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Communiqué de presse de l’APSES du 3 mars 2010 : Programmes de SES, le ministère doit repartir sur de nouvelles bases

1. Un programme de seconde critiqué par l’ensemble de la communauté éducative

Le projet de programme de seconde en SES publié par le Ministère, et soumis à consultation jusqu’au 12 mars, a réussi a susciter les critiques de l’ensemble de la communauté éducative : • Chez les lycéens, l’UNL « dénonce un programme dogmatique et réducteur », tandis que la FIDL s’interroge : « Est-ce la fin d’une filière ES donnant une analyse des problèmes économiques et sociaux ? ». • Chez les syndicats d’enseignants, le SE-UNSA mesure l’ampleur des dégâts, le SNES dénonce « un programme dogmatique et inabordable pour les élèves », le SGEN-CFDT ne peut « passer sous silence l’absence de thèmes pourtant importants pour la lecture du monde comme l’emploi, le chômage, les inégalités ». • Chez les universitaires, l’Association Française de Science Economique (AFSE) demande au Ministre le « rééquilibrage nécessaire entre les approches microéconomiques et macroéconomiques » , l’Association Française de Sociologie (AFS) ne peut cautionner le « rétrécissement de la perspective sociologique », tandis que l’Association des Enseignants et Chercheurs en Science Politique (AECSP) et l’Association des Sociologues Enseignants du Supérieur (ASES) considèrent que le programme que le ministère veut imposer « constitue une régression ».

Nombre de ces critiques rejoignent celles exprimées par l’APSES, pour laquelle le projet du Ministère réoriente profondément les finalités de l’enseignement de SES , puisqu’il ne fait plus référence à la plupart des enjeux économiques et sociaux contemporains, marginalise les sciences sociales autres que la science économique, et s’avère peu attractif pour des élèves de 15 ans qui découvrent cette nouvelle discipline scolaire. Ces insuffisances soulignent les conditions d’élaboration problématiques de ce projet de programme, rédigé précipitamment et avec des interventions répétées du cabinet du Ministre dans les contenus du programme. L’APSES tient à rappeler à ce propos, que la participation de son Président, Sylvain DAVID, aux travaux du groupe d’experts, ne peut en aucune façon être interprétée comme un soutien au programme soumis à la consultation comme tente de le faire croire la communication ministérielle. Ces insuffisances montrent également l’incohérence de n’accorder aux SES qu’un statut d’enseignement d’exploration, à raison de seulement 90 minutes par semaine sans horaires dédoublés, et non d’enseignement de tronc commun, alors que tous les lycéens ont besoin d’avoir des connaissances solides en sciences sociales pour mieux s’orienter dans le cycle terminal, mieux se préparer à la poursuite d’études supérieures et mieux comprendre le monde qui les entoure dans des spécificités que seules les sciences économiques et sociales peuvent permettre d’analyser avec des savoirs solides. Au final, ce sont bien les élèves qui risquent de pâtir de cette marginalisation et de cette dénaturation des SES. Aussi l’APSES réitère sa demande qu’une place plus conséquente soit accordée à l’enseignement des SES dans le cadre de la réforme du lycée.

2. Repartir sur de nouvelles bases

Il n’est pas trop tard pour le Ministère de revenir sur les mauvaises orientations qu’il a prises jusqu’à présent. L’APSES a ainsi élaboré un projet de programme de seconde qui est un exemple de ce que pourrait être un nouveau programme. Ce projet a déjà reçu de nombreux soutiens, aussi bien du monde scientifique (plus de 400 universitaires y apportent leur soutien, de même que des associations d’enseignants du supérieur telles que l’ASES ou l’AECSP), que d’organisations syndicales ou lycéennes (FIDL, SNES). Sans prétendre être un projet idéal, le programme de l’APSES peut servir de guide à l’élaboration du programme définitif de seconde. L’APSES reste ouverte à toute discussion pour participer à l’élaboration des programmes de SES et améliorer la place de cet enseignement dans la nouvelle architecture du lycée afin de mieux répondre aux besoins des élèves. L’APSES s’étonne, à ce titre, que les propositions de rencontre qu’elle a adressées au Ministre soient restées lettre morte jusqu’à présent.

L’APSES demande donc :

-  Que l’horaire de SES en classe de seconde soit de 3h, comme d’autres enseignements d’exploration (langues par exemple).
-  Que le programme de SES de la classe de seconde bénéficie de dédoublements et que le travail des élèves y soit évalué.
-  Que le groupe d’experts de SES de seconde soit chargé de rédiger le programme définitif sur la base des propositions faites pendant la phase de consultation des programmes.
-  Que ce groupe d’experts travaille dans des conditions de totale indépendance du pouvoir politique.
-  Qu’un groupe d’experts élargi soit mis en place pour l’élaboration des futurs programmes de SES de première et terminale, où les enseignants du secondaire siègent à parité avec les enseignants du supérieur (économistes, sociologues sans oublier les politistes), et où siège également un spécialiste des sciences de l’éducation.
-  Que le ministère donne du temps à la rédaction des programmes. Le délai annoncé par le ministère pour l’élaboration du nouveau programme de première n’est pas acceptable (avril 2010). Il serait choquant que les prochains programmes de la classe de première et de terminale soient revus dans les mêmes conditions précipitées et expéditives que celui de la classe de seconde.

Contacts :

Président : Sylvain DAVID sylvain.david3@free.fr / 06 75 81 40 37 Vice-présidente : Marjorie GALY marjorie.galy@wanadoo.fr / 06 62 22 04 35 Secrétaires généraux : Renaud Chartoire - chartoire@aol.com Rémi Jeannin - jeannin.remi@gmail.com

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