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Communiqué de presse de l’APSES du 7 février 2011 : Le ministère doit sortir du déni

L’APSES organisait samedi 5 février les Etats Généraux des Sciences Economiques et Sociales à Paris. Cet événement a été un grand succès, tant par la qualité des interventions que par le nombre et la diversité des participants. Après que le ministère eut accordé une fin de non recevoir à toutes nos demandes lors de l’entrevue du 31 janvier, les discussions ont débouché sur des convergences pour que soient reconsidérés à la fois la place accordée aux SES au lycée et le contenu des programmes.

L’appel de Vitruve : des SES pour tous en seconde avec un horaire décent

L’APSES a rendu publics les résultats de son enquête sur les conditions d’enseignement en seconde après la mise en place de la réforme du lycée. Il en ressort une détérioration des conditions d’apprentissage des élèves, notamment du fait de la réduction drastique de l’horaire et de l’impossibilité de travailler en demi-classe dans la majorité des établissements. Comment concilier un traitement correct de l’ensemble des questions du programme et la nécessité d’aider les élèves à progresser, développer les aptitudes au travail sur documents, à l’argumentation, bref à s’approprier les postures intellectuelles nouvelles des sciences sociales ?

Ces résultats confirment l’incohérence d’avoir cantonné dans le même statut et avec le même horaire les SES avec des « enseignements d’exploration » où il s’agit pour la plupart d’approfondir les enseignements littéraires et scientifiques obligatoires au collège et en seconde. D’ores et déjà signé par des représentants de premier plan de la communauté scientifique en sciences sociales, l’Appel de Vitruve demande que les SES « ne soient plus traitées comme un « enseignement d’exploration » parmi d’autres mais soient intégrées dans le tronc commun de la classe de seconde avec un horaire revalorisé, comprenant des dédoublements obligatoires », un statut cohérent avec l’apport indispensable des sciences économiques et sociales à la formation citoyenne des lycéens.

Un moratoire sur l’application du nouveau programme de première s’impose

Les échanges de l’après-midi ont, à nouveau, clairement pointé les défauts du programme de première que le ministère cherche à imposer, non seulement contre l’avis des 2500 enseignants (sur 5000) qui ont signé la pétition de l’APSES demandant son report et sa refonte, mais aussi malgré les fortes critiques de la plupart des associations représentatives de la recherche en sciences sociales (notamment l’AESCP, l’AFEP, l’ASES et l’AFS). Ce programme qui se revendique pourtant dans son préambule du rapport dirigé en 2008 par Roger Guesnerie est contraire à ses principales préconisations (allègement et croisement des notions avec des objets d’étude qui doivent structurer le programme), ce qui a conduit son auteur principal à déclarer que « c’est à tort que l’on sollicite les conclusions de notre rapport pour justifier ce programme » [1]. Le désaveu est total.

A l’issue de ces Etats Généraux, l’APSES demande à nouveau solennellement au Ministère de cesser de rester sourd et aveugle aux profondes difficultés pédagogiques dans lesquelles, tant la réforme du lycée que la « rénovation » des programmes de SES, placent élèves et enseignants. L’ampleur des soutiens reçus par l’APSES doit conduire le Ministère à entendre ces demandes et à leur donner des réponses à la hauteur de l’enjeu que constitue la contribution de l’ensemble des sciences sociales à la formation citoyenne des lycéens.

Contacts :

Marjorie Galy – Présidente - marjorie.galy@wanadoo.fr Rémi Jeannin - Vice-président - jeannin.remi@gmail.com Erwan Le Nader – Co-secrétaire général - erwan.le.nader@gmail.com Patricia Morini - Co-secrétaire générale - patricia.morini@laposte.net

[1] Débat organisé par l’Ecole de Paris du Management, 18 octobre 2010

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