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Communiqué de presse de l’APSES du 7 novembre 2010 : Monsieur Chatel, écoutez les enseignants de SES !

Alors que se tient à Lyon la 3ème édition des Journées de l’Economie, dont l’APSES est l’un des partenaires, ce sont désormais 2300 professeurs de Sciences Economiques et Sociales (dont déjà 10 académies dans lesquelles plus de 50% des enseignants sont signataires) qui ont d’ores et déjà signé la demande de moratoire du nouveau et très contesté programme de SES de première dont l’application est prévue pour la rentrée 2011. Et nous enregistrons chaque jour de nouvelles signatures. Les enseignants signataires demandent qu’un nouveau groupe d’experts élargi et représentatif de la pluralité du monde scientifique et des pratiques pédagogiques des enseignants soit constitué et que le ministère lui donne le temps indispensable à un travail de qualité.

Jamais un programme, quelle que soit la discipline, n’a suscité autant de mécontentement. Jamais un nouveau programme n’a autant consisté à remettre en cause une discipline que ce soit au niveau de ses finalités de formation, de son contenu et de ses pratiques pédagogiques. Dans le même temps, jamais un programme de SES n’a été conçu avec autant de précipitation, en quelques semaines au printemps dernier, et avec aussi peu de concertation. Pourtant les SES continuent de voir leurs effectifs s’accroître chaque année, preuve que la discipline est attractive : elle plaît aux lycéens, leur assure une solide culture générale économique et sociale et des méthodes intellectuelles rigoureuses qui leur offrent des débouchés diversifiés et de belles réussites dans l’enseignement supérieur. Pourquoi dénaturer une discipline qui marche ?

Quel est le destin d’un programme à ce point rejeté par ceux-là même qui sont censés l’enseigner ? Pourquoi le ministère refuse-t-il à ce point d’entendre et de prendre en compte l’expertise pédagogique des enseignants de SES ? Par sa lourdeur inédite, son aridité, ce programme ne pourra pas être enseigné dans les classes à la rentrée 2011, même armé de la meilleure volonté. L’enseigner reviendrait à se limiter au cours magistral, à appauvrir la diversité des dispositifs pédagogiques formateurs pour la poursuite d’études des bacheliers, et à donner une vision appauvrie des sciences sociales pour comprendre rationnellement les enjeux contemporains.

Aussi, l’APSES interpelle à nouveau le ministère pour qu’il entende la demande de moratoire exprimée par les 2300 enseignants de SES signataires de cet appel. Il est de sa responsabilité de publier des programmes enseignables, qui doivent faire consensus aussi bien dans la communauté scientifique que dans celle des enseignants du secondaire.

Apses.org | Association des Professeurs de Sciences Économiques et Sociales