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Procès en idéologie ? (Revue de presse)

La Tribune - 12/12/2009


Débat apaisé sur l’enseignement de l’économie

La Tribune - 12/12/2009 -

La réforme du lycée a fait passer à l’arrière-plan l’opposition entre le monde de l’entreprise et les enseignants.

La réforme du lycée a ravivé les vieux combats disciplinaires. Plus que les professeurs d’histoire-géographie et de sciences, ceux de sciences économiques et sociales (SES) montent régulièrement au créneau pour voir leur matière intégrer le tronc commun en classe de seconde.

Aujourd’hui optionnelles, les SES sont choisies par 43 % des élèves de seconde. Avec la réforme, les SES deviennent certes un enseignement exploratoire obligatoire, mais il est réduit à une heure et demie, et certains élèves pourront déroger à cette obligation.

Dans ce contexte, le débat sur la refonte des manuels et les programmes d’économie, qui avait opposé le monde de l’entreprise aux enseignants, paraît en suspens. Pourtant, le rapport de Roger Guesnerie, professeur au collège de France, avait ouvert la voie en 2008 à une refonte des programmes. « Au début du cycle, priorité doit être donnée à la découverte des mécanismes microéconomiques, à la vie économique environnante, au fonctionnement des organisations comme les entreprises ou les services publics », estime Nicolas Bordas, le président du Conseil pour la diffusion de la culture économique (Codice), chargé par Bercy de proposer des mesures simples pour promouvoir une meilleure connaissance de l’économie.

Procès en idéologie

« Des notions de base de comptabilité doivent contribuer au décryptage du fonctionnement de ces organisations. » Sur la même longueur d’onde, David Mourey, professeur de SES auditionné par la commission Guesnerie, suggère de « renforcer l’enseignement de l’économie et de la sociologie plutôt que de donner aux élèves une vision globale, totalisante des sciences économiques et sociales, en partie coupées de la réalité, et qui peut facilement véhiculer des idéologies politiques. Sinon, le risque est grand que les professeurs se passent des manuels. »

En attendant, crise oblige, la microéconomie est moins en vogue. « Ce débat est aujourd’hui dépassé mais reste sous-jacent », constate Marjory Galy, vice-présidente de l’Association des professeurs de SES (APSES), qui l’assimile à un procès en idéologie de la part du patronat. La Tribune - 12/12/2009 -

C. J. et F. Pi.

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