articles de ce dossier
articles de la même rubrique

Les lycéens favorables à des cours d’économie en seconde (Revue de presse)

Le figaro du 24/11/2010


A Lire aussi sur le site Lefigaro.fr

53 % d’entre eux se jugent assez faibles ou très faibles dans cette matière.

Les lycéens, qui affirment à 57 % ne pas s’intéresser à l’économie, se disent néanmoins satisfaits de ce que cette matière soit devenue obligatoire en seconde cette année. Tels sont les enseignements de ce sondage effectué début novembre par Ipsos pour le ministère de l’Éducation nationale auprès de 502 lycéens pour évaluer un des aspects de la toute nouvelle réforme du lycée.

À 53 %, les adolescents se jugent assez faibles, voire très faibles, dans cette matière. S’ils se rejoignent à plus de 80 % sur le fait que les informations économiques sont « utiles » pour comprendre le monde ou pour réussir sa vie professionnelle, seule la moitié les juge « faciles à comprendre ». Pour les trouver, ils se fient avant tout à internet à 86 % ou à la télévision, loin devant leurs professeurs.

La moitié de ces jeunes estiment cependant que l’on « ne parle pas assez d’économie au lycée ». Assez logiquement, ils approuvent donc à 89 % l’instauration obligatoire de l’économie en seconde. « L’apprentissage de l’économie permet de décrypter le monde actuel. C’est ce qui manquait au lycée. D’autant que la crise a décuplé nos besoins de connaissances en économie. Les lycéens plébiscitent cette matière en seconde. C’est une prise de conscience. Et s’ils affirment ne pas s’y intéresser, c’est sans doute parce qu’ils n’ont pas encore tous les outils », commente le ministre de l’Éducation, Luc Chatel.

Avant cette réforme, effective depuis la rentrée 2010, seuls 43 % des élèves de seconde choisissaient l’option de sciences économiques et sociales (SES), deux heures et demie par semaine. Près de six élèves sur dix n’entendaient jamais parler d’économie lors de leur première année de lycée.

Luc Chatel demande désormais à tous les lycéens de seconde de choisir entre cette même discipline, dont les programmes ont été modifiés et une nouvelle matière : principes fondamentaux de l’économie et de la gestion (Pfeg).

Selon le ministère, 60 % des élèves ont choisi l’option SES, à dimension macro économique et sociologique, et 40 % se sont tournés vers l’option gestion, davantage axée sur le fonctionnement des entreprises.

Cette réforme permet au ministre d’affirmer qu’il a mis en place « l’enseignement de l’économie pour tous », même si l’horaire a été réduit à une heure et demie par semaine, au grand dam de l’association des professeurs d’économie, qui critique un nouveau programme « trop chargé ».

Depuis trois ans, date à laquelle a été lancée l’idée d’une réforme du lycée, ­celle des programmes d’économie soulève les passions, car ces derniers abordent des sujets politiquement sensibles, comme les délocalisations, le chômage ou les conflits sociaux. Après le tollé suscité un temps par les programmes de seconde, c’est celui prévu pour la classe de première ES (économique) qui soulève depuis quelques semaines les protestations de l’association des professeurs de cette discipline, qui l’estime trop théorique et encyclopédique. « C’est normal qu’il y ait des débats », affirme Luc Chatel.

Marie-Estelle Pech

Apses.org | Association des Professeurs de Sciences Économiques et Sociales