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Le chômage fait tache dans les programmes (Revue de presse)

L’Humanité, 29 janvier 2010


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Enseignants et lycéens montent au créneau pour dénoncer la baisse du niveau des futurs programmes de sciences économiques et sociales, et les dangers de leur réorientation idéologique.

« Le ministère souhaite-t-il faire enseigner les “aspects positifs de l’économie” en SES  ? » interroge dans son communiqué l’Association des professeurs de sciences économiques et sociales (Apses). C’est une crainte avérée depuis la mise à disposition, mercredi, des nouveaux programmes d’économie de la classe de seconde. Enseignants et lycéens déplorent, par exemple, l’impasse totale faite sur les problématiques du chômage, du pouvoir d’achat ou encore la portion congrue laissée aux sciences sociales par rapport à l’économie. Cette réorientation des apprentissages va de pair avec la création d’une nouvelle discipline, fortement contestée par les professeurs de sciences économiques, et baptisée « principes fondamentaux de l’économie et de la gestion » (Pfeg).

« Choix dogmatiques »

Le gouvernement a donc tranché dans le bras de fer opposant les entreprises, favorables à cette option, où la microéconomie tient une place de choix, et les enseignants. Dans un rapport remis au gouvernement en 2008, une mission dirigée par Roger Guesnerie, professeur au Collège de France, avait mis l’accent sur le besoin de microéconomie et déploré que les SES insistent plus sur « les problèmes de notre société » que sur ses « réussites ». Sauf que l’actualité récente a montré combien ces « problèmes » étaient prégnants.

Dans ce contexte, que redoutent donc les entreprises  ? Que les jeunes lycéens développent leur esprit critique sur les enjeux des processus de précarisation et de discrimination  ? La Fidl, organisation lycéenne, n’a pas hésité à dénoncer « un formatage cérébral »  : « En enlevant tous les aspects sociaux du programme économique et social, le gouvernement espère-t-il faire de nos lycéens de braves moutons formés à la logique d’entreprise, prêts à se faire licencier, à être de bons soldats  ? » Même écho du côté de l’UNL, qui juge ce préprogramme « dogmatique ». L’association lycéenne rappelle ainsi que la crise frappe de plein fouet les jeunes, « premières victimes de la hausse du chômage et de la précarité ».

Ixchel Delaporte

Apses.org | Association des Professeurs de Sciences Économiques et Sociales