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Programmes de seconde : la pression monte (Revue de presse)

Alternatives économiques Article Web - 05 mars 2010


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Manuel Domergue | Article Web - 05 mars 2010

La fin de la consultation sur la réforme des programmes de sciences économiques et sociales et d’économie-gestion de seconde, fixée le 12 mars, approche à grands pas. Contre ces programmes, le front du refus se renforce.

La concertation lancée par le ministère, censée préparer la refonte des programmes de Sciences économiques et sociales (SES) et d’économie gestion en seconde, ne convainc pas les professionnels du secteur. Ceux-ci dénoncent très majoritairement une consultation de façade, puisque les grandes lignes du projet ont déjà été transmises aux éditeurs des manuels scolaires pour la rentrée prochaine. Estimant que le temps est trop court pour influer réellement sur le contenu des programmes qui devraient être présentés devant le Conseil supérieur de l’éducation le 1er avril 2010, de nombreux représentants de la communauté éducative demandent le report d’un an de la réforme.

Face au projet de programme concocté sous la pression du cabinet du ministre et sans tenir compte des réalités des élèves concernés, l’Association des professeurs de SES (APSES) a publié, le 9 février 2010, une proposition alternative de programme. Elle y met l’accent sur une démarche pédagogique plus adaptée au public de seconde, le traitement des questions contemporaines qui structurent le débat public, le pluralisme des approches économiques tout en donnant toute leur place, sacrifiée dans la proposition du ministère, aux autres sciences sociales. (voir notre article « La réforme des SES continue de faire des vagues »).

C’est notamment la raison pour laquelle, les professeurs de SES ont reçu le soutien des enseignants-chercheurs en sociologie (ASES) et science politique (AECSP), qui ont initié une pétition intitulée « Pas de sciences économiques et sociales sans sciences sociales », dans laquelle ils fustigent « une approche anti-didactique faisant bien trop de place à la microéconomie », au contenu « pauvre et monocolore ». De nombreuses autres organisations ont exprimé des critiques convergentes, qu’il s’agisse de l’Association française de sociologie (AFS), des syndicats lycéens UNL et FIDL, ou des syndicats d’enseignants comme le SE-UNSA, le SNES ou le SGEN-CFDT. Critiques similaires en éco-gestion

Mais l’opposition aux nouveaux programmes ne concernent pas que les SES, l’association des professeurs de communication, d’économie et gestion (APCEG) exprime elle aussi sa « déception » devant la réforme de l’enseignement de l’économie en seconde. La discipline est en effet directement concernée par la nouvelle maquette prévue pour la rentrée prochaine, puisque les élèves de seconde générale devront désormais choisir obligatoirement un de deux « enseignements d’exploration » : « Sciences économiques et sociales » ou « principes fondamentaux de l’économie et de la gestion » (PFEG). Si l’APCEG se réjouit qu’un enseignement d’économie devienne obligatoire dès la seconde, elle déplore que le volume horaire (une heure trente par semaine) soit si restreint. Et critique des programmes « trop lourds et trop dogmatiques », qui « gomment tous les enjeux du monde contemporain », tels que la crise financière ou le droit du travail, et se résument à des notions à transmettre passivement aux élèves, au lieu de les insérer dans les débats d’actualité. Pour mieux connaître les attentes des professeurs d’économie et de gestion, l’APCEG a lancé un sondage en ligne jusqu’au 5 mars 2010.

L’APCEG insiste également pour que les deux enseignements d’exploration au choix en seconde (SES d’une part, « Principes fondamentaux de l’économie et de la gestion » d’autre part) « ne soient ni hiérarchisées, ni mis en concurrence ». L’association craint en effet que ces options, au lieu d’être considérées comme une réelle exploration, constituent une simple présélection déguisée entre d’un côté les élèves destinés notamment à la filière « ES » (« économique et sociale », ex-bac B) et ceux voués à la filière « STG » (« Sciences et technologies de la gestion », ex-bac STT, ex-bac G).

Professeurs de SES et d’éco-gestion demandent de concert une augmentation du volume horaire, des enseignements complémentaires et non conurrents, des enseignements qui laissent plus de place à la pédagogie et au débat. Et estiment que, pour tout cela, une année de réflexion supplémentaire avant la mise en place de la réforme ne serait pas du luxe...

Apses.org | Association des Professeurs de Sciences Économiques et Sociales