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Le gouvernement remet le cap sur l’enseignement de l’économie (revue de presse)

Les échos - 2 septembre 2010


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Le gouvernement remet le cap sur l’enseignement de l’économie

Les élèves de seconde suivront dorénavant un enseignement obligatoire de l’économie. Un condensé de notions pour remédier au « manque de culture économique de la France », malgré la réticence des professeurs

JEANNE DUSSUEIL, LES ECHOS

La question du pouvoir d’achat sera posée aux élèves de seconde. Fruit de la réforme, pour cette rentrée, l’économie fait son entrée dans les emplois du temps, dès la première année du lycée. « Dans un monde moderne, il est essentiel d’offrir aux élèves un bagage économique (…) On manque de culture économique en France », a affirmé Luc Chatel, ministre de l’Education, en visite au Lycée Jean-Pierre Vernant de Sèvres (Hauts-de-Seine). Au choix, deux matières économiques obligatoires : l’ « enseignement économique et social » (SES), et l’option « principes fondamentaux de l’économie et de la gestion » (PFEG), chacune d’une durée hebdomadaire d’1h30, soit un total de 54 heures. Selon les premiers chiffres du ministère, pour cette rentrée 2010, près de 60% des élèves de seconde ont choisi SES, et 40% se sont tournés vers l’économie et la gestion (PFEG), quand, l’année passée, le taux des élèves de l’ancienne option gestion atteignait 8%. Placée sous la bannière de « l ‘économie pour tous », la nouvelle matière obligatoire inscrite au programme doit faire oublier ce que Luc Chatel a reconnu être le tâlon d’Achille de l’enseignement. « Nous voulons qu’en seconde, les élèves soient capable de faire la différence entre le chiffre d’affaire et le bénéfice », explique t-on dans l’entourage du ministre. Les thèmes proposés par le ministère visent à éclairer « tout citoyen qui veut comprendre le fonctionnement de l’économie et de la société dans laquelle il vit », pour un florilège de notions telles que « le chômage », pour l’option SES, ou :« à quoi sert une banque ? » pour les élèves de l’option PFEG.

Désengorgement de la filière scientifique

Avec seulement 43% d’élèves familiarisés aux sciences de l’économie en 2009, la réforme de la seconde inaugurée au Lycée de Sèvres par Luc Chatel fixe également pour objectif de réequilibrer les trois filières principales du lycée général. L’économie et la gestion doivent ainsi réorienter les futurs bacheliers vers des voies autres que la filière scientifique, perçue comme la seule voie d’accès aux grandes écoles, et la filière littéraire, considérée comme une solution de repli. « Deux couloirs d’enseignement à cause desquels certains élèves ne recevaient aucune notion d’économie », admet un conseiller. Mais les enseignants des Sciences Economiques et Sociales ne l’entendent pas ainsi, à l’image de l’APSES (l’association des professeurs des sciences économiques et sociales) qui a appellé ses 1.300 adhérents -sur 4.500 professeurs, à manifester le 6 septembre prochain. Ils dénoncent « l’empilement de 170 notions contre 100 dans le programme actuel ». Une démarche qui ne favoriserait pas le développement de l’esprit critique de l’élève. Et les plaintes du corps professoral commencent à émerger. « Une enseignante de SES de l’Académie de Lille s’occupe de treize classes de seconde, avec des effectifs supérieurs à 38 élèves... », explique Marjorie Galy la présidente de l’Association. « Sans de dédoublement d’effectifs et les contraintes horaires, le temps passé avec l’élève sera moindre », ajoute t-elle. Autre difficulté à surmonter sur le terrain, les manuels des élèves qui ne devraient pas être livrés à temps dans tous les lycées.

Apses.org | Association des Professeurs de Sciences Économiques et Sociales