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Querelles idéologiques sur le cours de sciences éco (Revue de presse)

Le républicain lorrain 15 mars 2011


A lire en ligne sur le site du Républicain lorrain

La réforme en cours de l’enseignement des sciences économiques et sociales (SES) au lycée est au cœur de vives tensions entre ministère et association des professeurs de SES qui réclame un moratoire.

Olivier Vial, ancien président de l’Uni (la droite universitaire) ne mâchait pas ses mots dans une chronique publiée récemment sur le net : « La consultation nationale sur les programmes scolaires pour la classe de terminale des séries générales a débuté […]. Des programmes de sciences économiques et sociales (SES) allégés en Marx et débarrassés des " bourdieuseries " superflues : voilà ce que devraient étudier les lycéens français à la rentrée 2012. » Voire… Car avec une association des professeurs des SES (Apses) vent debout contre la réforme en cours, celle-ci ne semble pas acquise (lire ci-dessous). Pourtant, celle-ci a, en fait, déjà débuté et accompagne celle des lycées.

Ainsi, depuis la rentrée dernière, les classes de seconde suivent des enseignements rénovés dans cette matière. À la rentrée prochaine, ce sera le tour de celles de première puis des terminales à la rentrée 2012. Un mouvement de fond initié en 2008 par Xavier Darcos, alors ministre de l’Éducation nationale, à la suite de deux rapports sur l’enseignement de l’économie dans les lycées, l’un émanant de l’Académie des sciences morales et politiques l’autre d’une mission d’audit sur les manuels et programmes de sciences économiques et sociales présidée par Roger Guesnerie, professeur au Collège de France. Ces deux documents avaient pointé assez durement les insuffisances des manuels et le caractère « gravement défectueux » des enseignements. Parmi les principaux griefs avancés, des choix de textes et des illustrations relevant « trop souvent de présupposés – dans certains cas assez idéologiques – notamment vis-à-vis du marché ».

Procès d’intention

Des objections relevant du « procès d’intention » selon les enseignants mis en cause, dont la représentation a notamment formulé récemment une série de contre-propositions pour un programme raisonné de l’enseignement des SES en classe de terminale. Contre-propositions rappelant notamment que « l’enseignement de sciences économiques et sociales, comme tous les autres enseignements du secondaire, est un enseignement de culture générale » et réfutant à ce titre une approche trop technicienne de l’économie d’une part, et de la sociologie d’autre part.

Car celle-ci ne permettrait, en effet, plus la mise en place des éléments d’une réflexion sur « les économies et sociétés contemporaines, et ainsi concourir à la formation du citoyen apte à saisir les enjeux des choix relatifs aux questions économiques, sociales et politiques contemporaines. » Et de citer des exemples de questionnement qui irritent, semble-t-il, rue de Grenelle : « Dans quelle mesure la croissance favorise-t-elle le développement ? L’école favorise-t-elle la mobilité sociale ? En quoi les conflits sociaux sont-ils source de changement social ? Les stratégies d’internationalisation des firmes menacent-elles l’emploi ? Faut-il contrôler les flux de capitaux ? »

Tout un programme. Hervé BOGGIO.

Publié le 15/03/2011

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