La lettre de rentrée de l’APSES n°10 (septembre 2010)

ERRATUM Entre l’écriture de cet edito en juillet et son arrivée dans vos boites aux lettres, il y a eu quelques modifications. L’AG nationale aura lieu le samedi 16 octobre 2010 (et non le 26 septembre ou 2 octobre). Le stage national portera sur le thème de la fiscalité et se déroulera à l’Auberge de jeunesse d’Artagnan de Paris les 3 et 4 février 2011 (et non en novembre).

Edito

Se mobiliser dès la rentrée

L’année écoulée a été particulièrement intense pour l’APSES et dramatique pour les SES et leur série : rabotage des horaires de 25% de la seconde à la terminale, hold up sur les contenus et nos expériences pédagogiques collectives, déstabilisation à prévoir de la série ES avec la suppression des options langues, mathématiques et science politique et création d’enseignements concurrents aux SES (PFEG, Droit et grands enjeux contemporains).

Dans un contexte politique, économique et social anomique, pétri d’hostilité face aux sciences sociales dans leur ensemble, de division syndicale et d’absence de projet alternatif audible pour le lycée, l’APSES n’a pu, qu’à la marge, limiter les dégâts. Un gros travail de mobilisation des professeurs de SES, bien au-delà des seuls adhérents, d’information des médias et des élus a été fait. Mais il n’a, à ce jour, pas été suffisant pour nous sortir de la posture défensive face aux attaques du Ministère, qui a choisi le passage en force (première réforme du lycée adoptée par décrets, procédures expéditives et opaques de rénovation des programmes notamment). Pourtant, la pétition en ligne, demandant le report de l’application du programme de première et la recomposition du groupe d’experts, lancée par l’APSES, au moment des commissions académiques de bac, a recueilli pas moins de 2000 signatures d’enseignants de SES en une dizaine de jours seulement bien au-delà des seuls 1274 adhérents de l’APSES. Ce succès témoigne du profond malaise qu’entraîne le programme du groupe d’experts malgré les amendements (cosmétiques). Le ministère, les membres du groupe d’experts et l’inspection générale auraient tort de ne pas en tenir compte. Cette pétition peut encore être signée en ligne.

Cette mobilisation doit donc se poursuivre en 2010-2011 pour obtenir des inflexions. Il nous faudra accroître encore le coût politique de la liquidation programmée des SES par le ministère, participer, en parallèle des actions syndicales, à la faillite de la réforme du lycée qui relègue et détériore les SES, enrichir encore notre répertoire d’actions collectives, développer nos réseaux au sein du monde éducatif, médiatique et politique. Mais nous devons également continuer à regarder haut et loin devant, continuer à faire vivre la visée émancipatrice de notre enseignement dans nos classes, continuer à mutualiser nos supports et pratiques, réfléchir collectivement aux relations entre le "curriculum formel" (imposé par les programmes) et le "curriculum réel" (issu de nos pratiques) et sur l’évaluation. En effet, que l’on appelle cela de la désobéissance pédagogique ou du pragmatisme professionnel, les nouveaux programmes de seconde et première demeurent des programmes inenseignables en l’état, compte tenu des conditions d’enseignement et malgré les améliorations issues de nos mobilisations. Trois temps forts nous permettront dès la rentrée de poursuivre ces objectifs de mobilisation, de réflexion et de proposition : l’APSES appelle tous les enseignants de SES à rejoindre le mouvement de grève national du lundi 6 septembre, pour montrer par une grève d’ampleur les difficultés que la réforme fait apparaître dans les lycées, mais également le sort qu’elle réserve à notre enseignement ; une Assemblée Générale extraordinaire est convoquée le 25 septembre ou le 2 octobre afin de décider solennellement d’une position collective concernant l’application des programmes de seconde et de première ; fin novembre, un stage national invitera des chercheurs en sciences de l’éducation pour nous permettre d’aller plus loin dans la réflexion sur l’articulation entre les programmes et nos pratiques.

En cette rentrée qui présente des défis particuliers pour les Sciences Economiques et Sociales, nous appelons plus que jamais l’ensemble des enseignants de SES à nous rejoindre et adhérer à l’association pour peser sur les décisions futures et promouvoir notre enseignement.

Marjorie GALY

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