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Communiqué du 8 juin de l’AECSP : La microéconomie et ses robinsonnades ne font pas un programme !

Communiqué de l’Association des Enseignants et Chercheurs en Science politique sur le projet de programme de SES en classe de 1ère

La microéconomie et ses robinsonnades ne font pas un programme !

L’Association des Enseignants et Chercheurs en Science Politique (AECSP) a pris connaissance du projet de programme de Sciences économiques et sociales (SES) en classe de 1ère. D’abord, elle constate avec regret la disparition de l’option de science politique qui était jusque-là proposée aux élèves de la série ES. Cette disparition est désolante tant il est pourtant évident que les lycéens ont tout à gagner à savoir comment s’organise une démocratie, comment se produisent les actes de gouvernement et dans quelles conditions les activités économiques et sociales prennent forme dans des institutions. La science politique n’a pas totalement disparu, il est vrai. Et l’AECSP sait gré à Yves Deloye, professeur de science politique, membre du groupe d’experts, d’avoir, malgré l’orientation générale qui a prévalu, défendu les thématiques qui sont habituellement du ressort de la science politique.

Plus généralement, l’AECSP déplore que ce projet de programme, pléthorique par son contenu, présente une nette préférence pour la science économique, au détriment d’une approche équilibrée et croisée des disciplines des Sciences économiques et sociales. Les SES étaient l’un des derniers enseignements où l’on s’efforçait de tenir ensemble différentes disciplines et domaines d’observation des sciences humaines et sociales en vue de comprendre avec rigueur et curiosité la réalité sociale. Cette méthode pluridisciplinaire n’avait pas qu’un intérêt scientifique. Elle présentait aussi l’avantage de préparer au mieux les élèves aux études supérieures et ce, quels que soient la voie choisie et le type d’enseignement supérieur privilégié. C’est toute l’utilité d’un enseignement général. Mais en faisant comme si les élèves souhaitaient massivement fréquenter la filière de science économique et, accessoirement, celle de sociologie, ce qui est loin d’être le cas, on obscurcit malheureusement le champ des possibles en matière d’orientation. De plus, si la science économique domine, c’est la microéconomie et ses robinsonnades qui y occupent la plus large place. Cette foi d’un autre âge, comme on pouvait malheureusement s’y attendre, place les questions de chômage, d’inégalités et de rapports de classe au rang de points subsidiaires. Cette orientation doit être comprise comme un véritable choix politique effectué par le ministère dont le président du groupe d’experts a, de fait, été le libre serviteur, pour mettre les sciences sociales à distance du lycée. Dans ces conditions, le retrait du président de l’Association des Professeurs de Sciences Économiques et Sociales (APSES) du groupe d’experts est tout à fait justifié.

Parce que ce nouveau programme, s’il était appliqué, ne serait pas à la hauteur des enjeux scolaires, intellectuels et sociaux de notre temps, l’AECSP appelle ses membres à manifester leur soutien auprès des enseignants de SES et de l’APSES. L’AECSP demande au groupe d’experts de revoir sa copie en faveur d’un programme fidèle à l’esprit fondateur des SES, qui soit véritablement pluridisciplinaire et au sein duquel la démarche inductive constitue le point de départ de toute compréhension du monde social.

Le Bureau de l’AECSP Contact : bureau.aecsp@gmail.com

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