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Communiqué de presse de l’APSES du 13 novembre 2009 : Luc Chatel soutient les Sciences Economiques et Sociales aux Journées de l’économie, alors que la réforme du lycée prévoit de marginaliser cet enseignement.

À propos des Journées de l’économie qui se tiennent à Lyon du 12 au 14 novembre, le ministre de l’Education nationale Luc Chatel déclare que leur succès « exprime en réalité une attente forte : les Français aspirent à mieux comprendre les enjeux économiques auxquels ils sont quotidiennement confrontés, en tant que citoyens ou dans leur vie professionnelle […] Cette quête de sens, cette demande de clés de lecture économique me semble plus que jamais nécessaire et légitime ». Il se félicite enfin qu’actuellement « plus de 200 000 élèves de seconde [soit 42% ndlr] choisissent chaque année de découvrir les SES, tandis qu’un tiers des élèves du lycée général s’oriente dans la série ES » (page 2 du programme de présentation des Journées de l’économie).

L’écart entre ces propos du Ministre et le projet de réforme du lycée dans son état actuel est saisissant. Dans la future classe de seconde, les SES demeureraient en effet optionnelles avec un horaire hebdomadaire réduit à 1h30 soit une diminution de près de 50% par rapport à l’horaire actuel.

Le lycée du XXIe siècle serait donc un lycée dans lequel un élève pourrait n’avoir jamais suivi de formation en Sciences Économiques et Sociales. Il existe pourtant une demande sociale forte pour une meilleure compréhension des enjeux économiques et sociaux contemporains. Par ailleurs, la faiblesse du volume horaire alloué pour ceux qui choisiraient l’option en seconde n’autoriserait pas une véritable introduction aux savoirs et méthodes de l’économie, de la sociologie et de la science politique. Pourtant, l’absence de cet enseignement au collège justifie un horaire conséquent en seconde.

Derrière les choix qui sont faits en matière éducative, ce sont des choix de société qui sont opérés. Aux côtés des savoirs littéraires et linguistiques, des savoirs scientifiques et techniques, n’est-il pas indispensable de doter tous les lycéens de savoirs économiques et sociologiques leur permettant de se repérer au sein du monde contemporain et de mieux appréhender les enjeux qui le traversent ? Par ailleurs, comment des élèves pourraient-ils s’orienter dans de bonnes conditions alors même qu’ils n’ont pas suivi l’enseignement dominant de l’une des séries de l’enseignement général ?

C’est pourquoi nous demandons au Ministre de l’Éducation Nationale que l’enseignement des Sciences Économiques et Sociales soit rendu obligatoire en classe de seconde sur la base d’un horaire annuel suffisant pour s’en approprier les principaux concepts et méthodes. De même, nous serons vigilants sur le maintien d’un enseignement de sciences économiques et sociales qui ne soit pas dénaturé dans le cycle terminal.

Le 9 novembre dernier, l’APSES a lancé un appel pour une généralisation des Sciences Économiques et Sociales en seconde, qui a déjà reçu plus de 1 500 signatures dont celles de nombreux universitaires en science économique, sociologie, science politique et anthropologie. (Voir la liste provisoire des premiers signataires en ligne)

Président : Sylvain DAVID sylvain.david3@free.fr / 06 75 81 40 37 Vice-présidente : Marjorie GALY marjorie.galy@wanadoo.fr / 06 62 22 04 35 Secrétaires généraux : Renaud Chartoire - chartoire@aol.com Rémi Jeannin - jeannin.remi@gmail.com

commentaires (1 message)


  • Communiqué de presse de l’APSES du 13 novembre 2009 : Luc Chatel soutient les Sciences Economiques et Sociales aux Journées de l’économie, alors que la réforme du lycée prévoit de marginaliser cet enseignement. 13 novembre 2009 19:25, par joe le taxi

    200 000 élèves en seconde ont une "initiation" aux sciences économiques et sociales. A raison de 2 heures de cours par semaine, plus une heure en demi-groupe par quinzaine, il ne faut pas imaginer que les élèves aient un enseignement qui leur permette de comprendre les rouages de l’économie ou les enjeux des politiques économiques des pouvoirs publics ou les stratégies internationale des entreprises... Seuls les élèves de série ES reçoivent réellement un enseignement structurant. 15 % des bacheliers ont suivi un véritable enseignement de SES. Après on peut faire dire ce que l’on veut aux chiffres... mais on ne donne et on ne donnera pas de place suffisante à l’enseignement de l’économie et de la sociologie.
    Qu’importe, il y a les profs d’histoire pour cela, dans leur cours (l’industrialisation de la France en 1ère, la mondialisation en terminale) ou en ecjs (la mondialisation en terminale). L’honneur est sauf : les élèves ont un verni d’info économique.

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