Question écrite du député du Nord, Jean-Luc PERAT

Question n° 01-79656 : du :date non fixée

Alerté par la mobilisation de professeurs de sciences économiques et sociales (SES), M. Jean-Luc Pérat attire l’attention de M. le ministre de l’éducation nationale sur le programme et l’enseignement des SES et la déstabilisation de la filière ES du lycée. Après avoir fait l’unanimité contre lui, le projet de programme SES en classe de seconde a été quelque peu modifié sous la pression de parents, professeurs, universitaires. Tant mieux, mais le dialogue et la consultation doivent se poursuivre pour réussir un enseignement réellement connecté à la réalité et aux défis économiques et sociaux d’aujourd’hui. Après la démission d’un sociologue du groupe d’experts chargé de proposer un nouveau programme, la sociologie retrouve un peu de place et le pluralisme théorique de l’économie fait son retour. Pour autant, les enseignants sont toujours inquiets. Ils déplorent plusieurs carences, à commencer par l’approche sociologique de l’entreprise qui disparaît. L’entreprise demeure une entité abstraite sans relations sociales de travail car elle n’est abordée que sous l’angle exclusif de la combinaison de facteurs de production. De même, l’année de la mort de Claude Lévi-Strauss, les enseignants constatent l’absence de l’étude anthropologique de la famille qui permet d’appréhender la diversité des formes de parenté et d’alliance et donne aux élèves un regard distancié sur leur vécu. Ces suppressions représentent un manque indéniable face aux questions que des élèves de seconde se posent et pour lesquelles la pluralité de sciences sociales est un atout pour leur fournir une compréhension rationnelle des enjeux. Au-delà de ces modifications, les professeurs considèrent que les conditions d’enseignement des SES en seconde à la prochaine rentrée demeurent inacceptables. Ils revendiquent pour les SES un statut et une place à part en classe de seconde, car elles sont le seul enseignement général central d’une série à ne pas être présent dans le tronc commun. Ils souhaitent obtenir un cadrage national pour 1 heure dédoublée et un accroissement du volume horaire au-delà des 90 minutes chichement octroyées. Ces revendications leur semblent incontournables pour impliquer leurs futurs élèves dans ces nouveaux champs de savoir et assurer la transmission d’une culture générale fondamentale en sciences économiques et sociales. L’objectif est de développer l’intérêt des jeunes afin qu’ils acquièrent une posture intellectuelle leur permettant d’appréhender de façon rigoureuse le monde économique et social. Par ailleurs, les enseignants mobilisés dénoncent toujours une réduction incompréhensible des horaires de SES en terminale. Ils constatent que sa réforme diminue de 25 % les horaires de SES de la seconde à la terminale. Ils réclament également des garanties sur la composition, l’autonomie et le calendrier du groupe d’experts chargé de proposer de nouveaux programmes en cycle terminal. Enfin, les professeurs de cette discipline craignent que la précipitation ne conduise aux mêmes écueils que ceux constatés lors du précédent programme de seconde : oubli de l’intérêt des élèves, intrusion permanente du cabinet dans le travail du groupe, appauvrissement des finalités de formation des SES. En tout état de cause les enseignants demandent que les programmes de cycle terminal soient élaborés dans des délais permettant une réflexion approfondie et une réelle concertation afin de retrouver un climat de confiance.

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