TD Les inégalités femmes - hommes : un processus cumulatif

Les inégalités hommes - femmes : un processus cumulatif.

Document 1  : Evolution des inégalités scolaires pour les plus hauts diplômes

Il existe un décalage historique important entre le niveau scolaire moyen - où les femmes sont à égalité à partir des cohortes nées en 1950 -, et le niveau qui correspond à un deuxième cycle d’enseignement - pour lequel seules les cohortes les plus récentes semblent avoir atteint l’égalité. Dès lors, il est possible de développer l’idée selon laquelle le haut de la pyramide des diplômes demeure marqué par des inégalités profondes, à la défaveur des femmes. Ce phénomène hiérarchique est amplifié encore par un phénomène sectoriel où. d’une façon générale, la filière de spécialité du plus haut diplôme de l’enseignent supérieur obtenu met en évidence une ségrégation de genre intense et relativement stable dans le temps : les sciences « dures » ne se féminisent guère. Cette idée est confirmée par les évolutions relevant de l’accès aux grandes écoles. Même au sein des cohortes les plus récentes, les femmes y accèdent encore moitié moins souvent que les hommes.

Source : « Vers l’égalité de genre : les tendances générationnelles sont-elles irréversibles ? » Louis Chauvel , Revue de l’OFCE n°90, juillet 2004.

Document 2  : Proportion de salariés à temps partiel en 2002. (en % de l’emploi total)

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Source : Source. Françoise MILEWSKI, « Femmes : « top » modèles des inégalités », revue de l’OFCE, juillet 2004

Document 3 : Actuellement en France, le ratio du salaire moyen des femmes comparé au salaire moyen des hommes se situe dans une fourchette allant de 80 à 85 % pour les salaires horaires, et de 75 à 80 % pour les salaires mensuels. Le resserrement de l’écart est en panne : ces fourchettes étaient du même ordre au milieu des années 1990. L’analyse de l’écart des salaires mensuels entre les femmes et les hommes met en évidence l’effet crucial du moindre nombre moyen d’heures de travail des femmes. C’est d’abord du côté des facteurs qui mettent les femmes et les hommes en position inégale sur le marché du travail qu’il faut chercher les raisons de l’écart des salaires et de sa persistance. (...)
La concentration des femmes dans les « mauvais » emplois, et le fait qu’elles y restent plus longtemps en moyenne que les hommes peut résulter, en partie, de ce qu’elles acceptent, pour des raisons familiales, plus souvent des emplois peu attrayants ; ces mêmes raisons peuvent aussi les rendre moins mobiles que les hommes.

Source : Françoise MILEWSKI, « La précarité des femmes sur le marché du travail » lettre de l’OFCE n° 263 - 30 juin 2005

Document 4 : Les inégalités sur le marché du travail se répercutent aussi, au bout du compte, en inégalités dans les pensions de retraites, du fait de carrières plus courtes et de rémunérations moins importantes au cours de l’activité. (...) Ainsi en 2001, les retraitées percevaient une pension moyenne de 606 euros au titre des droits acquis en contrepartie d’une activité professionnelle, contre 1 372 euros pour les hommes ; les femmes ne sont en effet que 4 sur 10 à avoir liquidé leur retraite avec une carrière complète - c’est-à-dire en ayant la durée de cotisation requise pour bénéficier du taux plein - alors que c’est le cas de 8 hommes sur 10.

Source : Françoise MILEWSKI, « La précarité des femmes sur le marché du travail » lettre de l’OFCEno 263 - 30 juin 2005

Questions :

1- Quelle phrase du document 1 illustre le cumul des inégalités pour les femmes diplômées ? Justifiez.
2- Que peut-on constater à partir du document 2 ?
3- Comment expliquez-vous l’écart entre le temps partiel masculin et féminin.
4- Expliquez la phrase soulignée du document 3.
5- Etablir une relation entre le document 2 et le document 4.
6- Faites un schéma représentant l’enchaînement des inégalités entre les hommes et les femmes sur le marché du travail.

Synthèse : Montrez, à partir de l’exemple des femmes, que les inégalités sont un processus cumulatif.

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