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Le Ministère doit donner le temps nécessaire à l’élaboration des nouvelles épreuves de baccalauréat

La mise en place de la réforme des lycées donne lieu à une réforme des épreuves de baccalauréat :

-  Le dossier documentaire de la dissertation, maintenue, ne comporterait plus que 4 documents factuels et pourrait ne comporter aucun texte. Le libellé du sujet de dissertation ne suggérerait ni un plan ni une problématique.

-  La question de synthèse serait remplacée par une « épreuve composée », qui comporterait 3 parties portant sur 4 thèmes différents du programme :

* deux questions de cours, dont une de sociologie, sans document, sur 6 points * une question d’exposé d’un mécanisme économique, sans document, sur 4 points * une question d’argumentation, avec deux documents, sur 10 points

Si les épreuves actuelles ne sont pas exemptes de défauts et doivent évoluer, nous dénonçons la précipitation et l’opacité dans lesquelles les nouvelles épreuves sont conçues.

Comment expliquer que l’épreuve majeure du baccalauréat ES puisse être redéfinie si vite et en catimini par quelques personnes au sein du Ministère sans informer ni consulter les enseignants qui seront chargés d’y préparer leurs élèves ? Comment envisager de transformer radicalement les modalités d’évaluation des élèves, sans même que les nouvelles épreuves n’aient pu faire l’objet de tests approfondis auprès des élèves, comme cela avait été le cas au milieu des années 1990 ? (le ministère prévoit d’entériner ces nouvelles épreuves par une circulaire publiée fin août 2011).

À ces critiques sur la méthode s’ajoutent des interrogations très vives sur le fond des transformations. La minoration, voire disparition, des documents textes constituerait un handicap sérieux pour la réussite des bacheliers ES dans l’enseignement supérieur. La prépondérance de questions de simple restitution de connaissances ou la volonté d’éluder les débats risque de se faire au détriment du développement de la réflexion personnelle des élèves, et entraînera certainement un bachotage encore plus important qu’aujourd’hui dans les classes ainsi qu’une éviction encore plus importante de la dissertation. La disparition pure et simple de la QSTP transformerait profondément nos façons d’enseigner et de former nos élèves à l’argumentation longue et nuancée dont ils ont pourtant besoin pour réussir dans le supérieur.

On ne peut que déplorer qu’une fois de plus, les enseignants ne soient pas pleinement associés aux changements qui sont apportés à leur discipline. Ces changements sont imposés "d’en haut", alors même que les enseignants auraient sans doute eu beaucoup d’idées à soumettre au débat pour faire améliorer ou construire de nouvelles épreuves. Ils sont en effet très bien placés pour connaître les intérêts et défauts des épreuves, mais leur expertise professionnelle est une fois de plus déniée.

Pour ces raisons, l’APSES demande un moratoire sur l’application des nouvelles épreuves, tant qu’une véritable concertation avec les enseignants n’aura pas débuté.

Apses.org | Association des Professeurs de Sciences Économiques et Sociales