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Communiqué commun : La réforme du lycée : menaces sur une éducation de qualité pour tous les élèves.

AEEPS, APEMU, APHG, APLV, APMEP, APSES, UDPCC, Lille 12 janvier 2010


La réforme du lycée : menaces sur une éducation de qualité pour tous les élèves.

Plusieurs associations disciplinaires d’enseignants du second degré se sont rencontrées récemment à Lille, et tiennent à faire part de leurs remarques critiques sur le projet de réforme du lycée porté par le ministre de l’Education Nationale, Luc Chatel.

Une réforme du lycée est certes nécessaire, mais celle qui est « proposée » nous paraît éminemment dangereuse pour l’avenir des élèves, et ce pour plusieurs raisons :

Une baisse annoncée de la qualité de la formation des élèves : Dans la plupart des disciplines, le projet de réforme aboutit à une diminution des horaires de cours. Cela implique nécessairement une baisse des connaissances et des savoir-faire que les lycéens pourront acquérir au cours de leur scolarité. Est-ce ainsi que l’on améliore la formation des futurs citoyens ?

Une réforme des structures qui oublie les contenus : Dans le projet, il n’y a pas de réflexion globale sur les programmes de chaque discipline, de chaque série : le ministère semble avoir pour seul but de diminuer les horaires, sans jamais s’interroger sur les objectifs du lycée, sur les savoirs et savoir-faire qui doivent y être transmis, sur la formation que les jeunes doivent recevoir. Peut-on réformer le lycée en ignorant ces questions essentielles ?

Des séries générales affaiblies dans leur spécificité : Une série littéraire plus « linguistique » ? Les Langues Vivantes voient leur horaire diminuer en L. Une série ES renforcée ? Les SES voient leur horaire diminuer. Une série S plus scientifique ? Les disciplines scientifiques voient leur horaire diminuer. Quelle est la logique pédagogique de ces mesures ?

Une accentuation de l’élitisme des structures du lycée : Contrairement à l’annonce d’un rééquilibrage des séries, la réforme va accentuer la hiérarchie implicite entre celles-ci. La disparition des Mathématiques en série L affaiblit cette dernière ; la série ES est affaiblie dans sa spécificité (SES) et sa diversité (suppression de la spécialité LV) ; la série S est censée être plus « scientifique », mais les disciplines scientifiques voient leur horaire diminuer, et au final la série S apparaît toujours comme la série la plus généraliste (voire la seule) : ceci ne peut manquer d’attirer toujours plus d’élèves en S, d’autant que le principe des « sas » rendra ce choix d’orientation encore plus attractif. Quel rééquilibrage ? Quelle amélioration de l’orientation des élèves ?

Une voie technologique ignorée : Les annonces gouvernementales n’évoquent que le lycée général. Les séries STI et STL sont annoncées comme devant être réformées selon des modalités comparables à ce qu’ont déjà connu les séries STG et STSS. Ces deux dernières séries ne sont pas évoquées. De même, les lycées agricoles sont ignorés dans la réflexion ministérielle.

Un lycée moins démocratique dans son fonctionnement : Le rôle pédagogique accru du proviseur et du « conseil pédagogique » débouche sur un lycée plus inégalitaire et moins démocratique. Inégalitaire, parce que l’adaptation locale des horaires signifie des horaires différents d’un lycée à l’autre, les lycées étant en concurrence les uns avec les autres. Moins démocratique, parce que cette réforme déboucherait sur une mise en concurrence généralisée des disciplines au sein d’un même établissement, avec un proviseur imposant finalement ses volontés.

Quel baccalauréat ? Officiellement le bac n’est pas concerné par cette réforme. Cependant, avec les groupes de compétences en langues vivantes, et, plus largement, des horaires qui changent d’un établissement à l’autre, comment conserver un examen national ?

Les errements de la réforme des universités transférés au lycée : Le projet Châtel mettrait en place des « sas de réorientation ». A l’université, la « possibilité » de changer de cursus en cours d’année ne résout pas les problèmes des étudiants les plus fragiles, pour qui les difficultés entraînent trop souvent l’abandon des études. « Changer de voie » en cas de difficulté n’est qu’un pis-aller. Ce dont les élèves et étudiants ont besoin, c’est d’être mieux encadrés.

Pour toutes ces raisons, les associations disciplinaires de l’académie de Lille ci-dessous rejettent le projet de réforme du lycée proposé par Luc Chatel. Elles en demandent le retrait et l’ouverture d’une réelle réflexion de fond sur les pistes à suivre pour améliorer le lycée.

Elles tiendront une conférence de presse le mercredi 20 janvier, à 14h, au Café Citoyen (Lille, Place du Vieux Marché aux Chevaux)

Contacts :
- Association des enseignants d’éducation physique et sportive (AEEPS) : Fabrice Paindavoine, fabrice.paindavoine@aeeps.org

- Association des professeurs d’éducation musicale (APEMU) : Marie-Françoise Quinet, mfquinet@dbmail.com

Association des professeurs d’histoire-géographie (APHG) : François da Rocha Carneiro, darochajm@gmail.com

- Association des professeurs de langue vivante (APLV) : Sylvestre Vanuxem, sylvestre.vanuxem@free.fr

Association des professeurs de mathématiques de l’enseignement public (APMEP) : Dominique Cambrésy, dcambresy@neuf.fr

- Association des professeurs de sciences économiques et sociales (APSES) : Romain Gény, 06 42 25 15 65, romain.geny@club-internet.fr

- Union des professeurs de physique et de chimie (UDPPC) : Jean-Christophe Nazé : [pa_lille@udppc.asso.fr]

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