Question écrite du député député de Seine Saint Denis Patrick BRAOUZEC

M. Patrick Braouezec interroge M. le ministre de l’éducation nationale sur un certain nombre de carences que porte le projet de programme de SES pour la classe de seconde, même si depuis le premier projet il y a eu quelques modifications, non négligeables, obtenues grâce à la mobilisation des enseignants de cette matière. Si cette nouvelle version du programme est davantage lisible et attractive pour les élèves sortant de la classe de troisième -la sociologie y retrouve une place conséquente et le pluralisme théorique de l’économie fait son retour- pour autant ce projet comporte toujours un certain nombre de carences. L’approche sociologique de l’entreprise disparaît, cette dernière n’est plus abordée que sous l’angle exclusif de la combinaison de facteurs de production et demeure une entité abstraite sans relations sociales de travail. Il faut aussi déplorer l’absence de l’étude anthropologique de la famille, ce qui devrait permettre d’appréhender la diversité des formes de parenté et d’alliance et donner aux élèves un regard distancié par rapport à leur vécu. Pourtant, ces deux thèmes traités de manière lacunaire, ainsi que le font remarquer de nombreux enseignants de SES, représentent un manque indéniable face aux questions que des élèves de seconde se posent et pour lesquelles la pluralité des sciences sociales mobilisées en SES est un atout pour fournir une compréhension rationnelle des enjeux aux élèves. Par ailleurs, au-delà des changements, les conditions d’enseignement des SES en classe de seconde à la prochaine rentrée demeurent inacceptables, ainsi de l’horaire fixé à 90 minutes. Il faut convenir que cet enseignement, qui concourt à la formation générale des lycéens et à l’élaboration d’une orientation éclairée, ne peut être traité de la même manière que les enseignements exploratoires dérivés de matières de tronc commun ( Lettre et société ou Méthodes et pratiques scientifiques, par exemple). En conclusion, il aimerait savoir ce que le gouvernement compte faire pour que les élèves soient réellement impliqués dans ces nouveaux champs de savoir afin qu’ils développent de l’intérêt pour les sciences sociales et qu’ils acquièrent une posture intellectuelle leur permettant d’appréhender de façon rigoureuse le monde économique et social.

Type de questions QE Ministère interrogé : EDU - Ministère de l’éducation nationale Question n° 01-78364 : du :date non fixée M. Patrick Braouezec interroge M. le ministre de l’éducation nationale sur les poursuites envisagées contre les enseignants et directeurs d’école qui oeuvrent pour la France et son avenir, dans le respect des droits de l’Homme et celui des Droits des Enfants. Les réformes engagées depuis deux ans bouleversent considérablement l’école primaire. Face aux nombreuses réactions de spécialistes de l’éducation, de scientifiques et d’anciens ministres de l’éducation Nationale, ces changements ne vont pas entraîner une efficacité accrue du système éducatif français. A tel point d’ailleurs, que de nombreuses organisations dévouées à l’enfance ainsi que la Ligue des Droits de l’Homme s’en sont alarmées. L’ONU, elle-même, par l’intermédiaire du Comité des experts aux Droits de l’enfant a interpellé la France sur sa mise en oeuvre de la Convention internationale des droits de l’enfant justifiant l’action des directeurs d’école qui refusent le fichage des enfants dans Base élèves. Les mesures prises l’ont été sans concertation ni consultation ; elles nient plus de quarante années de recherche portant sur l’enseignement et la pédagogie ; les programmes précédents (2002 puis 2007), à peine mis en place, n’ont fait l’objet d’aucune évaluation ; ceux de 2008, plus lourds en ce qui concerne l’enseignement du français et des mathématiques, réduisent la part de la recherche, de l’expression, de la création, pourtant universellement reconnues comme indispensables aux apprentissages ; les deux heures d’aide personnalisée et les stages de remise à niveau, qui sont accompagnés de la réduction et de la transformation des missions des enseignants des RASED, ne réduiront pas la difficulté scolaire pour les enfants fragiles et lents ; non seulement les évaluations nationales CM2 passées en janvier ne pouvaient en aucun cas permettre de déterminer les compétences acquises puisque certains item portaient sur des points du nouveau programme non encore travaillés par les enfants à cette date mais le texte principal des évaluations de CE1 proposé aux enfants pour de nombreux items de français était destiné, par l’éditeur lui-même, aux enfants de cycle 3. Face à ces mesures qui fait reculer l’école de plusieurs décennies, un certain nombre d’enseignants et des directeurs d’école, forts de leur conscience professionnelle et de leur investissement personnel dans leur travail, ont choisi de résister à la dégradation du service public d’éducation en refusant d’appliquer ces mesures. Ils sont aujourd’hui menacés de sanctions : retrait de salaire, retrait de fonction de direction, notes pédagogiques bloquées, avancements retardés voire rétrogradation, etc. En conclusion, il aimerait savoir ce que le gouvernement compte faire pour qu’aucune sanction ne soit prise à l’encontre d’enseignants, dont le sérieux et le professionnalisme ne peuvent être mis en doute, et qui ont pour souci essentiel une éducation créative, ambitieuse, émancipatrice pour une école suivant l’évolution de la société.

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