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Les lycéens plébiscitent l’économie, pas la réforme (Revue de Presse)

Vendredi 26/11/2010


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Par Veronique Soulé

Lorsqu’ils manifestent, les lycéens sont accusés d’être manipulés par des politiciens de gauche irresponsables. Lorsqu’ils sont interrogés pour un sondage, ils sont super fiables et leurs réponses deviennent paroles d’Evangile… Le ministère de l’Education vient ainsi de diffuser largement les résultats d’un sondage qui conforte ses réformes. Les lycéens y reconnaissent notamment que c’est utile de comprendre l’économie, qu’ils ne sont pas très forts et, qu’en conséquence, avoir des cours sur le sujet ne peut qu’être profitable. Pour le ministre de l’Education Luc Chatel, qui se félicite d’avoir « rendu l’économie obligatoire en seconde », c’est un satisfecit qui tombe à pic, alors qu’il a quelques difficultés à mettre en place une idée chère à Nicolas Sarkozy, les établissements de réinsertion scolaire (ERS) pour les élèves « très perturbateurs ».

Le sondage Ipsos (1) prouve surtout que les jeunes ne manquent pas de bon sens. Interrogés sur le fait de savoir s’ils jugent « utile d’avoir des connaissances en économie pour comprendre le fonctionnement du monde dans lequel nous vivons », ils sont 92% à répondre que oui. En pleine crise qui assombrit leur avenir, on aurait été étonné du contraire. La surprise vient plutôt des 8% qui répondent non. A la question « depuis la rentrée, tous les élèves de seconde suivent un enseignement obligatoire d’économie : est-ce un bon choix ? » les lycéens sont logiques avec eux-mêmes : 89% répondent par l’affirmative. Mais ils sont 11% à dire non : les 8% imperméables à l’économie et 3% dont on peut supposer qu’ils auraient préféré un enseignement facultatif.

La polémique qui a entouré cette réforme portait en fait sur tout autre chose. L’Association des professeurs de sciences économiques et sociales (Apses) protestait contre le nouveau programme de seconde de SES, expurgé de la notion de chômage, rétablie ensuite, et contre la réduction de deux heures et demie à une heure et demie hebdomadaire de l’enseignement de SES, désormais concurrencé par une autre matière appelée « principes fondamentaux de l’économie et de la gestion » (PFEG). Aujourd’hui, l’Apses réclame une refonte du programme de première applicable à la prochaine rentrée.

Il faut enfin signaler que dans le cadre des économies demandées aux ministères, le budget communication de l’Education a été sérieusement réduit. Les « campagnes institutionnelles » ont vu fondre leurs crédits. Mais ceux destinés aux études et sondages sont passés au travers.

(1) Réalisé par téléphone auprès d’un échantillon représentatif de 502 lycéens selon la méthode des quotas.

Apses.org | Association des Professeurs de Sciences Économiques et Sociales