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Education nationale : pourquoi ils ont manifesté (Revue de presse)

LEMONDE.FR | 24.11.09


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À Paris, ils étaient 3 000 manifestants selon la police, 8 000 selon les syndicats, à répondre, mardi 24 novembre, à l’appel des trois syndicats de l’éducation FSU, SUD et CGT, pour dénoncer, pèle-mêle, la suppression des 16 000 postes dans l’éducation nationale prévue dans le budget 2010, la réforme du lycée et celle de la formation des enseignants. Rencontrés dans les cortèges, des manifestants expliquent la raison de leur présence.

- Erwan Le Nader, professeur de sciences économiques et sociales à Paris. Il est venu " défendre " sa matière, " marginalisé ", dit-il, dans la réforme du lycée. "En seconde, ma matière est réduite à seulement une heure trente, tout en restant une option facultative. Pourquoi les lycéens de seconde seraient privés d’un enseignement qui leur permet de comprendre le monde, la société dans laquelle ils évoluent, la crise ? Nous demandons aujourd’hui que les sciences économiques et sociales soient rendues obligatoires pour tous les lycéens."

- Victor, élève en seconde au lycée Henri-IV, se fait porte-parole des lycées présents à la manifestation. Il dénonce les suppressions de postes dans l’éducation nationale et la réforme de la carte scolaire. "Les suppressions de postes continuent : depuis 2007 et jusqu’en 2012, il y en aura 80 000 au total. Dans un contexte de réforme du lycée, c’est illogique ! Il faudrait au contraire en rajouter pour avoir une éducation potable et viable. Nous réagissons également contre les annonces récentes de Luc Chatel sur le démantèlement de la carte scolaire. Par cette réforme, le gouvernement renonce à sa mission d’assurer la mixité sociale au sein des établissements. Il serait très grave d’avoir un lycée à deux vitesses avec d’un côté, des bons lycées, et de l’autre, des mauvais dans lesquels les élèves n’ont pas le droit à la réussite. "

- Matthieu Brunet, porte-parole du collectif "Sauvons les universités", est venu dénoncer la réforme de la formation des enseignants. "Depuis deux ans, nous nous battons contre la politique menée par Valérie Pécresse dans l’enseignement supérieur et la recherche. Cette politique continue de s’appliquer de la façon la plus brutale qu’il soit. Mais, ce qui nous mobilise particulièrement aujourd’hui, c’est la réforme de la formation des enseignants. La suppression de 16 000 postes au primaire, collège et lycée va permettre au gouvernement de recruter des étudiants comme remplaçants, sans aucune espèce de formation, ni professionnelle ni disciplinaire, qui vont jouer les bouches trous, au détriment des élèves, mais aussi de la fonction d’enseignant, qui est ainsi dévalorisée, puisqu’il n’y a plus de formation digne de ce nom qui lui corresponde. " Aurélie Collas

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