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Communiqué de presse de l’APSES du 5 décembre 2009 : Obstinés !

Le 2 décembre 2009 a été une journée importante contre le recul de la culture économique et sociale que prépare la réforme Chatel du lycée. Une manifestation constituée de près de 1 000 enseignants de Sciences Economiques et Sociales venus de toute la France (soit près de 20 % de ce corps professionnel) s’est déroulée à Paris de la place du Palais-Royal jusqu’à la Bourse du travail où un meeting unitaire a eu lieu. Les enseignants de SES, mais aussi des représentants syndicaux (FSU, SNES, SNFOLC, CGT-Education, SUD Education) ainsi que des représentants d’associations d’enseignants du supérieur (AFS et AECSP) ont martelé la même revendication, à savoir que soient revus la place et le statut des sciences économiques et sociales au lycée, notamment en classe de seconde.

En effet, alors même que le Ministère communique sur l’importance pour les lycéens de mieux comprendre les enjeux économiques et sociaux contemporains, Luc Chatel réduit le nombre d’heures de SES de la seconde à la terminale de plus de 25 % !

En seconde, alors même qu’il s’agit d’une classe-charnière dans l’orientation, les élèves qui choisiront l’enseignement de SES, qui resterait optionnel, verront l’horaire passer de 2h30 actuellement à 1h30 sans dédoublements alors même que d’autres enseignements exploratoires conservent un horaire de 3h. Les élèves qui n’auront pas suivi l’enseignement de SES en seconde ou ceux qui auront suivi un enseignement de SES réduit à peau de chagrin auront donc encore moins d’initiation aux démarches de l’économie, de la sociologie et de la science politique qu’aujourd’hui ! Des élèves continueront de quitter le lycée sans jamais avoir reçu de formation aux sciences économiques et sociales, qui reste le seul enseignement central d’une des séries à ne pas appartenir au tronc commun de la classe de seconde. Où est l’orientation juste et éclairée ?

Dans le cycle terminal, en dépit des appréciations élogieuses du rapport de Richard Descoings sur la série ES qui « semble avoir trouvé un point d’équilibre entre les différentes disciplines », l’enseignement de SES qui caractérise cette série voit son horaire ramené à 5 heures en première comme en terminale, alors qu’il y a 8h de philosophie en Terminale L et 8h30 de Physique-Chimie et Sciences et Vie de la Terre en Terminale S. Il en est de même des enseignements de spécialité, purement et simplement supprimés en première ES et, en terminale ES, ramenés à 1h30 avec un découplage entre économie approfondie et sciences sociales, alors qu’ils sont de 3 heures en L et de 2 heures en S. Où est le rééquilibrage promis des séries ? Pourquoi déstabiliser la série ES ?

Par ailleurs, dans Le Monde daté de ce même mercredi 2 décembre, un texte de promotion de la « troisième culture » intitulé « Les sciences sociales au lycée, un enjeu démocratique » co-signé par Christian Baudelot, Daniel Cohen, Nonna Mayer, Philippe Meirieu, Pierre Rosanvallon et le président de l’Apses rappelle l’importance démocratique pour l’Ecole et notamment le lycée, de se charger de l’éducation économique et sociale de la jeunesse afin de ne pas laisser cette dernière être l’apanage d’une minorité. Ces grandes figures des sciences sociales françaises, représentatives des quelques 900 universitaires qui ont signé l’ Appel de l’APSES, demandent une généralisation des sciences économiques et sociales en seconde avec un horaire plus conséquent que les 90 minutes hebdomadaires qui lui seraient actuellement allouées si la réforme devait passer en l’état et, plus généralement, à ce que la culture économique et sociale soit traitée, de la seconde à la terminale, sur un pied d’égalité avec la culture scientifique et la culture littéraire.

Face à cette mobilisation massive et déterminée du corps enseignant et des universitaires, Luc Chatel doit faire de nouvelles propositions. L’APSES demande instamment à être reçue par le Ministre qui doit mettre enfin son projet de réforme en cohérence avec les objectifs affichés. L’APSES mettra tout en œuvre, en lien avec d’autres organisations syndicales qui soutiennent également son action, pour mettre en échec une réforme qui sacrifie les SES et la série ES et appelle d’ores et déjà à manifester le 10 décembre à leurs côtés lors de la présentation de ce projet incohérent et contradictoire au Conseil Supérieur de l’Education.

Contacts : Président : Sylvain DAVID sylvain.david3@free.fr / 06 75 81 40 37 Vice-présidente : Marjorie GALY marjorie.galy@wanadoo.fr / 06 62 22 04 35 Secrétaires généraux : Renaud Chartoire - chartoire@aol.com Rémi Jeannin - jeannin.remi@gmail.com

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