QSTP ou D : le retour à l’emploi permet-il de sortir de la pauvreté ?

Entraînement à l’épreuve de Synthèse ou Dissertation avec documents

Travail préparatoire

1- Définissez  : «  seuil de pauvreté », « sous-emploi », « travailleur pauvre ».(documents 1 et 5)

2- Quelle mesure préconise le rapport Hirsh ? Pourquoi ? (document 1)

3- Montrez en quoi le projet de loi du gouvernement est conforme à ce rapport ? (document 6)

4- En quoi cette mesure est-elle critiquable.(document 1)

5- A l’aide de vos connaissances et du document 2 , vous expliquerez quelle est la fonction du travail ?

6- L’arbitrage entre le travail et le non travail n’est-elle fonction que du salaire ? (documents 3).

7- Montrez en quoi la PPE est incitative pour sortir de l’inactivité. (document 4)

8- Dans quels cas occuper un emploi n’exclut-il pas les risques de pauvreté ? Illustrez par deux exemples (document 5)

Sujet de Synthèse  : Après avoir expliqué les facteurs qui président au choix entre assistance et retour à l’emploi, vous montrerez que l’emploi est une condition nécessaire mais pas suffisante pour sortir de la pauvreté

OU

Sujet de Dissertation : Le retour à l’emploi permet-il de sortir de la pauvreté ?

Document 1 : Emploi versus assistance : une relation complexe.

Selon l’observatoire de la pauvreté, il y avait en 2001 3.6 millions de personnes dont le niveau de vie était inférieur au seuil de pauvreté défini à 50% du niveau de vie médian. Un million d’entre elles travaillaient. Désormais activité et pauvreté font bon ménage. Le rapport Hirsch affirme qu « au possible nous sommes tenus » ; il convient donc de rappeler combien il est complexe d’éradiquer la pauvreté. Le rapport propose un ensemble de « résolutions » qui s’inscrivent dans « une vision dynamique de la lutte contre la pauvreté qui privilégie l’emploi sur l’assistance ». A côté des mesures incontestablement nécessaires à toutes politique de luttes contre la pauvreté (renforcement et amélioration des services rendus aux familles et aux personnes pauvres en général : éducation, mode de garde, logement...), il s’appuie sur l’instauration d’un revenu supplémentaire [...], espérant du même coup inciter les individus pauvres inactifs (qui vivent de l’assistance) prendre un emploi. Cela repose sur l’hypothèse qu’un RMIste, se voyant garantir un avantage financier dès la première heure travaillée va se réinsérer sur le marché du travail et sortir de la pauvreté. Cette analyse occulte la raison de fond qui explique, sinon tout du moins l’essentiel de la persistance de la pauvreté, à savoir le chômage de masse et le sous-emploi. Si le Rmiste ne travaille pas, ce n’est pas parce qu’il estime que l’emploi n’est pas assez rémunérateur, mais bien parce qu’il n’en a as trouvé et n’a plus l’espoir d’en trouver un.

Source : H. Périvier, G. Allègre, « Pauvreté et activité : vers quelle équation sociale ? », Lettre de l’OFCE n°262, juin 2005.

Document 2 : Niveau de la rémunération et retour à l’emploi : quelles relations ?

L’emploi n’est pas seulement un moyen d’obtenir un emploi en fin de mois, il permet d’accéder à une série de droits sociaux (notamment la retraite), ce que l’individu intègre lors de sa prise de décision. Selon Robert Castel, l’éloignement du marché du travail est un facteur de « désaffiliation », c’est-à-dire de décrochage par rapport aux solidarités issues de la sphère de l’emploi. L’emploi est également source de reconnaissance sociale et facteur d’intégration des individus dansla société, ce qui rend attractif en soi, même pour une faible rémunération. Selon le CREDOC, les personnes qui considèrent que « le RMI risque d’inciter les gens à s’en contenter » sont désormais majoritaires : il est donc urgent de rappeler que les allocataires ne le sont pas par choix : beaucoup souhaiteraient travailler et ceux qui travaillent ont souvent des emplois précaires et des conditions de travail difficiles.

Source : H. Périvier, G. Allègre, Lettre de l’OFCE n°262, juin 2005.

Document 3 : Pourquoi le retour à l’emploi pose problème pour les individus pauvres ?

Les caractéristiques particulières d’une partie des individus pauvres expliquent également qu’ils ne peuvent trouver un emploi : soit parce qu’ils sont faiblement qualifiés. Soit parce qu’ils sont déqualifiés du fait de leur éloignement trop long du marché du travail (cercle vicieux), soit parce qu’ils sont trop âgés. Ils sont alors découragés dans leur recherche d’emploi. A côté de ces facteurs déterminants, âge, diplômé et parcours professionnel, une étude récente de la DRESS a montré que l’état, ainsi que l’estime de soi jouaient un rôle important sur le retour à l’emploi des allocataires du RMI.

Source : H. Périvier, G. Allègre, Lettre de l’OFCE n°262, juin 2005.

Document 3 : impact de la PPE (prime pour l’emploi) sur les revenus d’un couple avec deux enfants

Personne 1

Personne 2

Inactif

Inactif

Inactif

½ SMIC

Inactif

SMIC

½ SMIC

½ SMIC

Inactif

1,5 SMIC

SMIC

½ SMIC

SMIC

SMIC

Revenu mensuel du ménage en euros

Avec PPE

Sans PPE

1 141

1 141

1 180

1 141

1 372

1 323

1 382

1 323

1 634

1 625

1 694

1 625

2 005

1 926

Gain de revenu
En euros
En %


0
0


39
3,4


49
3,7


59
4,5


9
0,6


69
4,3


79
4,1

Source : Gaël Dupont, in Stancanelli et Sterdyniak, « un bilan des études sur la prime pour l’emploi », revue de l’OFCE n°88, janvier 2004

Document 5 : Types d’emploi et pauvreté.

La définition généralement retenue du travailleur pauvre est celle d’un individu qui a un emploi, mais dont les revenus du foyer auquel il appartient ne dépassent pas le seuil de pauvreté. Selon cette définition, un travailleur à bas salaire n’est pas considéré comme pauvre s’il appartient à un ménage dont les revenus sont supérieurs à ce seuil.
L’émergence de la pauvreté laborieuse s’explique par des facteurs individuels et familiaux. Les facteurs individuels concernent les caractéristiques de l’emploi occupé par la personne. D’une part, un emploi stable associé à un temps de travail court ne permet pas de générer un salaire suffisant pour sortir de la pauvreté (...) D’autre part, un emploi à temps plein au SMIC, mais précaire n’offre qu’un salaire annuel faible. La précarité de l’emploi fait référence à sa stabilité dans le temps(...).
Au total, en 2001, 63% des travailleurs pauvres ont travaillé toute l’année. Les autres ont connu l’alternance entre des périodes d’emploi et de chômage. L’emploi stable à temps complet réduit fortement le risque de pauvreté mais ne l’élimine pas.

Source : H. Périvier, G. Allègre, Lettre de l’OFCE n°262, juin 2005.

Document 6 : Un projet de loi pour inciter les titulaires des minima sociaux à reprendre un travail.
Rendre le travail plus rémunérateur que les revenus d’assistance : telle est l’ambition du projet de loi « relatif au retour à l’emploi » présenté au conseil des ministres, mardi 8 novembre par Catherine Vautrin, ministère déléguée à la cohésion et à la parité.
« Mon choix est clair : je veux qu’il soit plus intéressant et plus facile en France de travailler plutôt que de vivre d’un revenu d’assistance »avait déclaré Dominique de Villepin, le premier Septembre.
(...)principale mesure , tous les allocataires des minima sociaux, RMI, allocation spécifique de solidarité(ASS), allocation de parents isolé (API) qui prennent un emploi, conserveront leur allocation pendant trois mois en plus de leur salaire.
Ceux qui travailleront plus que de 78 heures par mois recevront ensuite une prime mensuelle de 150 euros (avec une bonification de 7( euros pour les familles) pendant neuf mois . une prime forfaitaire de 1000 euros leur sera versé au quatrième mois ainsi que la prime pour l’emploi mensuelle qui est en moyenne de 66 euros.
Rémi Barroux « Le cumul du RMI et d’un salaire sera possible pendant trois mois », Le monde, 10 novembre 2005.
Source : H. Périvier, G. Allègre, Lettre de l’OFCE n°262, juin 2005.

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