articles de ce dossier
articles de la même rubrique

Communiqué de presse de l’APSES du 5 juillet 2011 : Épreuves de baccalauréat, nouveau passage en force du ministère ?

Après plusieurs mois de silence concernant la transformation annoncée des épreuves de SES au baccalauréat, le projet de note de service subitement rendu public par le Ministère apparaît particulièrement inquiétant.

La suppression pure et simple, sans bilan, de l’épreuve de synthèse, et son remplacement par une « épreuve composée » consacrerait une part importante à des questions de simple récitation de cours, sans documents. Celles-ci vont nécessiter un bachotage contraire à l’intérêt des élèves et à leur réussite dans l’enseignement supérieur, mais aussi renforcer les risques de fraudes à l’examen. La seule partie de l’épreuve qui aurait pu donner lieu à une réflexion personnelle interdit explicitement aux élèves de débattre, une tendance que l’on retrouve également pour l’épreuve de dissertation. Ce projet de transformation des épreuves de baccalauréat en SES sonne comme un aveu : quand on renverse à ce point les finalités d’un enseignement, il est nécessaire en effet de transformer radicalement les modalités d’évaluation. Le lycée ne doit-il plus former à l’exercice de l’esprit critique et de l’autonomie intellectuelle ? Les sciences sociales n’apporteraient-elles que des réponses définitives aux grandes questions économiques et sociales contemporaines ?

En dissertation, l’étude de textes devient optionnelle dans le dossier documentaire. Comment expliquer ce recul alors que les élèves ont plus que jamais besoin d’être accompagnés pour décrypter toutes les informations auxquelles ils sont confrontés. Savoir analyser un texte ne serait-il plus un enjeu essentiel, tant d’un point de vue éducatif que civique ?

Face à ces insuffisances, comment justifier que l’épreuve majeure du baccalauréat ES soit redéfinie sans information ni consultation réelle des enseignants ? Est-il responsable de vouloir transformer radicalement les modalités d’évaluation, sans même que les nouvelles épreuves n’aient pu faire l’objet d’expérimentation auprès des élèves ?

Pour ces raisons, l’APSES demande une modification du projet de circulaire et un moratoire sur l’application des nouvelles épreuves. Elle demande que celles-ci ne soient appliquées qu’à compter de la session 2014 afin de laisser le temps à une véritable concertation et à la prise en compte de l’expertise pédagogique des enseignants et de l’intérêt des élèves.

Contacts : Marjorie Galy – Présidente - marjorie.galy@wanadoo.fr Erwan Le Nader - Vice-président - erwan.le.nader@gmail.com Patricia Morini - co-secrétaire générale - patricia.morini@laposte.net Kevin Hédé – co-secrétaire général - kevin.hede@gmail.com

Apses.org | Association des Professeurs de Sciences Économiques et Sociales