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La mobilisation contre la réforme du lycée grandit (Revue de presse)

L’Express, 07/12/2009.


La mobilisation contre la réforme du lycée grandit

Par Reuters, publié le 07/12/2009 à 21:37

L’Express

PARIS - La mobilisation contre la future réforme du lycée prend forme en France avant l’audition de Luc Chatel jeudi devant le Conseil supérieur de l’Education. Manifestation en décembre 2008 à Marseille contre la réforme du lycée voulue par le ministre de l’Education de l’époque, Xavier Darcos. La mobilisation contre la future réforme du lycée prend forme en France avant l’audition de son successeur Luc Chatel jeudi devant le Conseil supérieur de l’Education. (Reuters/Jean-Paul Pélissier)

Manifestation en décembre 2008 à Marseille contre la réforme du lycée voulue par le ministre de l’Education de l’époque, Xavier Darcos. La mobilisation contre la future réforme du lycée prend forme en France avant l’audition de son successeur Luc Chatel jeudi devant le Conseil supérieur de l’Education. (Reuters/Jean-Paul Pélissier)

Cet organisme purement consultatif ne devrait pas bousculer les plans du ministre de l’Education nationale mais enseignants et chercheurs s’organisent pour sauver les matières qu’ils estiment menacées : ceux d’histoire-géographie, de mathématiques et de sciences économiques et sociales se font entendre.

La fronde la plus médiatisée est celle des historiens, dont l’appel publié samedi a été signé par des représentants politiques de tous bords.

Ils fustigent la fin de l’enseignement obligatoire de l’histoire et géographie en terminale scientifique.

Interrogé lundi sur RTL, Luc Chatel a tenté une mise au point : "Il y a un gros malentendu (...) On va juste organiser les choses différemment entre la première et la terminale", a-t-il dit. Le programme étudié en terminale "va dorénavant être traité en classe de première", a-t-il ajouté.

En première scientifique, l’histoire-géographie passera de deux heures et demie à quatre heures. Pour les opposants, cela ne suffira pas à inculquer aux lycéens en un an ce qu’ils digéraient auparavant en deux.

L’option de deux heures proposée pour les élèves de terminale scientifique est considérée comme un pis-aller.

La réforme de Luc Chatel propose une première plus équilibrée qu’auparavant pour permettre des réorientations et vise à spécialiser les élèves de terminale.

Le ministre a souhaité redéfinir la série scientifique, qui avait tendance à devenir une filière d’élite choisie par tous les candidats aux grandes écoles.

Dans son rapport remis en juin à Nicolas Sarkozy, le directeur de Sciences-Po Paris, Richard Descoings, estime que "l’excessive généralité de la série S porte atteinte aux besoins d’élèves puis d’étudiants dotés d’un véritable maîtrise scientifique".

DÉSUNION SYNDICALE

Luc Chatel a donc souhaité renforcer les enseignements scientifiques en terminale S. Mais il s’est mis à dos l’Association des professeurs de mathématique de l’enseignement public, qui constatent que les grilles horaires "laissent présager une diminution importante et non justifiée des enseignements scientifiques dans leur ensemble".

Les élèves de première scientifique devraient perdre chaque semaine une heure de Sciences et vie de la Terre (SVT), une heure et demie de physique-chimie et une heure de mathématiques.

En terminale, ils ne regagneront qu’une demi-heure de mathématiques.

Les économistes n’y trouvent pas leur compte non plus. La semaine dernière, ils ont publié un appel dans Le Monde et manifesté contre la perte d’une heure hebdomadaire de l’option de sciences économiques et sociales en seconde. En terminale, ils perdront également une heure par semaine.

Un enseignement optionnel d’une heure et demie par semaine des principes de l’économie et de la gestion sera néanmoins créé en seconde.

Sur cette réforme, les syndicats semblent moins unis que les intellectuels. Ils seront au moins sept à appeler à manifester jeudi, jour de l’examen au Conseil supérieur de l’éducation.

Mais le SGEN-CFDT, le SE-Unsa et les parents d’élèves (FCPE et Peep) dénoncent une désinformation. "Prenons bien garde au fait que la plupart des voix qui s’indignent de la situation de l’histoire-géo en Terminale S ne le font pas avec l’intérêt des élèves comme préoccupation première", écrit l’Unsa.

Les syndicats lycéens se sont abstenus d’attaquer la réforme sur ce point.

Pour l’Union nationale lycéenne (UNL), "les inquiétudes soulevées par cette question sont assez légitimes" mais le problème fondamental reste celui des suppressions de postes.

Apses.org | Association des Professeurs de Sciences Économiques et Sociales