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Propositions de l’Apses sur l’évolution des épreuves du baccalauréat

Vous trouverez ci-dessous les propositions de l’APSES en matière d’évolution des épreuves de baccalauréat ainsi qu’un sujet-zéro.

Nous les avons fait parvenir ce jour à Jean Etienne, Marc Montoussé et Jean-Michel Blanquer (directeur de le Dgesco).

Le document joint a été produit par un petit collectif de professeurs de SES de l’APSES car, jusqu’à ce jour, l’APSES n’a pas été associée aux travaux de l’inspection générale sur les nouvelles épreuves.

L’APSES avait pourtant formulé des critiques vis à vis de la nouvelle épreuve proposée par l’Inspection (Rappel propositions de l’inspection générale élaborées par Marc Montoussé ici).. Vous trouverez ces critiques dans le mail envoyé par l’APSES au Doyen Jean Etienne, que nous reproduisons ci dessous

Erwan Le Nader

— - Extraits du mail envoyé au doyen récemment :

"Suite à l’entrevue du mercredi 9 février, nous avons pu discuter au sein du bureau national des nouvelles modalités d’épreuve que Monsieur Etienne nous a présentées. En ce qui concerne la dissertation, la réduction du nombre de documents à 4 et la nature exclusivement ""brute"" des documents (texte ou statistique) pour la dissertation (afin notamment de pouvoir en rallonger la taille) nous semble aller dans le bon sens. Afin de favoriser encore son attractivité et d’inciter les enseignants à former leurs élèves à cet exercice ambitieux qui prend une place importante dans l’enseignement supérieur, il faudrait étudier la possibilité de proposer deux sujets de dissertation avec documents, au choix et sur des sujets différents. Cela renforcerait les chances que des élèves plus nombreux se portent sur cette épreuve et enverrait un signal clair (que celui-ci est fondamental pour la poursuite d’études dans le supérieur).

En revanche, au vu du sujet "zéro" que vous nous avez présenté lors de notre entrevue, la nouvelle épreuve sensée remplacer la QSTP comporte des défauts inquiétants à nos yeux :

- La séparation de la nouvelle épreuve en trois exercices complètement indépendants portant sur des thèmes différents du programme pourrait permettre d’évaluer les élèves sur un spectre plus large de savoirs et de méthodes. Cependant, cette stricte séparation aboutit à un morcellement des compétences évaluées qui ne permet plus par exemple d’évaluer la capacité à mettre en relation des savoirs (première partie de l’épreuve) avec des méthodes statistiques (seconde partie) ou la capacité à développer un raisonnement global (troisième partie) à partir des connaissances mises en oeuvre dans les parties précédentes.
- Les questions de "mobilisation des connaissances" risquent de donner lieu à des difficultés d’harmonisation inédites et, en retour, de renforcer la dérive encyclopédique et des démarches pédagogiques de plus en plus transmissives en classe avec les élèves (bachotage).
- La nature même des questions (où il s’agit avant tout de "montrer" et non de "s’interroger") risque d’éluder les débats, la capacité à nuancer, la mise en relation critique des théories et des faits, bref d’éloigner les élèves d’une posture réflexive donc scientifique.

Plutôt que de proposer une épreuve radicalement nouvelle dans des délais ne permettant pas une large concertation en amont (bilan de l’expertise des professeurs de SES formant et évaluant ces épreuves depuis de nombreuses années), pourquoi ne pas capitaliser sur la réflexion collective au cours des précédentes sessions du baccalauréat et chercher à améliorer la QSTP au regard des défauts reconnus par un grand nombre ?

- Interdire les documents qui invitent à la paraphrase et ne choisir que des documents "bruts" sur lesquels des savoirs (questions de cours) et savoir-faire (analyse d’un document statistique ou textuel brut) peuvent réellement être évalués.
- Poser un plus petit nombre de questions qu’actuellement, des questions sur les savoirs, des questions demandant la mise en oeuvre de savoirs-faire, mais aussi des questions qui invitent à discuter des limites de certains raisonnements ou à mettre en relation des raisonnements et des données factuelles.
- Ne pas donner le plan dans l’énoncé de la synthèse.
- ...

L’épreuve de remplacement de la QSTP nous semble, en l’état, beaucoup trop restitutive et cloisonnée, alors que les professeurs de SES ont l’ambition, en plus de transmettre de solides connaissances, d’amener leurs élèves à apprendre à élaborer une pensée argumentée.

Ces premières remarques nous amènent à vous redire qu’il nous semble donc indispensable et urgent d’associer davantage la profession à cette réflexion sur l’évolution de la seconde épreuve du baccalauréat."

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