 (Septembre 2011)

Edito : Un nouveau défi à relever... COLLECTIVEMENT !

Les changements imposés d’en haut, en un temps record, sans bilan préalable de l’existant auprès des professeurs ou de leurs élèves, ni concertation (ou si peu), se multiplient pour les SES depuis 3 ans. Les injonctions contradictoires s’accumulent ainsi sur les épaules des enseignants entre, d’une part, des programmes de plus en plus lourds et de moins en moins cohérents, et, d’autre part, des conditions d’enseignement de plus en plus hétérogènes et incertaines.

L’enquête menée par l’APSES sur l’application du nouveau programme de seconde après un an de mise en œuvre dans les classes permet de mettre en évidence les difficultés récurrentes pour ne pas dire les souffrances professionnelles que le nouveau statut des SES en seconde engendre : impossibilité de traiter le nombre de questions imparties (8 sur les 10 au programme), sentiment d’amertume face à des élèves globalement moins impliqués, frustra- tion face à l’impossibilité de faire autre chose que du saupoudrage, etc. Et, alors que la part des élèves suivant un enseignement de SES a plus que doublé en seconde, passant de 40 à 85%, les prévisions d’orientation en première ES semblent marquer le pas, voire reculer légèrement. La déstabilisation de la série ES par la suppression des options Langues, Mathématiques et SES en première ne doit pas y être étrangère également.

Le nouveau programme de première, qui entre en application en cette rentrée 2011, est certainement le pire jamais publié en SES. Malgré la demande de moratoire émise par plus de 50% des professeurs de SES, la contestation de 11 associations du supérieur [1] et les doutes émis par Roger Guesnerie [2] ou Hubert Kempf [3], rien n’a pu faire cesser le déni de réalité du ministère et du groupe d’experts. Face à ce mur d’obstination qui nous plonge, avec nos classes de première, dans la plus grande incertitude professionnelle, l’APSES prend ses responsabilités en proposant à l’expérimentation un programme de contournement du programme officiel pour reprendre la main collectivement, et dans un cadre unificateur, sur notre métier et notre matière. Afin de rendre cette expérimentation opératoire dans le plus grand nombre de classes, nous lançons également SESâme, un manuel de contournement gratuit et public en ligne. Comme pour le programme de seconde, l’APSES proposera une enquête, dans un an, sur la mise en œuvre du programme de première dans les classes. Une initiative inédite qui vise à contrecarrer la casse de notre enseignement sans en faire payer le prix aux élèves actuels. Et, plus profondément, à montrer que l’irresponsabilité se situe bel et bien au sommet et non dans les classes.

Marjorie Galy, présidente de l’APSES

Pour lire la Lettre de rentrée dans son intégralité, téléchargez ci-dessous le fichier pdf.

[1] Lire dans cette lettre (p. 6) « Nous refusons la liquidation des SES »

[2] Président de la commission d’audit sur les manuels et programmes de SES qui a déclaré lors d’une conférence organisée par l’Ecole de Paris du Management en octobre 2010 que « c’est à tort que ce programme se réclame de mon rapport », « ce nouveau programme de première est une caricature de ce qui est enseigné à l’université ». (http://video.ecole.org/podcast_IN181010/)

[3] Vice-président de l’Association Française de Science Economique (AFSE) qui a déclaré lors des Etats généraux des SES organisés par l’APSES en février 2011 que « c’est un programme à la fois académique et impatient. Il est académique, il me semble trop proche des enseignements tels qu’ils sont faits à la Faculté, à l’université ; il est impatient parce qu’il veut arriver trop vite au but. »

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