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Communiqué de Presse APSES-FIDL-SGL du 17 mars 2010 : Pourquoi le nouveau lycée remet-il en question la place et le contenu des SES ?

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Alors que le Ministre de l’Education Nationale Luc Chatel met en œuvre de manière précipitée une réforme du lycée, la FIDL, le SGL et l’APSES s’interrogent sur le sort réservé aux Sciences Economiques et Sociales : pourquoi le nouveau lycée remet-il en question leur place et leur contenu, alors même que leur renforcement est plus que jamais nécessaire dans le contexte actuel ?

1. La réforme du lycée marginalise les SES et remet en question les contenus d’enseignements

Avec la réforme Chatel, les SES sont reléguées à un simple enseignement optionnel d’1h30 hebdomadaire, le plus souvent devant des classes de 35 élèves, alors même que cette discipline, en tant qu’enseignement d’exploration, ne sera plus évaluée. Quelles conditions d’apprentissage le Ministre pense-t-il ainsi offrir à des lycéens qui découvrent une discipline nouvelle, absente du collège, et qui est pourtant la discipline pivot de la série ES dans le lycée général ? Comment penser que cette organisation leur permettra de s’approprier les savoirs et méthodes propres aux sciences sociales qu’ils doivent découvrir ?

Par ailleurs, les programmes de la classe de seconde, soumis à consultation jusqu’au 12 mars et élaborés en moins d’un mois, comportent un certain nombre de défauts criants : inadaptés aux élèves de 15 ans, ils privilégient un "empilement de notions", parfois complexes (coût marginal, élasticités etc.) au détriment du traitement de questions d’actualité qui pourraient donner du sens à leurs apprentissages. Ce sont entre autres les thèmes du chômage, des inégalités, ou du pouvoir d’achat qui disparaissent du nouveau programme. S’agirait-il de donner aux lycéens une vision aseptisée du monde social auquel ils sont pourtant confrontés tous les jours ? Et comment expliquer également la marginalisation de la démarche sociologique, reléguée pour partie en fin de programme, avec un statut facultatif ? A cet égard, le projet proposé par l’APSES constitue une bien meilleure base de réflexion, à poursuivre avec l’ensemble de la communauté éducative, de ce que pourraient être le futur programme de SES en classe de seconde.

2. Pourtant les lycéens demandent plus que jamais des SES pour comprendre le monde qui les entoure

Les choix qui sont opérés par le Ministère interrogent grandement. Notre démocratie exige des citoyens aptes à comprendre le monde qui les entoure. Les apports de la science économique et des autres sciences sociales – sociologie, science politique, anthropologie - apparaissent essentiels pour appréhender de nombreux phénomènes du monde contemporain, tels le fonctionnement des entreprises ou des marchés, la croissance économique ou la crise financière, la montée de l’abstentionnisme, les grandes transformations de la famille ou de la protection sociale…

Dans un contexte où il faut favoriser la poursuite d’études supérieures chez les lycéens, il y a également nécessité de développer leur autonomie, leur capacité de réflexion et d’analyse. Or, c’est justement un des apports de l’enseignement de SES que de développer ces qualités chez les élèves. A travers les thèmes étudiés, les démarches pédagogiques employées, les connaissances et les méthodes mobilisées, il s’agit bien de leur permettre d’acquérir à la fois une démarche intellectuelle rigoureuse et les capacités nécessaires à la construction d’une réflexion autonome.

La FIDL, le SGL et l’APSES ne peuvent donc se satisfaire d’une réforme qui remet en question l’apport spécifique des SES à la formation citoyenne des lycéens, alors même que ceux-ci sont demandeurs d’éclairages qui leur permettent d’appréhender les questions contemporaines de manière rationnelle et d’exercer leur citoyenneté pleinement. Ils demandent donc à ce que cet enseignement se voit accorder, de la seconde à la terminale, la place qu’il nécessite et mérite dans le lycée du XXIème siècle.

Contacts : APSES sylvain.david3@free.fr, marjorie.galy@wanadoo.fr / FIDL info@fidl.org / SGL habib.bekhti@gmail.com, presse.sgl@gmail.com

commentaires (1 message)


  • Parce queeeeeeeeeeeeee !!! 17 mars 2010 19:23, par Robs

    C’est simple, parce que les cours actuels ne sont pas à la hauteur de ce qui attend les élèves dans la vie, la vraie : bénéfice, offre, demande, chiffre d’affaire, etc. Franchement, quand j’ai ouvert le manuel de ma fille, j’ai compris le pourquoi de cette réforme !

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