articles de ce dossier
articles de la même rubrique

Communiqué de presse de l’UNL : SES : L’UNL dénonce un programme dogmatique et réducteur !

28 janvier 2010


L’annonce du programme de Sciences Économiques et Sociales (SES) est un véritable bond en arrière. Alors que tous les programmes sont retravaillés, les inquiétudes soulevées par les lycéens apparaissent bien plus que légitimes.

Le Ministère doit revoir sa copie !

En effet, l’annonce du programme de SES ne peut que susciter de vives contestations. Alors que notre société subit une crise économique et sociale sans précédent où les jeunes sont les premières victimes de la hausse du chômage et de la précarité, le Ministère de l’Éducation Nationale décide tout simplement de ne plus étudier le chômage en seconde.

De plus, la densité des sciences sociales dans le programme est amoindrie au profit de la microéconomie. Ajouté à cela, la mise en évidence de l’idéologie libérale au détriment de toutes les autres.

Voudrait-il ainsi faire passer la pilule aux milliers de jeunes qui se retrouveront au chômage à cause de sa politique malgré les dires du Président de la République lundi dernier ?

Voudrait-il ainsi justifier sa politique dévastatrice d’économie budgétaire menée depuis 2007 avec près de 50 000 postes d’enseignants supprimés ?

Le programme prévu ne pourra pas éveiller l’esprit critique de tous les lycéens et les ouvrir sur le Monde. Bien au contraire, il va restreindre les possibilités d’émancipation intellectuelle de tous, mettant en danger la cohésion de notre modèle de société.

Des impératifs à ne pas oublier !

La réforme du lycée ne peut être un prétexte à la baisse du niveau global des connaissances et des compétences. Il n’est en aucun cas question ici d’un débat disciplinaire de plus, bien au contraire, nous considérons qu’il est nécessaire pour l’ensemble des programmes :

- Qu’ils permettent la hausse du niveau global des connaissances et des compétences des élèves, ce qui ne semble pas être le cas ici.

- Qu’ils assurent la pluridisciplinarité, ce qui ne pourra être possible en faisant abstraction de certains sujets et certaines notions essentielles.

- Qu’ils ne soient pas là pour enseigner au lycéen une idéologie particulière quelle qu’elle soit.

- Qu’ils soient construits en coopération avec l’ensemble de la communauté éducative.

L’UNL demande au Ministère de rapidement remettre à plat l’ensemble des travaux menés sur les programmes et de consulter l’ensemble de la communauté éducative sur ce sujet. Si aucun signe positif n’est donné très rapidement par ce dernier les lycéens sauront réagir en conséquence !

—  Antoine EVENNOU Président de l’Union Nationale Lycéenne 13 Boulevard Rochechouart - 75009 Paris Tèl : 06 08 91 72 54 - Mail : president@unl-fr.org

commentaires (1 message)


  • Communiqué de presse de l’UNL : SES : L’UNL dénonce un programme dogmatique et réducteur ! 27 janvier 2010 19:03, par isa

    Je suis professeur de SES et tout simplement outrée par ce projet de programme, en tant que professeur, mais aussi citoyenne (sommes-nous encore dans un régime démocratique ?) et mère de deux jeunes enfants.
    Autre signe inquiétant : désormais, les profs d’économie-gestion pourront enseigner notre discipline en classe de seconde (alors que nous n’avons pas la même formation : d’ailleurs, il existe deux concours différents, CAPET d’éco-gestion et CAPES de sciences économiques et sociales). En clair, cela signifie à terme (et très rapidement si on ne fait rien) une fusion entre le bac ES et le bas STG : demain il n’y aura plus qu’un seul bac "d’économie" (puisque la sociologie et la science politique vont disparaître progressivement) et plus précisément, d’"économie d’entreprise".
    J’ajouterai que le procès qui est fait à notre discipline est injuste : nous ne sommes pas des gauchistes (la preuve, notre président qui a un bac ES anciennement bac B, est libéral !) et nous ne donnons pas une image négative de l’entreprise (j’y ai moi-même travaillé avant et je pars faire un stage en entreprise au mois de mars !!!). La vraie question est la suivante : sommes-nous là pour donner une image positive de l’entreprise (on conserve la notion de "flexibilité" dans notre programme, mais on gomme celle de "précarité")ou tout simplement pour décrire et expliquer le monde dans lequel on vit ? Il faut enseigner toutes les théories (libérale, keynésienne, marxiste) et pas une seule : autant supprimer le pluralisme des partis politiques sinon (qui, je le rappelle, constitue l’un des fondements de nos régimes démocratiques !)
    Enfin, je terminerai par la micro-économie, que j’ai enseignée pendant 4 ans à l’université : si la matière ne me déplaît pas personnellement (je suis matheuse à l’origine), j’ai longtemps douté de son intérêt pour mes étudiants ... mais alors pour des élèves de lycée, sans commentaire !

    Une chose est sûre : s’il n’y a pas de prise de conscience chez les jeunes, mais aussi dans la population en général, c’est la mort assurée du bac ES et plus généralement (car nous ne sommes que le premier maillon de la chaîne), c’est la mise en danger de notre démocratie.

    Répondre à ce message

Répondre à cet article

Apses.org | Association des Professeurs de Sciences Économiques et Sociales