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Écrivons à nos parlementaires à propos du programme de seconde (modèle de lettre)

Vous pouvez la recopier telle quelle ou la mettre à votre sauce. L’idéal est la voie postale mais le mail peut suffire.

- Écrire à son député

- Écrire à son sénateur

Monsieur/Madame le député/sénateur

Les professeurs de Sciences Économiques et Sociales attirent à nouveau votre attention sur les conséquences de la réforme Chatel des lycées pour leur matière. Après avoir réduit drastiquement les horaires de l’enseignement de SES, Luc Chatel s’attaque aux programmes de sciences économiques et sociales. En effet, rappelons qu’en l’état actuel de la réforme, chaque lycéen de seconde perdra une heure de SES par semaine (recul de 2h30 à 1h30) alors même que cet enseignement n’est pas présent au collège et qu’il doit à la fois favoriser une orientation éclairée et transmettre une véritable culture générale en Sciences Économiques et Sociales.

Mais cela nous vous l’avons déjà écrit et si nous réitérons cette démarche aujourd’hui c’est parce que le ministère est en train de changer profondément les finalités de notre enseignement en s’immisçant dans le groupe d’experts chargé de proposer un nouveau programme de seconde et bientôt de première. Cette intrusion a d’ailleurs conduit le sociologue François Dubet à démissionner du groupe d’experts. En plus de ces méthodes contestables, le projet de programme lui-même soulève nos inquiétudes. En effet, il conduit à évacuer nombre des questions de société qui faisaient l’intérêt des élèves pour notre enseignement : les transformations de la famille, les inégalités de revenus, le chômage, l’investissement et les relations professionnelles dans l’entreprise, les rapports homme/femme… A la place, le projet privilégie des notions théoriques et désincarnées de la microéconomie : élasticités, coûts marginaux, prix d’équilibre etc. Ces notions fondamentales dans la formation des étudiants en licence d’économie-gestion, sont inadaptées aux élèves de 2nde générale et technologique qui débutent en sciences économiques et sociales. Par ailleurs, le projet de programme imposé par le ministère marginalise les autres sciences sociales que l’économie alors que l’approche pluridisciplinaire est le cœur même de notre enseignement. Par exemple, s’il est instructif de montrer aux élèves que l’entreprise combine les facteurs de production pour maximiser son profit, il est aussi important de mettre en évidence qu’elle est également un lieu de rapports sociaux s’inscrivant dans une hiérarchie qui vise la coopération mais ne peut toujours éviter les conflits. Le nouveau programme, dans l’état actuel, néglige complètement ces exigences pédagogiques, et rend l’enseignement de SES déconnecté de la réalité économique et sociale. Pourtant pour répondre aux attentes et besoins des élèves, pour les aider à s’intéresser et mieux comprendre les enjeux économiques et sociaux du monde dans lequel ils vivent, l’enseignement de SES doit partir de questions qui fassent sens pour un jeune de 15 ans, et qui soient reliées aux débats qui structurent notre société. Nous craignons donc fortement que ce programme imposé par le ministère ne détourne les lycéens des enjeux économiques et sociaux au lieu de les y intéresser, ce qui est un comble quand on communique sur la généralisation de l’économie en seconde !

Aussi, nous vous demandons à nouveau d’interpeller le ministre de l’Education nationale tant sur la procédure d’élaboration de ce projet de programme que sur le résultat : un programme qui fait fi des réussites de l’enseignement de SES au lycée depuis 40 ans et une crainte de le voir ainsi être délaissé par les lycéens.

Apses.org | Association des Professeurs de Sciences Économiques et Sociales